La vie et rien d'autre

Tome 2


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Feuilles d’été

Pas beaucoup lu cet été de littérature, trop fatiguée ! Mais heureusement, quelques belles découvertes quand même :

L’inconnue de Blackheath, Anne Perry, « Debout sur les marches qui descendait dans la courette, Pitt frissonna à la vue des mèches de cheveux ensanglantés à ses pieds. » L’inspecteur Pitt, toujours là pour ma plus grande détente !

La curiosité est un péché mortel, Ann Granger  » L’homme assis en face de moi dans le compartiment de première classe portait un haut-de-forme noir brillant, entièrement recouvert d’un grand carré en soie blanche. » Un polar qui se passe aussi au XIXème, mais pas complètement convaincant.

La reine Victoria, Lytton Stratchey,  » Le 6 novembre 1817, la princesse Charlotte, fille unique du Régent et héritière de la couronne d’Angleterre, mourait après une courte vie dépourvue d’agréments et de bonheur. » Un des premiers biographes a tenté de mettre de la psychologie, et pas seulement des faits historiques dans une biographie, mais dans un style d’époque, ironique et surprenant.

Miss Alabama et ses petits secrets, Fannie Flagg, « Curieux, ce qu’on peut garder à l’esprit tant d’années durant, et ce dont on préfère ne pas s’embarrasser. » Décevant, en fait, après Beignets de tomates vertes, même si les peintures de personnages sont toujours très réussies, l’histoire est un peu creuse.

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De sang froid, Truman Capote, « Le village de Holcomb est situé sur les hautes plaines à blé de l’ouest du Kansas, une région solitaire que les autres habitants du Kansas appellent « là-bas« . Un docu-fiction, c’est-à-dire un roman bâti à partir de documents et de témoignages, une reconstruction parfaite donc, doublée d’une écriture narrative aux petits oignons.

Je, François Villon, Jean Teulé,  « Le corps carbonisé fumait entre les chaînes du poteau fixé sur un haut socle de pierre ». Ame sensible s’abstenir, mais quelle merveille d’immersion et d’empathie. Une perle.


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Feuilles d’automne

Septembre, octobre, novembre… une rentrée en demi-teinte et un peu de lassitude, et mon rythme de lecture fut un peu poussif, d’autant plus que mon fils de 13 ans m’avait incité à lire de la Fantasy : 

Au guet de Terry Pratchett :  » La retraite des dragons. « 
J’ai dû m’y prendre plusieurs fois… mais j’ai vaincu ! C’est une écriture sautillante, un monde totalement parallèle, des personnages fantasques et imprévisibles qui ne réfléchissent pas du tout comme moi ! Bref tout à fait difficile pour ma pesanteur d’adulte rationnel… Et pourtant, j’ai fini par aimer et admirer qu’un auteur puisse inventer comme cela. Merci mon fils.

L’envie de Sophie Fontanel :  » Pendant une longue période, qu’au fond je n’ai à coeur ni de situer dans le temps ni d’estimer ici en nombre d’années, j’ai vécu dans peut-être la pire insubordination de notre époque, qui est l’absence de vie sexuelle. « 
J’avais beaucoup aimé Grandir. L’envie n’a pas fait écho en moi : sujet trop effleuré, pudeur des mots ou difficulté à saisir l’excès de sexualité ou son absence : peut-être eut-il fallu parler plus cru, plus direct sans tomber dans la vulgarité.

Le magasin des suicides de Jean Teulé,  » C’est un petit magasin où n’entre jamais un rayon rose et gai. « 
J’aime les livres de Jean Teulé, ils sont des exercices de style ; on sent le plaisir qu’il a à s’emparer d’une histoire, à tricoter un scénario, à jongler avec les mots. Un livre simple et rafraichissant. 

 

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L’art d’avoir toujours raison, Arthur Schopenhauer,  » La dialectique éristique est l’art de disputer, et ce de telle sorte que l’on ait toujours raison, donc per fas et nefas (c’est-à-dire par tous les moyens possibles). « 
Je n’ai pas tout compris, j’ai dû relire des phrases, mais il y a quelques bons trucs pour clouer le bec aux malotrus et qu’ils y perdent leur latin !

A l’enfant que je n’aurai pas, Linda Lê.  » Toi, l’enfant que je n’aurai pas, je me demande quels traits auraient été les tiens si je t’avais donné le jour : anguleux comme ceux de mon père ou flous comme ceux de cet homme, S., que j’ai aimé cinq ans durant, avec une étonnante constance, et qui me disait avoir la fibre paternelle ? « 
Un livre douloureux, honnête (terriblement) et dérangeant.

Alabama Moon, Watt Key,  » Juste avant de mourir, Pap m’a assuré qu’il ne m’arriverait rien tant que je ne dépendrais de personne. « 
On the road, version ado. Encore une commande de mon fils cadet que cette lecture avait scotché. Une histoire peu commune, bien écrite, menée rondement.

Au pays des ombres, Gilbert Gallerne :  » Vincent Brémont s’écarta du mur contre lequel il s’était adossé pour fumer une dernière cigarette. « 
Un polar à la française, très classique, très bon scénario, trop prévisible peut-être ?

A qui la faute ? de Sophie Tolstoï en réponse à la ballade à Kreutzer de léon Tolstoï : « C’était une merveilleuse journée, claire, radieuse.  » 
L’histoire de Léon est un monument de misogynie : un décolleté un peu plongeant, une tournure de taille bien prise, et ces pauvres hommes sont perdus ; ce n’est pas leur faute, les femmes ont appris à être séduisantes… Heureusement, sa femme Sophie, qui a lu sans doute Schopenhauer (voir plus haut) lui cloue le bec, en écrivant à quel point nous sommes subtiles, dévouées et lucides… Léon est pathétique, Sophie clairvoyante et délicate : un régal russe.

Et je n’en relirai aucun : ils m’ont tous intéressé, ému, mais point trop de vibrations cet automne. Peut-être au coeur de l’hiver…