La vie et rien d'autre

Tome 2


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Etes-vous ecofriendly ?

Pendant que l’uranium se déverse dans la terre japonaise pour plusieurs générations (C’est ce qu’on appelle bien sûr une énergie d’avenir…), j’ai fait l’inventaire de mes petits cailloux après vous en avoir parlé de manière plus générale précédemment et que Thalie a si bien illustré par une phrase de Gandhi :  » Vous devez être le changement que vous devez voir dans ce monde « .

Très modestement, voici la liste 3B (Bio Beau Bon) de la famille Today, avantageusement complétée des expérimentations et idées de Christine, Marion, Gérard et M. Today, qui :

– plante des arbres fruitiers (résultat de la consultation horticole à la fin du mois… suspens!),

  – trie déchets et dépose dans les bons bacs, composte et récupére l’eau de pluie pour cultiver son potager ce qui est un acte politique : ce n’est pas moi qui le dit mais lui,

– prend des paniers pour le marché et bannit le plus souvent les sacs en plastique, et pense à revenir aux mouchoirs en coton, et à renoncer aux lingettes, kleenex, sopalin…

– utilise la pierre d’alun comme déodorant, naturel et sans contenant… et on sent bon quand même ! Et bientôt même sort pour les savons et shampooings : passage au bio et contenants recyclables ou inexistants…, mais quelques efforts à faire pour les produits ménagers et les produits de maquillage…,

– grimpe quotidiennement sur un vélo pour M. Today (aux beaux jours) et dans les transports en commun pour le reste de la famille ; d’ailleurs parfois, comme nous vivons dans une grande ville, on se demande s’il est rentable de posséder une voiture…: s’il y en a qui sont passés à la location, cela m’intéresse !,

– achète produits de saison, locaux et biologiques le plus possible. Comme parfois, ils coûtent un bras, il faudrait sur le marché prendre le temps de faire le tour des étals et d’observer les prix, quitte à acheter ses carottes chez l’un et ses poireaux chez l’autre…, et achète leur viande de boeuf chez un éleveur bio, Merci Christine !

– fait certaines courses (huiles, potages, céréales, pain et biscuits parfois) dans un coopérative bio,  

– filtre l’eau du robinet à boire et n’achète plus de bouteilles d’eau plate. Quand la San Pé coulera du robinet ce sera encore mieux ! Mais les bains l’hiver c’est tellement doux…

– mange les bocaux de Mamie et fait des confitures pour que la nature dure, dans votre assiette, le temps d’un hiver et accommode les rogatons,

– est de plus en plus méfiante vis-à-vis des produits transformés issus de l’industrie particulièrement quand il y a ajouts de colorants, conservateurs, arômes et sel… , même si c’est bien pratique, il faut l’avouer,

– répare et donne avant d’acheter et de jeter ; d’ailleurs si j’ai tant à jeter, c’est peut-être parce que j’ai trop acheté…, et même si c’est un problème d’une personne sans soucis financiers majeurs, c’est une interrogation qui me traverse l’esprit de plus en plus souvent,  

– éteint les lumières et tout ce qui rayonne…, l’écran de nos ordinateurs, nos portables, etc. A ce propos, je me demande ce qui est le plus écologique : l’électricité ou les piles pour un réveil par exemple…

– utilise les ampoules basse consommation et a toujours préféré les petits éclairages d’ambiance aux grands plafonniers, et pense à remplacer toutes ces ampoules par des leds, merci Gérard !,

– privilégie les programmes écolo-économiques de nos appareils électro-ménagers et je dois empêcher M. Today de faire la vaisselle, dont c’est un des plaisirs de mon mari (je sais ce n’est pas banal…) d’autant plus que je suis la reine de l’optimisation du lave-vaisselle comme mon amie Christine (quand on est paresseuse, n’est-ce pas…), 

– a renforcé l’isolation de la maison : merci mon chéri ! Mais je suis une grande frileuse qui résiste mal à monter le chauffage malgré chaussettes, pulls, chocolat et bouillotte d’Hélène façon risotto,

– éteint son four 15 mn avant la fin de la cuisson car il continue à chauffer à la même température pendant cette durée : Merci Christine bis ! Pour les pizzas, par exemple, votre four consomme plus d’énergie à se préchauffer qu’à les cuire…

– recharge les piles rechargeables. Mais j’en ai assez d’acheter des piles plates pour toutes nos montres qui tombent généralement en rade à peu près en même temps… Mais où sont passées nos montres mécaniques d’antan…, et n’utilise plus l’ouverture centralisée de leur voiture…

– et n’a pas la télé… comment ça cela n’est pas une pollution ?! Je vous en reparlerai, vous verrez…,

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 Et puis, j’ai des amis qui :

– ont parlé d’installer des toilettes sèches (euh là, je passe mon tour…),

– ont installé un thermostat d’ambiance, des robinets thermostatiques, un ballon d’eau chaude solaire et des économiseurs d’eau sur tous leurs robinets, et pensent à une petite éolienne pour une électricité autonome

– sont adhérents d’une AMAP (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne) ou association équivalente…,

– pratiquent des vacances éco-responsables,

– fabriquent leurs yaourts et leur pain bio,

– se soignent parfois aux médicaments bios (huiles essentielles essentiellement…),

– ont opté pour d’autres moyens complémentaires de se chauffer (poêle à bois en tôle, cheminée) et limitent ainsi l’usage du chauffage principal…

 – lavent leur voiture en station de lavage, plus cher mais l’eau est récupéré en circuit fermé,

– ont remplacé les petites bouteilles en plastique pour les sorties diverses par des gourdes,

– ont mis les appareils multi-médias sur interrupteur pour couper les modes veille particulièrement énergivores,   

– utilisent des boules de lavage qui permettent d’utiliser moitié moins de lessive, donc l’eau de rejet est moins polluée, achètent des produits de lavage écologiques, mettent le bicarbonate à toutes les sauces, comme adoucissant, détartrant, assainissant, frottent leurs vitres avec la micro-fibre sans produit et les sols avec moins de produit,

– utilisent les disques à démaquiller lavables et les mouchirs en micro-fibre,

– choisissent les températures basses de lavage de leur machine-à-laver et lave-vaiselle et nuitamment de plus et ont envisagé de faire creuser une citerne de récupération des eaux pluviales et d’y brancher les toilettes et la machine à laver…

 

Voilà ce qu’on appelle un cercle VERTueux, non ?

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Un petit caillou

Plus on acquiert de l’expérience professionnelle, plus on est confronté à sa propre impuissance face à certaines situations. Il y a plein de choses qu’on ne peut pas changer et j’entends de plus en plus autour de moi, des propos emplis de désillusions tels que  » ça ne sert à rien « ,  » ce n’est pas nous qui décidons… « , etc.

Et moi je suis encore une grande gamine, qui n’a pas encore envie de renoncer à ses illusions, ce qui ne m’empêche pas d’être très lucide. Mais tout simplement, je n’aime pas baisser les bras, et surtout je déteste qu’on m’impose des choses et qu’on me donne des ordres. En bref, je n’aime pas obéir. Si bien que même pour des demandes anodines, j’aime qu’on m’explique et qu’on y mette les formes !

Je crois que quand on a décidé d’abandonner, qu’on laisse le soin à d’autres de se battre pour nous, c’est un peu le début de la fin ! Il n’est pas nécessaire d’avoir de grandes causes à défendre pour apporter sa pierre à un édifice. Je crois même qu’il est plus facile de se donner de modestes buts plutôt que d’ambitieux desseins !                                                                                                                                         

Un exemple me vient à l’esprit tandis que je vous écris. Est-il bien raisonnable, par exemple, d’attendre des actions d’envergure de la part des politiciens en matière de lutte contre la pollution ? Moi, je n’y crois plus. Je pense que c’est à nous de : faire notre propre compost, trier nos déchets, utiliser le plus possible les transports en commun et son vélo, manger locavore et bio, se tenir au courant de ce qui va à l’encontre de l’environnement, réparer ou donner avant d’acheter et jeter, apprendre à vos enfants à éteindre les lumières et autres témoins lumineux…

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Une goutte dans la mer, certes, mais on dit que les petites rivières font les grands fleuves… Trop de cynisme pourrait nous faire croire que nous sommes privés de notre pouvoir d’action. Et trop d’âge pourrait nous faire oublier que nous travaillons aussi pour le futur…

Et plutôt que sur sa capacité à agir, il faut se concentrer sur nos moyens de réussir !

 

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Choukran

Des peuples ont encore assez de vitalité pour se soulever quand ils ne veulent plus endurer l’injustice, la corruption, la pauvreté. Et puisque, en allumant ma radio le matin, j’entends parler de l’Egypte qui m’est devenu un pays beaucoup moins mythique et beaucoup plus cher depuis que je l’ai visité. 

 

egypte

 

C’est ainsi que je me souviens de nos guides successifs qui nous ont fait l’honneur et les honneurs de leur pays. Et, pays, paraît un petit mot très ridicule, pour une si grande terre. Et je me souviens aussi de toutes ses personnes croisées, habitantes de la même terre que nous.

Je me rappelle Allah, mélange de fierté et d’amertume à vivre dans un pays où tout est grandiose, des pyramides en passant par les trésors des pharaons, le désert, les temples, les mosquées jusqu’au Nil souverain, pendant que les naissances nombreuses et le manque d’emplois menacent de faire imploser le pays.

Je me souviens d’Ali, fier, et à juste titre, de nous faire visiter, en compagnie de son petit garçon Mohamed, sa mosquée, décrépite, en attente de subsides.

Et ce patron d’un hôtel à Assouan qui nous fit cadeau de sa suite, et nous offrit un thé à la menthe dès notre arrivée comme si nous étions des invités de marque.

Ou ce restaurateur toujours à Assouan, qui refusa de manière tout à fait énigmatique, de nous révéler son histoire bretonne, alors qu’il venait de nous servir du beurre salé.

Je me souviens aussi de cette femme égyptienne jambes et bras couverts se baignant dans le Mer Rouge. Et cette autre femme, qui nous fit visiter le musée du Caire, dont les enfants étaient scolarisés dans une école française car parler notre langue en Egypte, c’est pouvoir travailler plus tard dans le tourisme et se mettre à l’abri de la pauvreté. Ali, notre guide de Louxor nous l’avait expliqué. Ou encore ces autres femmes vêtues de noir, car mariées, lavant leur linge sur les bords du Nil.

Et je revois encore les enfants, tous les enfants, ceux débrouillards et baratineurs de Kom Ombo, ou ceux un peu plus au nord qui comme tous les enfants du monde se sont disputés des bonbons, ou ceux-là encore qui se baignaient dans le Nil et saluaient notre passage d’appels retentissants.

Entendez-vous comme moi la mélopée de l’imam appellant à la prière, les joueurs de oud, de rababa et de tambourin nous jouant joyeux anniversaire, le bruit que font les fumeurs de chicha quand l’eau fait des bulles et les sons si étranges à nos oreilles de cette langue égyptienne : es-salam aleikoum, choukran, maa salam…

Je ressens encore mon saisissement d’occidentale laïcisée devant la prière des hommes en djellabah sur les trottoirs du Caïre, la promiscuité, la saleté, la vétusté et l’unité aussi, étrangement.

 

Nation à la frontière de la modernité, du désir d’avancer, de ne pas être en reste, de regagner ses anciens titres de civilisation, et retenue un peu, par la peur de se perdre et de laisser son identité par trop de compromissions. Mes pensées minuscules vont aux cairotes et je souhaite aux Egyptiens, l’avenir retrouvé.

 

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