La vie et rien d'autre

Tome 2


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Les habitantes du Paradis

Pour en finir avec le jardin de curé et orner de quelques fleurs supplémentaires la Vierge d’Agathe, il faut savoir à quel point la nature peut embellir la spiritualité du curé en son jardin.

Commençons par Marie donc, que l’on pourrait couvrir de son épais Manteau alchemillamollis et munir de ses Gants digitale_Alsace_Yvan_Lorrain, charmantes attentions pour réjouir son simple Coeur de Marie coeur_de_marie_ws54 et qu’elle ne verse point de Larmes 1244204297_44. A ses pieds, aussi, nous pourrions déposer le virginal lys de la Madone Lis_20de_20la_20Madone_20liliaceae_20lilium_20candidum pour honorer son Ascension ou, à profusion une Herbe à la Vierge Stellaria_holostea__________12_04_2001_2.

A moins que nous ne leur préférions le Chardon Marie chardon_Marie_rve pour se souvenir qu’il est doux de protéger nos enfants.

Et, pour finir, un Cierge de Marie 92bc3e0b664c6b5358bce62f846d662c fera luire jusqu’au ciel nos remerciements !

Mais le jardin de monsieur le curé peut receler bien d’autres esprits, et ceux-ci pour tout le long de l’année :

Fêter l’arrivée des mages et son Etoile de Béthléem _toile_de_bethleem__zoom,

bénir les fidèles le Dimanche des Rameaux avec le buis buis_2 ou l’olivier,

passer l’expérience mystique de la Pentecôte en humant l’oeillet éponyme dianthusgratianopolitanusbombardier_1,

puis honorer la naissance de l’enfant de Marie à Noël avec SA rose, rose_de_noel la belle Hellébore…… 


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Jardin de curé

Il y a quelques semaines, je me promenais en Charente-Maritime dans le parc d’un château, quand j’ai senti l’odeur forte et un peu acide du buis et c’est, comme à chaque fois, l’image d’un jardin de curé qui m’est venu à l’esprit. Et par la même, une vision de soutane, d’eau bénite, de bénitier en pierre, de prie-dieu, de Vierge à l’enfant et des senteurs de missel, de cierge et d’encens.

Et peut-être avez-vous eu comme moi une aïeule qui enlaçait le buis consacré sur les crucifix accrochés au-dessus des lits jusqu’aux Rameaux de l’année suivante ?

Et comme une rengaine me vint aussi la phrase mystèrieuse du Mystère de la chambre jaune de Gaston Leroux :  » Le presbytère n’a rien perdu de son charme ni le jardin de son éclat. « 

L’église n’est pas loin normalement du jardin et le cimetière primitif non plus, à moins que le jardin ne soit attenant au presbytère. Souvent il est petit, clos de murs en pierre.

Le jardin de curé se doit d’être, paraît-il, un mini jardin à la Française arrangé rationnellement, ce qui ne me plaît guère : mon tempérament contemplatif se plie difficilement à la géométrie et à sa soeur, la symétrie… Et le même jardin obéit au chiffre magique 7 car il doit :

1er commandement : prendre soin de l’estomac du curé et de sa bonne en y abritant un potager et des arbres fruitiers,
2ème commandement : orner l’église et l’autel en y cultivant des fleurs,
3ème commandement : soigner les corps en y recelant des simples,
4ème commandement : remplir le Saint Calice d’un bon vin en y accueillant une vigne,
5ème commandement : arroser le tout et abreuver les piafs du Bon Dieu en ayant de l’eau pour alimenter le bassin à moineaux,
6ème commandement : garantir l’Eternité aux fidèles en dépossédant les haies de buis (ou de laurier parfois) de quelques Rameaux pour mieux les asperger d’eau bénite (en Provence, c’est de l’olivier),
7ème commandement : et enfin, abriter une statue de la Sainte Vierge pour faciliter les prières du curé ou la lecture de son bréviaire.

 » Le jardin, d’environ un arpent et clos de murs, était un jardin de curé, c’est-à-dire plein d’espaliers, d’arbres à fruits, de treilles, aux allées sablées et bordées de quenouilles, à carrés de légumes fumés avec le fumier provenant de l’écurie. « 
Balzac, Paysans, 1844.
Ségolène, merci de m’avoir donné envie de reprendre un peu de café… et plus de P’tites misères, j’espère.

Jardin du Prieuré de La Ferté Loupière, Yonne

Non, on ne s’y ennuie pas, car le potager et le jardin d’agrément mêlés, légumes et plantes vivaces et annuelles mélangés au sein des bordures… de buis souvent, contribuent au charme de l’endroit ! Dans ce jardin, pas si grand, conçu en carrés, les plantes ont vite débordé les haies et le jardinier laisse la nature y prendre sa légitime place, ce qui en fait un lieu paisible, foisonnant et bigarré, comme l’Eden qui enchante l’oeil. Tout est organisé mais sans en avoir l’air ; tout y porte à la méditation, mais pas à la distraction comme un vrai cadeau du Ciel !

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