La vie et rien d'autre

Tome 2


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Un grand

On nous parle souvent d’éducation parentale, mais on oublie souvent de nous dire que nos enfants aussi nous obligent à évoluer, à changer, à nous questionner, à nous remettre en question, à grandir !

Leur amour sans jugement nous regarde, sans critique et sans complaisance, juste avec la vision pure, celle que n’ont pas encore abîmée la peur de déplaire, les préjugés ou la politesse.

Leur existence nous fait connaître l’extrême amour et l’extrême peur aussi, car l’une ne va pas sans l’autre.

Ils sont notre miroir et nous renvoient notre image souvent en positif parfois en négatif, et c’est tant mieux : il n’est jamais trop tard pour apprendre !

Aujourd’hui Quentin a 18 ans.

Il est attentionné, sérieux, brun aux yeux bleus, orgueilleux et matheux, gourmand, dix-neuf centimètres plus grand que le sommet de mon crane, sociable et secret.

Je suis si ébahie de l’homme qu’il devient, si heureuse de le connaître et je lui souhaite toute l’aventure du monde.

 

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Dieux au plus haut des cieux

Souvent, je ne sais pas trop si Dieu existe… J’ai été baptisée catholiquement, j’ai fait ma première communion pour suivre le mouvement du catéchisme que je suivais, j’ai oublié d’informer mes parents de la programmation de ma communion solennelle, il faut dire que j’avais loupé l’information, j’ai donc dû inventer que je n’étais pas prête à la catéchiste. Je me souviens qu’on nous a proposé de nous confesser : j’étais très gênée de ne rien vouloir dire, mes péchés ne regardent que moi.

Je suivais le mouvement.

Encore aujourd’hui, il me plaît parfois de le faire : j’aurais pu aller à la messe de minuit des Capucins. Au lieu de cela, comme je suis du style encyclopédique, j’ai préféré réviser mes ordres. D’abord, les moines réguliers enclos dans leurs murs, Bénédictins noirs, Cisterciens blancs, Clarisses brunes, Carmélites marrons, Ursulines et Visitandines noires, puis les frères mendiants qui vont sans rien, Dominicains blancs, Franciscains bruns, Carmes marrons et Augustins noirs.

Je me souviens avec précision du plaisir mêlé de curiosité à déambuler dans l’ancien prieuré de Salagon et dans la belle abbaye de Ganagobie, tous deux bénédictins et dans le prieuré cistercien de Sénanque.

J’aime les chants liturgiques, le sentiment fugace d’être protégée, de me sentir dans une communauté. Certains textes sont très beaux, et quelques homélies suffisamment ancrées dans notre époque pour avoir un sens. J’ai aimé lire le cantique des cantiques au mariage d’amis et des textes plus graves à d’autres occasions. J’aime la prière à Marie, le bénédicité, les jardins de curé et la place de mon église dont résonnent les cloches  : baptêmes, communions, mariages, obsèques et messes dominicales…

Parfois croire me paraît secondaire, si cela rend les gens plus sensibles et meilleurs.

Et puis je lis le journal et toutes les actions extrémistes au nom de dieux et les persécutions religieuses me sautent au visage, et je renonce à installer la crèche de l’enfant Jésus au pied du sapin. Mariée civilement, enfants non  baptisés, et je peux pourtant considérer comme sacrées, moi aussi, une naissance, une union ou la mort.

Je suis une laïque, agnostique et sceptique tour à tour. J’ai visité le temple de ma ville, et suis passée devant sa synagogue. Un jour prochain, j’irai visiter la nouvelle mosquée de mon quartier et si je savais comment faire je militerai pour les cours de religions au collège et au lycée. Tous ces dieux ont cent noms mais leurs croyants cherchent tous, il me semble, la même chose : garder un sens à la Vie.