La vie et rien d'autre

Tome 2


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Les classiques sont très modernes… ou inversement ?

J’avais cinq heures cet après-midi pour composer sur le sujet ci-dessous dans le cadre du concours interne des conservateurs des bibliothèques.

Sujet fort prévisible, mais le texte de Balzac laisse pantois quand on pense qu’il l’a été écrit il y a 155 ans ! Ce texte ne manque ni d’ironie ni de modernité, et on peut avancer les postulats suivants :

     – que les hommes politiques,quelles que soient les périodes historiques, ont les mêmes idées (Ce qui n’est pas forcèment rassurant),

     – que les hommes politiques n’arrivent pas tojours à leur fin (Tout de même) ,

     – ou bien que les fonctionnaires ne sont pas réformables ! (Sans commentaire…)

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Vous commenterez ce texte à l’aide d’exemples contemporains :

 » Mis à portée d’étudier l’administration française et d’en observer le mécanisme, Rabourdin opéra dans le milieu où le hasard avait fait mouvoir sa pensée, ce qui, par parenthèse, est le secret de beaucoup d’œuvres humaines, et il finit par inventer un nouveau système d’administration. Connaissant les gens auxquels il aurait affaire, il avait respecté la machine qui fonctionnait alors, qui fonctionne encore et qui fonctionnera longtemps, car tout le monde sera toujours effrayé à l’idée de la refaire; mais personne ne devait, selon Rabourdin, se refuser à la simplifier. Le problème à résoudre visait, à son sens, dans un meilleur emploi des mêmes forces. À sa plus simple expression, ce plan consistait à remanier les impôts de manière à les diminuer sans que l’État perdît ses revenus, et à obtenir, avec un budget égal au budget qui soulevait alors tant de folles discussions, des résultats deux fois plus considérables que les résultats actuels. « 

Les employés, Honoré de Balzac, 1845

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Je ne suis pas fonctionnaire : je suis documentaliste !

Je ne suis pas fonctionnaire : je suis documentaliste ! J’ai un statut de chargée d’études documentaires et je fais partie de la fonction publique. Et alors ? J’ai la sécurité de l’emploi ? Oui. Et alors ? Est-ce que cela m’empêche de bien travailler, d’avoir une conscience professionnelle, d’avoir le goût du service public et de travailler souvent 10 heures par jour ? Non.

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Et je ne crois pas que craindre de se faire licencier vous force à mieux travailler. Pour donner le meilleur de soi, un esprit serein, c’est bien aussi.
Et je ne travaillle pas de manière satisfaisante tous les jours ? Bien sûr. Qui le fait ? J’ai mes moments d’échecs et d’apprentissage. Comme tout le monde. Alors cessons de stigmatiser les fonctionnaires, et d’en parler comme un grand tout, mou et anonyme.

Et dénonçons franchement ceux qui sous couvert d’introduire une vraie gestion des ressources humaines dans la fonction publique, cherchent à faire des économies, sans savoir même de qui ils parlent. Aucun état de l’existant n’a été fait, aucune enquête sur les besoins non plus.
Et lisez le récent rapport Gestion des finances publiques et des ressources humaines du député UMP (eh oui !) Gilles Carrez. C’est réconfortant de se dire que même dans l’autre camp, il y en a qui sont lucides.

Deux fois par semaine, les tonnes de déchets que ma famille produit, sont vidées par les éboueurs, mon mari a été sauvé par des pompiers et la SAMU, le même mari qui se décarcasse en lycée professionnel pour donner une chance à des élèves rejetés du système général, nos passeports nous ont été délivrés par une charmante secrétaire territoriale, mon fils aîné s’est fait faire un bilan médical sportif par un médecin hospitalier, une de mes meilleures amies est attachée territoriale et se bat pour coordonner les actions sociales à Nantes, et mon facteur vient de me livrer un cadeau d’anniversaire.
J’ai pour membres de ma famille et amis des serviteurs de l’Etat et des collectivités territoriales qui font un boulot exceptionnel, avec foi et conscience.
Et pourtant pour certains, les moyens en personnel sont insuffisants, les formations indigentes, le salaire pauvre et la reconnaissance muette.

Oui, il faut des réformes, et les syndicats de fonctionnaires l’admettent aussi, mais pas à la hache. La justification de notre travail ne doit pas se réduire à un slogan : un fonctionnaire sur deux, ça suffit !

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