La vie et rien d'autre

Tome 2


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Provence 9 et fin : pour finir une boucle

C’était mon premier jour de vacances, j’avais le coeur réjoui, l’esprit en appétit et le stylo en liesse : Magali nous ouvre la porte de notre gîte et, sur le manteau de la cheminée… mon jeu de l’oie apparaît !

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Correspondance avec ce jeu de l’oie-là et sa belle découvreuse qui me fait me souvenir de m’amuser.

Synchronicité encore une fois, et on se sent connectée au monde.

La vie est un jeu, oui.


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Mon jeu de l’oie

Peut-être que la vie est un jeu de l’oie. Peut-être.

D’abord il faut démarrer. Avoir un chiffre magique tout de suite n’est pas donné à tout le monde : il y en a pour qui les débuts se font en flèche, ils entrent dans le jeu avec avidité pour tout goûter et tout gagner. Il y a ceux qui y entrent doucement… d’un pied et qui attendent de bien connaître les règles pour ne pas s’y cogner. Et il y a les autres pour qui le démarrage a lieu longtemps, longtemps après, mais ce ne sont pas les plus malheureux au jeu, car le temps d’observer, ils ont reconnu où ils voulaient aller.

Parfois on passe du temps en prison, à faire du sur place et à se demander comment continuer à avancer. La régularité et la sécurité sont des cages dorées dont on oublie qu’on peut scier les barreaux. Parfois, la liberté est tout près, à un tour de clé. On est parfois son propre geôlier.

Quelquefois, on tombe dans un puits qui semble sans fond, la force nous manque pour remonter par la corde suspendue et l’eau croupie ne peut nous désaltérer. Pourtant, même des grandes épreuves et des terribles malheurs on se relève. Mais l’eau, pendant longtemps ne paraît plus aussi fraîche et à un goût amer.

Ou alors, il suffit de faire la bonne rencontre, d’avoir le bon partenaire qui vous écoute et vous accompagne et qui, tendra et vous tiendra la main pour vous sortir de l’ornière.

Il arrive qu’on recule : bagages lourds de l’enfance, chagrins de la vie d’adultes. On traîne aux pieds des pesanteurs dont il est difficile de s’alléger. L’adulte est-il si souvent un enfant gonflé d’âge comme l’a écrit Simone de Beauvoir ? Ne sommes-nous que cela, un prolongement de ceux qui nous ont précédés ?

Parfois on recommence au tout début. Est-ce un sort qui s’acharne ou une seconde chance ? Est-il bien concevable de recommencer si on a les mêmes dés ?

Mais le recommencement n’est pas une renaissance, notre mémoire n’a pas été balayée d’un lancer de dés, il faut juste désapprendre puis réapprendre à lire les stations par lesquelles on passe et les réinterpréter…

Si on n’a pas cette capacité-là à se réinventer, à renouer avec l’engouement de l’avant, on repart, c’est sûr, avec les mêmes dés pipés…

Ou alors, ou alors, on a su apprendre de ses expériences qu’on pouvait aimer jouer et comme l’a dit Oprah Winfrey, «… je n’ai jamais eu d’échecs dans ma vie. Il n’y a pas eu d’échecs. Il y a eu des leçons épouvantables. ». Perdre n’est pas une fatalité.

On pourrait vouloir tricher pour attraper un raccourci ou pour éviter les paris risqués, mais à quoi bon ? Car si nous le voulons, même dans un colimaçon spiralé bien enroulé, les règles du jeu peuvent être nos alliées, il suffit d’un peu de légèreté et d’habileté…

Heureusement parfois point d’escales : les parties défilent à allures différenciées, les avancées sont d’allègres envolées, la joie nous fait passer des tours. Il a suffi d’oser, de balayer ses doutes et ses timidités, d’espérer, avec peut-être quelqu’un tout près qui vous pousse encore à avancer, et l’horizon s’élargit…on en oublierait même l’arrivée.

L’erreur serait alors de penser qu’une fois la boucle fermée, il ne faille pas continuer. Car le jeu est-il jamais tout à fait achevé ?  Avec un peu plus de patience, de compréhension ou de finesse, une partie meilleure est encore à jouer !

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