La vie et rien d'autre

Tome 2


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Petites graines

J’aime bien connaître ce que je mange, tout comme on apprend à nos enfants que les légumes ne poussent pas dans les casseroles…

Depuis plusieurs années, nous achetons un pain d’épeautre mais aussi un pain des Carmélites chez un boulanger ainsi que sa croquante baguette farinée qui fait le bonheur de mon fils cadet, et une boule Bio chez un autre.

Or, je suis incapable de reconnaître dans un champ l’avoine du blé ou du seigle.

Je me suis donc penchée sur la question après m’être délectée d’un morceau de pain d’épeautre prélevé directement sur la miche, alors qu’elle sortait du four…

L’épeautre a un goût rustique… Comment dire ? Il sent la céréale. On trouve sa variété petite en Haute-Provence.

J’ai appris ainsi qu’il a été le plus cultivé pendant longtemps, mais fragile et cassant, il a été délaissé pour le blé dur et le froment (blé tendre) : le premier surtout cultivé dans les zones chaudes qui sert pour les semoules et les pâtes alimentaires et le froment, cultivé pour faire la farine pour le pain. 

Avec le seigle, ils forment les « bons blés » ceux réservés au pain des hommes. Le pain au seigle se mariant parfaitement avec le beurre salé et les huitres de ma région…

Mélanger blé et seigle et vous aurez du méteil

Tout comme l’épeautre fut cultivé anciennement, le levain fut pendant longtemps la seule manière de faire lever le pain.  Notre pain des carmélites a ainsi une texture dense, plus élastique que les pains levés à la levure de boulanger. Il a aussi un goût plus acide, et se digère plus facilement, puisque la digestion du pain a commencé naturellement à l’extérieur de votre estomac…. 

J’aime aussi les pains avec une note de sarrasin, celui qu’on appelle aussi le blé noir, et qui n’est pas une graminée. Celui qui donne aussi de si bonnes galettes ! 

Il m’est arrivé aussi de manger du pain de maïs. Si on passe outre sa couleur jaune, c’est assez bon avec une texture étrangement « grasse ». N’oublions pas qu’en farine, le maïs fait la très bonne polenta. 

Si un jour, vous avez acheté du pain de son, vous avez, en fait, mangé la partie extérieure du grain de froment ou d’avoine. Quant au pain de gruau, qui pour moi évoque une bouillie rustique et épaisse, sachez que le gruau est le grain d’une céréale dont on a enlevé l’enveloppe, le son donc ; cela donne un pain de qualité supérieure, qui se fait avec la fleur de farine, tout comme il y a la fleur de sel. Quant au pain complet, ni le son, ni le germe ne sont enlevés.

Pour les animaux, il y a l’avoine et l’orge aussi plus connue comme ingrédient dans la fabrication de la bière. Et le maïs encore. 

Généralement, le blé, le seigle et le maïs se moulent tandis que les autres se décortiquent….

Et ne pas oublier le millet ou mil, le sorgho (ou « gros mil ») , le riz

 

Et vous qu’est-ce qui pousse dans le champ d’à côté ?

 blé - Le Dictionnaire Visuel

                  Epeautre                                                   Blé 

 seigle - Le Dictionnaire Visuel       sarrasin - Le Dictionnaire Visuel

                 Seigle                                             Sarrasin 

avoine - Le Dictionnaire Visuelmaïs - Le Dictionnaire Visuel 

              Avoine                                           Maïs

orge - Le Dictionnaire Visuelriz - Le Dictionnaire Visuel  

                  Orge                                           Riz

sorgho - Le Dictionnaire Visuelmillet - Le Dictionnaire Visuel

                Sorgho                                    Millet

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Droguiste et poudres de Perlimpinpin

Hier, j’attendais mon bus du matin quand j’ai constaté que le droguiste de notre quartier avait définitivement fermé boutique.

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Un droguiste n’est pas un dealer avec pignon sur rue.

Un droguiste est celui qui vous aidera à enlever la tâche de fraise sur votre chemisier en soie préféré, qui vous trouve le produit miracle pour faire votre argenterie en comptant jusqu’à 10 ou qui grâce à une poudre de Perlinpinpin absorbera l’auréole d’eau sur votre commode Louis-Philippe, parce que le vase qu’on vous a offert à Noël, s’est révélé poreux. Pour lui, lessive Saint-Marc, terre de Sommières et bicarbonate de soude n’ont pas de secrets, et étaient ses meilleurs amis.

Le monsieur était charmant et n’était pas un marchand. Il vous recevait plutôt comme un pharmacien, vêtu d’ailleurs de sa blouse blanche. Mais il jouait plutôt avec vous au petit chimiste. Il fallait vouloir dépenser du temps dans son magasin qui sentait le détergent, car il vous faisait l’article, ou plutôt les articles. Cela commençait par l’exposé des faits, ou plutôt des méfaits : date de la tâche, origine de la tâche, support de la tâche. Puis le diagnostic posé, il cherchait le produit le plus adéquat et si plusieurs se présentaient, il vous aidait à choisir selon l’adéquation prix-efficacité-usage. C’était un artiste dans son genre.

Chez lui, j’ai laissé quelque argent parce qu’il m’a fallu acheter : une pâte à bois pour combler un trou dans un table en teck, un produit contre les tâches d’eau sur le bois, un produit (qui sent horriblement mauvais) contre les tâches sur le linge, 100% efficace, un cylindre dans lequel vous trempez 10 secondes vos couverts en argent et dont ils ressortent nickel, un produit contre des tâches d’huile sur une terrasse, un produit pour faire briller mon parquet, et j’en oublie sans doute. Grâce à lui, j’ai mis fin à la corvée de l’argenterie et mon armoire ne sent plus l’anti-mite, sans doute les deux trouvailles pour lesquelles je lui suis le plus reconnaissante.

Mon droguiste n’était ni un quincailler, ni un ferblantier. Vous savez de ces marchands qu’on trouve encore sur les marchés extérieurs et qui ont toujours des ustensiles de ménage, de cuisine ou de jardinage et qui semblent tous sortis de la tête d’un Géo Trouvetout ? Le fer-blanc est de l’acier recouvert d’une fine couche d’étain. Ma droguerie n’était pas pas comme certaines boutiques qui sont d’hallucinants capharnaüms : son organisation et la classification des produits tenaient plutôt d’une rigueur toute scientifique.

Dans le Berry, j’ai été quelques fois invitée dans la maison de campagne d’une de mes amies. Dans le village d’à-côté, il y avait une espèce de boutique. C’était un antre sombre et exigu : quand on y entrait, c’était opressant, poussiéreux et les étagères croulaient sous les produits et ustensiles de maison. Il y avait aussi de vieux camemberts et d’anciennes conserves qui attendaient preneurs, puisque le monsieur, d’un âge tout aussi vénérable que ses bocaux, faisait aussi épicerie. Un bric-à-brac insensé mais qui faisait forcément votre bonheur.

Aller le voir me donnait toujours envie de briquer ma maison et de faire les petites réparations anciennes, vous savez celles qu’on remet souvent…

Je suis désappointée, je me sens un peu orpheline. Outre les grandes enseignes, qui sont aux drogueries ce que la F**c est aux librairies, s’il faut en croire l’annuaire il n’y a plus qu’un droguiste dans ma grande ville. Je vais être réduite à commander mes produits mirifiques sur Internet, là où personne ne sera là pour me rassurer et apporter une solution à cette éraflure sur le cuir de mon sac à main tout neuf.

A la place de cette caverne d’Ali Baba, sera construit une supérette. Tout fiche le camp vous dis-je…


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Les mains dans les cheveux

J’aime me laver les cheveux, j’aime aussi me faire laver les cheveux chez le coiffeur, surtout quand il y a un petit massage du cuir chevelu à la clef… D’ailleurs, à l’origine, shampooing ou shampoing (Moi, je le préfère avec deux o) vient de l’anglais shampoo qui veut dire masser, à moins que cela ne soit ici de l’hindi, champô qui veut dire à la fois masser et presser… Car j’aime aussi me faire tordre et sécher les cheveux sous une serviette qui sent bon le blanc…

De 20 à 40 ans, j’ai rarement été chez le coiffeur : cela m’impatientait et j’étais toujours déprimée de voir ma tête pendant et après l’opération… Puis mes cheveux blancs sont arrivés que j’ai consciencieusement arrachés au début, jusqu’à être submergée par le nombre, et ai alors décidé de me faire teindre. Je vous rassure chez moi point de folie : j’ai du répéter deux ou trois fois à ma coiffeuse que je voulais MA MÊME COULEUR D’ORIGINE. La première fois, c’était un peu foncé, mais aucun dégât à déplorer… Evidemment, quand on a goûté au « plus-de-cheveux-blancs », ensuite on a un peu de mal à les voir reprendre le dessus.

C’est pourquoi, demain soir je vais devoir consacrer un heure et demie à cette opération de colorisation… Heureusement, j’ai du retard dans mes lectures de Elle, Gala et Paris Match, et pendant que je contemplerai les glamour chevelures de Julia Roberts et Jennifer Aniston, j’oublierai de me regarder dans la glace !

Mais j’en reviens à mon sujet principal. J’ai le phantasme du shampooing à la Robert Redford. Vous savez celui qu’il fait à Karen-Blixen-Meryl-Streep. 

Je suis tout à fait fascinée par les mains de Denys Finch Hatton et en oublie qu’il raconte Le dit du vieux marin… Et Karen Blixen semble apprécier…

Je suis tout à fait fascinée et je sussure shampooing à mon oreille, mais en anglais le mot est encore plus doux, duveteux, mousseux comme un bon shampoooo… Et il m’arrive encore de champouigner avec délice et vivacité les cheveux épais de mon fils cadet, en lui frottant les oreilles au passage, au propre et parfois au figuré…

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