La vie et rien d'autre

Tome 2


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Bonhommes d’hiver tagués

Chez moi, on attend pas le 21 mars pour décréter que c’est le printemps ! Et comme un plaisir n’arrive jamais seul, Isabelle de Cinq minutes 30 m’a demandé de jouer à un petit jeu : alors voilà…

Décris-toi : Je suis les morceaux épars de La part manquante de Christian Bobin.
Comment te sens-tu :  comme dans Best Love Rosie de Nuala O’Faolain, un peu bousculée par l’âge…
Décris où tu vis actuellement : chez Rebecca de Daphné du Maurier, j’aime les maisons qui sont un personnage.
Si tu pouvais aller n’importe, tu irais : en Nouvelle-Angleterre, pour découvrir Les sortilèges du cap Cod de Richard Russo.
Ton moyen de transport préféré : les machines à remonter le temps… et à le réparer comme dans Persuasion de Jane Austen.
Toi et tes amies, vous êtes comme :  Femmes et filles d’Elizabeth Gaskell… entre deux âges !
Comment est le temps ? : Après la pluie, le beau temps. Elle avait raison la comtesse de Ségur, souvent le lendemain est un autre jour !
Ton moment préféré de la journée : à l’abri dans la maison ou au calme dans le jardin, le Crépuscule de Susan Minot quand les passions de la vie s’apaisent…
Qu’est la vie pour toi ? La foire aux vanités de William Thackeray : plus j’observe le monde, plus il me paraît être un grand cirque futile…
Quel est le meilleur conseil que tu as à donner ? Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur de Lee Harper et écrire- juste-les-mots-justes pour qu’on entende leur petite musique.
Ta peur : ne pas avoir De beaux lendemains de Russell Banks.
Ta pensée du jour :  Possession d’A.S. Byatt. Posséder mon art,  ma seule obsession.
Comment aimerais-tu mourir ?  En n’ayant pas cessé de chercher comme Patrick Modiano, Dora Bruder.
La condition actuelle de ton âme : Grandir de Sophie Fontanelle. Parfois on reste bloqué dans l’enfance…

Et pendant que j’y suis, les livres lus cet hiver :

La composition du jardin, Jean-Loup Trassard :  » Si Nicolas Bichain de Montigny me pria de vouloir bien me transporter sur place et demanda mon avis avant de signer l’acte qui devait le rendre propriétaire de cette petite hauteur ce fut, à vrai dire, de sa part une pure politesse. «  Le mode ’emploi pour construire une maison et un jardin, beaucoup plus sympa que de monter un meuble Ikéa !
Qui es-tu, papa ? Allan Straton.  » Je suis chez les voisins, chez Andy.  » Un livre de littérature jeunesse donné par mon fils, très efficace sur le délit de sale gueule.
Les 10 enfants que Mme Ming n’a jamais eus, E.E. Schmitt.  » La Chine, c’est un secret plus qu’un pays. «  : je n’aime pas les livres trop explicites, les livres qui me disent quoi penser dès la première phrase. Puisque toutes les
vies sont des mystères, tous les livres devraient en contenir.
Les anges de New York de R.J. Ellory. Une belle intrigue, mais des évènements un peu télescopés.
Des clous dans le coeur, Danielle Thiéry  » Rien n’avait changé dans le quartier depuis la dernière fois qu’il était venu là, si l’on exceptait la débauche de guirlandes estives avalées à la sortie de la place Félix Faure, comme une queue de comète s’engouffrant dans la rue du Général de Gaulle. « . Un bon polar à la française.
La vérité sur l’affaire Harry Quebert, Joël Dicker. – « Centrale de la police. Quelle est votre urgence ? » C’est un policier, un roman, deux romans, trois romans… ?  Une construction qui vous laisse baba, sur le flanc, à genou…

Et si j’en relisais un, ce serait ce bonbon-là : 

Rosa candida, Audur Ava Olafsdottir :  » Comme je vais quitter le pays et qu’il est difficile de dire quand je reviendrai, mon vieux père de soixante-dis-sept ans veut rendre notre dernier repas mémorable. «   Une petite parenthèse de délicatesse, une sonate…


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Bonhommes de neige

Décembre, janvier, février… jamais loin d’un radiateur, enfouie sous quelques épaisseurs ou sur le chemin de mon travail, des mois propices pour lire et oublier froid et grisaille… 

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De temps en temps, je me laisse aller à lire des polars dans un souci de distraction, mais de plus en plus, ils me déçoivent, à tel point que je les oublie aussitôt lus : c’est le cas de Premier à mourir de James Patterson et de Le chuchoteur de Donato Carrisi.

Et pourtant… je rechute régulièrement avec le sexy inspecteur Jury, mais il y a comme cela quelques héros récurrents, qui même s’ils évoluent dans des histoires ni très bien écrites, ni très originales, me délassent. Et puis j’ai un faible pour les romans qui parlent de romans, et dans La maison du Maître, c’est Henry James qui nous reçoit, alors…

Et pour rester dans le XIXème siècle, Miss Mackenzie est un beau roman d’Anthony Troloppe, très maîtrisée, qui s’enclenche comme un Dickens, la gouaille en moins et l’humour ironique en plus.

Sur la plage de Chésil est une histoire menée tambour battant à sa fin, puisque voilà ce qui arrive quand on ne fait rien. Que ce soit dans Délire d’amour ou dans Expiation, ce qu’aime Ian McEwan, c’est montrer les histoires d’amour qui dérapent, qui se délitent avec un brio, une précision et une férocité décapante qui me laissent sidérée à chaque fois, et séduite aussi pour le pire.

Quand nous étions orphelins de Kazuo Ishiguro est une drôle d’aventure : un homme nous raconte son histoire en même temps qu’il se leurre lui-même : paradis perdu de l’enfance et recherche d’une vérité sur ses parents qu’il ne fait pas toujours bon connaître…   

Commen bien râter ses vacances d’Anne Percin : un bonbon, un petit bijou de drôlerie et de sensibilité ou comment retomber dans l’adolescence pour le meilleur…

Sans la télé de Guillaume Guéraud : il était une fois un jeune garçon et son histoire avec le cinéma, mais films vus trop jeune qui l’absorbent et l’isolent et qui l’envoient vers le chaos. Un livre qui démarre comme un feu d’artifice et qui finit dans un malaise dont j’ai encore du mal à me remettre…

Si vous avez envie d’une petite étude éthnologique chez les fortunés de ce monde, vous pouvez vous rendre avec Julian Fellowes chez les Snobs. Ici, pas de parti pris, ni de manichéisme, juste une observation aiguisée de personnages qui se débattent entre désirs et certitudes.

Dans Le château de Cassandra, c’est la misère mais celle que l’on se fait un point d’honneur d’ignorer. Jolie histoire à faire lire à vos adolescentes, jolie écriture fluide de la créatrice des… 101 dalmatiens, Dodie Smith.

Et je relirai celui-ci encore et encore, et différemment j’en suis sûre à chaque fois, pour ses facettes multiples :    

Crépuscule de Susan Minot parle de ce dont on n’aime pas parler : sa mort. Mais quand on meurt, quelle est la part de nous qui meurt en premier de notre être infiniment complexe et multiple ? Questionnement que rend très bien la construction très maîtrisée et l’écriture resserrée tout autour de l’essence de cette histoire.

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