La vie et rien d'autre

Tome 2


12 Commentaires

Janvier : rien à déclarer

Depuis le solstice d’hiver, les jours rallongent pour mon plus grand plaisir, et mon moral gagne en degrés en même temps que les températures diurnes. Dans le jardin, ce soi-disant petit réchauffement n’est pas très visible, PRESQUE rien à déclarer si ce n’est que :

– les perce-neige sont en fleur, mais côté Atlantique point de blanc manteau à percer…

– une fleur de camélia s’est risquée à fleurir mais les boutons voisins ne lui ont pas encore emboîté le pas : suspens !

– le mimosa d’hiver s’éparpille en bouquets qui deviendront d’or en février…

– les quelques coings que mon mari n’a pas cueillis pour faire de la gelée (à se damner !) continuent à pourrir sur le branche et tomberont dans le jardin… des voisins…

– le Pierre de Ronsard et le jasmin font leurs pousses l’un en rose, l’autre en vert, pour nous embaumer quand viendra l’été…

– notre jeune Drap d’or bourgeonne, promesse de premières pommes à croquer peut-être cette année…

On peut cliquer une fois, puis encore une fois sur les fleurs, et hop… magie !
2011_01_30

Je n’aime pas l’hiver au jardin, les arbres sont tout dépenaillés et semblent implorer le printemps de leurs branches dénudées. On a du mal à imaginer qu’un jour tout redeviendra vert, tiède, accueillant

Creative Commons License


1 commentaire

Pom, pom, pom, pom…

C’est l’histoire d’un pommier que j’ai envie de vous raconter… Pas n’importe lequel, celui de notre jardin.

Notre maison est agrémenté d’un jardin de 400 m2 environ ce qui n’est pas si mal pour un jardin de ville. Comme j’ai l’habitude de le dire : pas assez grand pour nous donner trop de mal, surtout à mon mari, mais pas assez petit pour que les garçons s’y ennuient. Une bonne taille en fait.

Notre maison n’est pas si ancienne, mais le jardin était déjà bien planté : lilas, camélias, orangers du Mexique, cognassier du Japon, glycine, pivoine arbustive, mimosa, forsythia, seringat, iris, perce-neige, rosier… L’ancien propriétaire était un connaisseur et un amoureux, il y en a à peu près pour tous les mois de l’année. Et puis le long des murs ou de l’allée, en espaliers : des cognassiers, des poiriers, des abricotiers, des cerisiers, une vigne, un pêcher de vigne. depuis, nous avons ajouté un groseiller et un framboisier, et fait un petit potager où, l’été, poussent principalement fraises et tomates. Bref, nous ne sommes pas loin du paradis…

Et dans ce paradis, un vieux pommier planté au milieu de la pelouse. Ces branches descendent si bas qu’il faut se pencher pour passer dessous et il donne des Reines des Reinettes, douces, sucrées, parfumées comme seuls peuvent l’être des fruits cueillis sur l’arbre, encore tièdes de soleil.

Un été, nous avons remarqué que les branches d’un côté du pommier étaient vraisemblablement mortes : n’y poussaient plus ni feuilles, ni fruits. Nous avons fait par hasard connaissance d’un monsieur, jardinier municipal,  qui nous a confirmé que le tronc avait été  » flashé  » par un coup de froid, puis plus tard un horticulteur nous a diagnostiqué un champignon dans la terre. En fait, le diagnostic est partagé, dirons-nous…

Quand on nous a annoncé qu’il allait mourir, j’ai vu mon mari changer de visage et je n’en menais pas large non plus. Je ne pensais pas qu’on puisse s’attacher à un végétal !

A moins que ce ne fut ce qu’il représentait : les apéros à l’ombre de ses branches avec les amis et la famille, de temps en temps une pomme tombait dans un verre ou sur une tête, la balancelle en madras que nous y avions accrochée, cadeau de ma Maman, sur laquelle se sont bercés et ont tournoyé de nombreux enfants,  les siestes et les lectures sous ses branches feuillues, l’observation des mésanges, des piafs et du rouge-gorge qui venaient faire une orgie dans la cabane à graines…

Nous avons mis de temps à faire notre deuil de cet ami, qui a vu grandir nos enfants et ceux de la famille qui a occupé la maison avant nous. Nous avons mis du temps à nous décider à l’abattre. Un jour, un ami, Gérard est venu avec sa tronçonneuse et nous avons fait place nette pour un nouvel arbre.

Entre temps, nous avions fait la connaissance avec un vieux pépiniériste à qui nous avions acheté un cerisier et des pruniers et qui nous avaient parlé avec amour et compétence de la terre, du climat, des vents, de l’exposition, des variétés anciennes ; c’est chez lui que nous avons acheté notre nouveau pommier Drap d’or. Il a déjà 10 ans. Fera-t-il des pommes cet été ? 

Planter un arbre, c’est plus qu »un symbole. C’est vraiment un geste qui vous met les pieds sur terre, qui vous ancre dans la réalité et dans le temps qui passe et qui vous rend redevable à la nature des cadeaux qu’elle vous faits. 

 

49584630

   

Creative Commons License