La vie et rien d'autre

Tome 2


15 Commentaires

Avant l’orage

Un soir d’été, un dîner dans le jardin pendant que la fraîcheur tombe sur une journée torride…

Tandis que le barbecue prend la bonne température pour les bars, on mange avec les doigts, obligatoire, nos cacahuètes de la mer. Puis, le melon charentais parfumé et sucré nous désaltère. Les bars bien grillés par notre chef cuisinier nous enchantent, avec une lichette de beurre salé de Noirmoutier évidemment. Et notre aîné, qui occupe ses premiers après-midi de vacances à nous régaler d’un pavé crémeux au chocolat, mais léger en fait pour un dîner !

R_cemment_mis___jour

Les oiseaux chantent autour de nous, le vent se lève, les nuages gris font la course dans le ciel, et nos voix se baissent naturellement tandis que nos esprits s’apaisent : ma maman disait combien il était réconfortant de manger et de se retrouver en famille autour de bons plats. Je crois, de plus en plus, que faire la cuisine est un acte d’amour… Pas vous ?

Creative Commons License

Publicités


3 Commentaires

Aimez-vous les rogatons ?

Parfois, il est des mots qu’on entend, dont on ne connaît pas le sens exact, mais qui utilisés dans leur contexte, vous laissent deviner à peu près leur usage.

Les rogatons ont toujours eu pour moi une sonorité comique. Il ne faut pas les confondre avec les rogations, bien que les deux mots aient la même origine latine tirée de rogare (demander).

Le rogaton a un premier sens ironique qui désigne une requête, une supplication. Puis par extension, on a  appelé ainsi les ouvrages et les nouvelles du jour de peu d’importance ou encore des objets de rebut sans valeur.

C’est un mot que ma maman utilisait, avec gourmandise ; elle était lectrice, cruciverbiste et se régalait sans doute de quelques mots, qui sonnaient alors à ma jeune oreille de manière étrange. » Ce soir, au dîner, nous allons pouvoir finir les rogatons.  » Car ils étaient, dans la cuisine maternelle, les restes, les choses déjà servies, petites, mais néanmoins encore bonnes à manger. Ce mot a un sens délicieusement familial, convivial et réconfortant, comme un bon repas pris avec des gens qu’on aime !

3436995_blog

 » […] un morceau de pain et de jambon pour moi, un rogaton quelconque à mon piqueur […] « , Théophile Gautier, le Capitaine Fracasse.

Et c’est bien connu, parfois les restes sont meilleurs que le plat mangé la veille !

 

Mes outils :

Le petit Larousse 2000 (qui comme dirait mon fils Vincent est tout sauf petit),

Le Robert (en  deux volumes),

Dictionnaire de synonymes et contraires, le Robert (encore !),

Le Littré ou Dictionnaire de la langue française d’Emile Littré,

Dictionnaire culturel en langue française, le Robert (décidemment, on n’arrête plus Bob…).

Creative Commons License


1 commentaire

Le rosbif de ma grand-mère

On a tous une madeleine de Proust, mais je parle au sens propre ici : ce plat qui résume à lui tout seul une personne. Pour la même personne, le plat ne sera d’ailleurs pas forcément le même. Si, par exemple, je demande à mon fils cadet qu’elle est le plat emblèmatique de Mamie Paule, je suis sûre qu’il me répondra son rosbif. Nous parlons bien ici du rosbif familial, et non pas du rôti de boeuf appelation bonne pour les restaurateurs et autres professionnels.

49339535

J’ai eu droit à une leçon de mon fils récemment au sujet du rosbif, car ma grand-mère, après l’avoir sorti du four, le laisse reposer religieusement la durée identique à celle de la cuisson. Le temps que le sang réintégre le coeur du susdit rosbif. Car la cuisson a envoyé, par un tour de magie que je ne saurais vous expliquer, le sang à la périphérie du rosbif. Heureusement, le beurre dont ma grand-mère a largement enduit le rôti a fait barrière…

Il va sans dire que dans la famille, on ne mange que du boeuf saignant. Mamie réservait les deux talons pour Maman qui n’aimait pas la viande rouge et pour ma soeur qui ne l’aime pas non plus. Il va sans dire aussi que vous savez tous qu’on ne sale le boeuf que dans l’assiette (la fleur de sel de Noirmoutier est tout indiquée en la matière) parce que sinon tout le sang est dans le plat et votre rosbif ressemblera à un quelconque morceau de viande après le passage de Dracula.

C’est mieux aussi d’acheter votre rosbeef dans le filet (le haut de la fesse bien gras), et aux halles, sur le marché ou chez votre boucher de quartier. Par exemple, celui de ma grand-mère était encore élevé il y a peu sous ses fenêtres (Le boeuf, pas le rosbif, hein…), mais depuis peu sa petite commune n’a plus d’éleveurs, la bête vient donc de la commune d’à-côté.

L’intensité atteint son paroxysme quand ma grand-mère sort son couteau électrique et nous coupe des tranches fines, fines, fines qu’elle enrobe de sauce au fur et à mesure que le rosbif se transforme en rondelles… On entend le couteau qui s’active dans l’arrière-cuisine, nos langues tombent littéralement dans notre assiette, nos nerfs sont mis à rude épreuve, nos oreilles bourdonnent et nos glandes salivaires sont à leur maximum. 

Le rosbif de ma grand-mère est à tomber par terre de bonheur et aussi des calories accumulées en une seule bouchée fondante ! Car ma grand-mère ne connaît pas les mots diététique, cholestérol, macrobiotique, régime, nutritionniste, calories; ma grand-mère est grosse comme une ablette et se nourrit surtout en nous regardant manger…!

Creative Commons License