La vie et rien d'autre

Tome 2


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Une leçon de SVT

Je me suis mise au sport tardivement, en courant sur un tapis, et il m’est même arrivé d’y prendre du plaisir !

Ainsi il y a quelques jours, à l’heure du déjeuner, je suais eau et eau sur ma machine infernale tout en repensant à ma leçon de SVT de la veille. Enfin… à celle que j’avais fait réciter à mon fils qui est en 5ème. Et qu’évidemment et involontairement, j’apprends par la même occasion. Je devrais plutôt dire ré-apprends, vu l’absence de souvenirs que j’avais en matière de Différences entre organisme au repos et en activité, échanges au niveau des organes Tout un programme n’est-ce pas !

C’est drôle comme la théorie peut prendre de nouvelles couleurs quand la pratique s’en empare. J’avais chaud (hausse de la température corporelle), les battements de mon coeur s’emballaient (rythme cardiaque en augmentation), je respirais plus vite (rythme respiratoire en hausse), j’avais faim et soif (les muscles prélèvent le glucose) et mal aux muscles… Exactement les mêmes observations que dans le TP de mon fils, je me suis sentie soudain un vrai sujet de laboratoire !

Et tout en éliminant les abus du week-end , je me disais que c’était quand même chouette de savoir exactement ce qui se passait dans mon corps, et que pendant que je pensais à cela, je songeais moins au temps qu’il me restait à courir…

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Photo issue de Nos cahiers d’écoliers 1880-1968

Depuis la rentrée, j’ai réappris le seigneur sur sa motte féodale, le quel que ou quelque et moi qui est un bon niveau d’anglais, il m’arrive même de redécouvrir des mots ou des règles de grammaire oubliés. J’ai toutefois laissé les plaisirs fractionnables et ceux de la symétrie axiale à mon mari. Mais je sais tout sur les neumes,  leurs portées et l’hymne de Saint Jean-Baptiste. Et l’art du court-circuit n’a plus de secret pour moi !

La lassitude me gagne parfois face à ces leçons du soir, elles se rajoutent souvent à des journées bien remplies, mais il n’y pas mieux pour rester jeune et se souvenir qu’on a oublié…
Et je me dis que somme toute, j’ai la chance de me remémorer mes connaissances initiales, de pouvoir accompagner mes enfants, sans oublier de leur seriner -car il y des principes qui méritent d’être répétés- qu’ ils ont le privilège de recevoir un enseignement et de savoir lire, écrire, compter…

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Engagement

J’admire beaucoup les engagés militants qui comme ma belle-soeur paient de leur personne pour faire avancer leurs idées et le monde. Je cotoie trop de personnes centrées sur leur vie, mais qui négligent ce qui se passe à côté. Je ne leur jette pas la pierre, on a tous une tendance à se laisser porter par la vie, et à se résigner à ce que rien ne change…

Dans un compte-rendu de mars 2009 de Géraldine Laura sur «L’engagement militant et l’engagement distancié», on lit qu’ «Aujourd’hui le «nous organisé» n’a plus de porte-parole en tant que tel. Les militants parlent en leur nom propre.»

Pendant huit ans, je me suis occupée d’une association de parents d’élèves dans l’école de mes enfants où deux tendances étaient représentées la FCPE (connotée gauche) et l’AIPEGL indépendante. Je m’étais rendue à la réunion de rentrée de cette dernière, où faute de combattants, j’ai été désignée d’office. Mais je ne me suis pas fait beaucoup prier, j’y allais pour m’impliquer, de toute manière.
J’avais choisi l’AIPEGL parce que l’idée d’appartenir à une fédération, donc à une mouvance politique me rebutait et me faisait un peu peur. Non pas que j’ai une conscience politique très élaborée, mais je me méfie des certitudes, des diktats. En matière d’enseignement (comme dans beaucoup d’autres domaines d’ailleurs…) se devrait être l’égalité et le bon sens qui prédominent.

J’ai donc avancé pas à pas dans ma connaissance de l’école et de ces mécanismes pour finalement observer ceci :
– notre légitimité était moins forte qu’une association affiliée qui avait des représentants placés dans des instances officielles;
– les parents se demandaient parfois ce que cachait le terme indépendant et ceci bien que notre manifeste stipulait que nous ne prônions aucune obédience politique, religieuse, philosophique; dans la réalité de nos petites batailles, nous étions plutôt à gauche mais sans engagement;la nature a horreur du vie n’est-ce pas ?

Les conséquences ont été les suivantes :
– nous collaborions avec la FCPE, on ne pouvait nous classer dans aucune boîte, mais nous étions «flous» si bien que la FCPE (lasse comme nous d’avoir si peu de parents engagés) nous a demandé si nous voulions fusionner avec elle, et nous avons dit non ;
– En Conseil d’école, la FCPE arrivait avec des questions bien tracées par leur Fédération; les nôtres étaient plus terre à terre, moins idéologiques en quelque sorte;
– Petit à petit, avec la lassitude (8 ans c’est long), la solitude (toujours les mêmes parents impliqués) et le manque de retours pour nos actions (par mépris, ou manque de marque officielle ou de temps des responsables interpellés ?), nous avons fini en une association un peu «veillée des chaumières».

Ce qui ne veut pas dire que nous n’avons pas rendu service aux élèves, à l’école, à la société. Mais ce qui veut dire aussi que l’engagement apolitique a peut-être ses limites. A l’époque, je me sentais assez proche des idées de Ségolène Royal. Je me disais, enfin quelqu’un qui ne parle pas comme ses camarades socialistes, qui a des préoccupations assez proches des citoyens, qui veut rendre la parole aux personnes.
Je ne m’y connais pas assez en politique pour analyser les raisons de son échec : des contours un peu flous, une absence de visibilité à long terme, une absence d’ancrage politique en même temps qu’une absence d’identité propre ??
Et puis la démocratie participatice, c’est bien beau, mais si on se met tous à parler en même temps mais que personne ne fait l’effort de synthèse, à quoi bon ? Je crois que finalement il faut que même les plus petites aspirations, que toutes les aspirations banales aient leur énoncé politique.