La vie et rien d'autre

Tome 2


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Je suis dans le jardin de mes pensées

Je resserre mon gilet autour de moi, mais cette fois, c’est mon mari qui a remonté le chauffage. Dehors, le ciel est gris brumeux depuis des semaines et crève l’abcès, souvent, par pluies éphémères. L’hiver, mon corps se recroqueville et si j’étais un chat, je ferai comme le nôtre, j’irai me chauffer les os sur nos vieux radiateurs en fonte… Ma peau se crispe  et mes pensées se resserrent dans des espaces où je ne vous emmènerai pas. Vous n’y comprendriez rien, et moi-même d’ailleurs…

L’avantage de l’hiver, c’est qu’on voit mieux les mésanges jaunes, la merlette, le rouge-gorge de notre jardin, les tourterelles, les moineaux et le chardonneret élégant se gaver de graines de tournesol et de margarine. Hier, un geai, la beauté du diable était dans le jardin; cet oiseau multicolore mange les oeufs et pourchasse les oisillons. Dans notre jardin, les perce-neige, les narcisses et le cognassier du Japon ont fleuri, hiver, printemps et été mêlés.

Ce matin, j’ai acheté des mets tout prêts à manger parce que cuisiner aurait dérangé mes idées. Quand le ciel est gris en suspens, le temps s’étire plus lentement. Cet hiver est interminable, même mon mari semble le penser, qui me demande ce qu’il y a à faire dans le jardin. Alors j’ouvre mon jardin mois par mois, et il faudrait épandre le compost, supprimer les feuilles jaunes et les fleurs fanées, colorer en bleu mes hortensias si je voulais, diviser les perce-neige quand ils seront fanés, tailler les rosiers et les arbustes d’été. Bientôt il nous faudra décider par quel arbre remplacer le mimosa mort des froids de l’hiver dernier. J’ai bu un café, et refermé la dernière page de Rosa candida. La taille du pommier devra attendre la fin des gelées, mais on peut tondre à toute période de l’année. Il y a des livres qui semblent vous épouser, à moins que ce ne soit vous qui les rencontriez.

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Juin : en attendant l’été

Bien qu’en pleine grande intendance scrogneugneu  (j’ai encore des leçons de zen à prendre chez Agathe),  j’ai pris le temps de descendre au jardin pour étendre le linge et faire le point de ce mois de juin écoulé. 

Le jardin vit sur ses acquis : encore des boutons à éclore pour le cognassier du Japon et l’hortensia aura bientôt toute son envergure, le raisin est plein de promesse, le laurier rose tient sa couleur effectivement et les moineaux attendent que je sois partie pour prendre leur bain… Boston se chauffe la moëlle sur la pierre chaude de l’allée et contemple comme moi le gazon jaune et sec malgré les pluies de juin.

 

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Le jardinier en titre étant absent, c’est moi qui ai arrosé les tomates, et attendre un tuyau à la main que l’eau s’écoule ne me passionne pas outre mesure, mais m’a laissé le temps de repenser, dans un sourire, à la prière de Karel Capek dans L’année du jardinier :   » Mon Dieu, faites qu’il pleuve tous les jours, à peu près de minuit à trois heures du matin, mais que ce soit une pluie lente et tiède, afin que le terre puisse bien s’imbiber; qu’il ne pleuve pas sur la lavande et toutes les autres plantes qui Vous sont connues, dans Votre infinie bonté, comme des plantes amies de la sécheresse; si Vous voulez, je Vous écrirai la liste sur un bout de papier; et que le soleil brille toute la journée, mais pas partout (par exemple pas sur les rhododendrons), et qu’il ne soit pas trop ardent; qu’il y ait beaucoup de rosée et peu de vent, une quantité raisonnable de vers de terre, pas de pucerons, ni de limaces, pas de moisissures, et que, une fois par semaine, il pleuve du purin étendu d’eau et de la fiente de pigeon. Amen. « 

 

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Janvier : rien à déclarer

Depuis le solstice d’hiver, les jours rallongent pour mon plus grand plaisir, et mon moral gagne en degrés en même temps que les températures diurnes. Dans le jardin, ce soi-disant petit réchauffement n’est pas très visible, PRESQUE rien à déclarer si ce n’est que :

– les perce-neige sont en fleur, mais côté Atlantique point de blanc manteau à percer…

– une fleur de camélia s’est risquée à fleurir mais les boutons voisins ne lui ont pas encore emboîté le pas : suspens !

– le mimosa d’hiver s’éparpille en bouquets qui deviendront d’or en février…

– les quelques coings que mon mari n’a pas cueillis pour faire de la gelée (à se damner !) continuent à pourrir sur le branche et tomberont dans le jardin… des voisins…

– le Pierre de Ronsard et le jasmin font leurs pousses l’un en rose, l’autre en vert, pour nous embaumer quand viendra l’été…

– notre jeune Drap d’or bourgeonne, promesse de premières pommes à croquer peut-être cette année…

On peut cliquer une fois, puis encore une fois sur les fleurs, et hop… magie !
2011_01_30

Je n’aime pas l’hiver au jardin, les arbres sont tout dépenaillés et semblent implorer le printemps de leurs branches dénudées. On a du mal à imaginer qu’un jour tout redeviendra vert, tiède, accueillant

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