La vie et rien d'autre

Tome 2


4 Commentaires

Feuilles d’été

Pas beaucoup lu cet été de littérature, trop fatiguée ! Mais heureusement, quelques belles découvertes quand même :

L’inconnue de Blackheath, Anne Perry, « Debout sur les marches qui descendait dans la courette, Pitt frissonna à la vue des mèches de cheveux ensanglantés à ses pieds. » L’inspecteur Pitt, toujours là pour ma plus grande détente !

La curiosité est un péché mortel, Ann Granger  » L’homme assis en face de moi dans le compartiment de première classe portait un haut-de-forme noir brillant, entièrement recouvert d’un grand carré en soie blanche. » Un polar qui se passe aussi au XIXème, mais pas complètement convaincant.

La reine Victoria, Lytton Stratchey,  » Le 6 novembre 1817, la princesse Charlotte, fille unique du Régent et héritière de la couronne d’Angleterre, mourait après une courte vie dépourvue d’agréments et de bonheur. » Un des premiers biographes a tenté de mettre de la psychologie, et pas seulement des faits historiques dans une biographie, mais dans un style d’époque, ironique et surprenant.

Miss Alabama et ses petits secrets, Fannie Flagg, « Curieux, ce qu’on peut garder à l’esprit tant d’années durant, et ce dont on préfère ne pas s’embarrasser. » Décevant, en fait, après Beignets de tomates vertes, même si les peintures de personnages sont toujours très réussies, l’histoire est un peu creuse.

412HBAAFP6L                     9782266166539

De sang froid, Truman Capote, « Le village de Holcomb est situé sur les hautes plaines à blé de l’ouest du Kansas, une région solitaire que les autres habitants du Kansas appellent « là-bas« . Un docu-fiction, c’est-à-dire un roman bâti à partir de documents et de témoignages, une reconstruction parfaite donc, doublée d’une écriture narrative aux petits oignons.

Je, François Villon, Jean Teulé,  « Le corps carbonisé fumait entre les chaînes du poteau fixé sur un haut socle de pierre ». Ame sensible s’abstenir, mais quelle merveille d’immersion et d’empathie. Une perle.


2 Commentaires

Feuilles hivernales et printanières

Me revoilà après une hibernation, et avec le printemps me revient l’envie de vous écrire...

 

Les visages, Jesse Kellerman,  » Au début, je me suis mal comporté ». Bonne idée de départ, milieu des galéristes new-yorkais dépeint de manière intéressante, et une fin un peu… incertaine, comme si l’auteur n’avait pas su finir…

En un monde parfait, Laura Kasischke,  » Si vous lisez ceci, vous mourrez « . Très belle écriture, introspective et honnête. Très belle histoire, poignante.

La vie devant ses yeux, Laura Kasischke. Les mêmes commentaires eu précédemment pour une histoire terrible et dérangeante.

L’imprévisible, Metin Arditi,  » Quelqu’un me prend la main ». Un auteur turc habitant la Suisse, une vraie découverte. Superbe !

Le Turquetto, Metin Arditi. « – Elie, ton père s’est arrêté ! « . Superbe histoire entre Istanbul et Venise, extraordinaires peintures d’époque et amour de la peinture aussi, à lire avant la précédente, ou après…

La bâtarde d’Istanbul, Elif Shafak,  » Qu’importe ce qui tombe du ciel, jamais nous ne devons le maudire. » Superbe portrait de la société turque contemporaine, femmes hautes en couleurs, l’ambiance de la ville restituée comme si nous y étions encore !

Un beau jour peut-être, Lauren Graham,  » – Si vous êtes prête, c’est à vous, lance une voix surgie de derrière la maison. » Une histoire sans prétention sur les débuts difficiles d’une actrice en herbe et à la recherche de son talent.

Une saison à Longbourn, Jo Baker,  » Il était aussi impossible de porter des vêtements sans les avoir blanchi que de sortir sans vêtements, en tout cas certainement pas dans le Hertfordshire, et en septembre. » Enfin, un bon produit dérivé de Jane Austen, Orgueil et préjugés côté domestiques ! Une écriture très agréable et un goût du détails qui rendent cet exercice d’invention, merveilleux à lire et tout à fait vraisemblable !

Le treizième conte, Diane Setterfield,  » On était en novembre « . Un conte, un livre sur l’écriture, un thrille, un roman gothique ? Un peu tout cela à la fois, un plaisir à lire tels ces livres qui aiment bien brouiller les pistes !


4 Commentaires

Pousses de printemps

Deux petites merveilles de finesse et de bonté lues cette saison  :

Le roi-soleil se lève aussi de Philippe Beaussant,  » Il n’est pas une page de ce livre, où l’on ne soit pas amené à se poser, d’une manière ou d’une autre, ouvertement ou par un escalier dérobé, des questions qui se ramèneront en définitive toujours à cette unique interrogation : quel est, chez un homme du XVIIe siècle, le rapport entre sa personne et sa fonction ?  » Est-ce que c’est un essai historique ?  Un documentaire ? Une biographie ? Un roman ? C’est tout cela à la fois et bien plus, un travail d’érudition et de sensibilité, une reconstitution de l’être contre celle du personnage mythique, tout comme Philippe Beaussant l’avait aussi si bien fait dans sa reconstitution de l’histoire entre Abélard et Héloïse.

L’extraordinaire histoire de Fatima Monsour de Joanne et Gerry Dryanski : « C’était le 27 août et depuis plusieurs jours il pleuvait sur Paris. » Editeur et auteurs méconnus mais une galerie de portraits bluffante écrite par des américains, français d’adoption qui nous observent avec tendresse et amusement.

Et puis,

Les confessions de Mr Harrison d‘Elizabeth Gaskell.  » Le feu brûlait allègrement.  » Portraitiste de la vie des villages anglais, E. Gaskell fait parler ici un médecin de campagne vers qui toutes les attentions convergent ! Je vous avais déjà parlé d’elle et voici un nouveau de ses livres, traduit.

La solitude des nombres premiers, Paolo Giordano :  » Alice Della Rocca détestait l’école de ski.  » Une belle histoire sur la fragilité de l’adolescence et des meurtrissures de l’enfance.

Seul le silence, RJ Ellory. « Coups de feu, comme des os se cassant ». Très beau roman policier mais plus que cela, un roman aussi, sur les communautés d’immigrants des Etats-Unis dans une atmosphère de malaise constant.

Les vitamines du bonheur, Raymond Carver,  » J’avais un boulot et Patti n’en avait pas ». Raymond Carver est un vieil ami de lecture et ses nouvelles les meilleures avec celles de Claude Pujade-Renaud. Ou l’art  en quelques pages de montrer des morceaux de vie au pouvoir si évocateur qu’ils ont un caractère universel.

La liseuse, Paul Fournel.  » Longtemps j’ai croisé les pieds dessus pour un peu de détente, d’élévation, pour un peu plus de sang au cerveau, maintenant, il m’arrive de plus en plus souvent d’y poser la tête, surtout le soir, surtout le vendredi soir.  » Petit descriptif du monde des éditeurs et de leurs états d’âme à l’heure du passage à l’e-book.

Et côté jeunesse : un héro récurrent pour la jeunesse par le maître du polar juridique. Bien ficelé, dynamique, très bien documenté, comme à l’habitude, sur les mécanismes de la justice américaine. Mon fils est depuis passé à ses polars juridiques pour adultes. 

Théodore Boone : enfant et justicier de John Grisham :  » Théodore Boone, qui était fils unique, prenait son petit-déjeuner tout seul. « 

Théodore Boone : l’enlèvement de John Grisham :  » Le rapt d’April Finnemore eut lieu au milieu de la nuit entre 21 h 15, heure où elle parla pour la dernière fois à Théo, et 3 h 30 du matin, quand sa mère entra dans sa chambre, et s’aperçut qu’elle avait disparu.  »