La vie et rien d'autre

Tome 2


2 Commentaires

Réussites

Une de mes grands-mères paternelles, Bonne-Maman, m’a appris quand j’étais jeune à passer le temps.

De ces réussites, j’avais tout oublié. Jusqu’à cet été où munie du Petit Larousse des jeux, je me suis penchée de nouveau sur mes anciennes pratiques. Alors me sont revenus : l’horloge où la victoire est assez fréquente, les paquets escamotables – avec sa version française appelée le mariage, car si vous gagnez la dame et le roi de coeur sont côte-à côte… – , et partie sur ma lancée, j’ai appris : Prenez le quatorze, la pyramide, la suite impériale, Joséphine – une réussite qui date, vous l’aurez deviné, du Ier Empire – et enfin,  Monte-Carlo,  mais comme son nom ne l’indique pas, sans pari à la clef !

En jouant au  le défilé des nombres -très bien pour les tout-petits dès qu’ils savent compter jusqu’à 13- , je me suis souvenue l’avoir vu jouer, il y a de nombreuses années, par ma tante Virginie, qui est devenue une pointure au tarot…

solitaire-pyramide

De réussite en réussite, avec quelques triomphes, rares dans ce genre de jeux, j’ai constaté que nous jouions depuis dix ans avec un jeu de cartes qui possédait deux valets de trèfle, et aucun valet de pique… Quant à notre second jeu de 52 cartes, il est temps aussi de le changer, les cartes se dédoublent, signe d’usure. Il est vrai que j’ai fait un grand nombre de batailles avec mes fils quand ils étaient jeunes…

Parmi ces jeux de cartes,  que certains appellent aussi solitaires ou patiences, quelques-uns sont répétitifs, mais d’autres présentent quelques variations et stratégies assez revigorantes .

Il n’y a rien de plus ennuyeux que les gens qui ne savent pas s’ennuyer sans prendre à partie les autres… Alors trompez l’ennui !

Publicités


10 Commentaires

La lettre de château

Vous aviez bien ri quand je vous avais écrit que je pratiquais les plans de table : foin des placements hasardeux ! Certaines m’ont appris à cette occasion qu’elles suivaient aussi ces préceptes; de fait, je me suis sentie soudain beaucoup plus normale…

Peut-être alors, aurez-vous été incité dans votre jeunesse, comme moi, à écrire des lettres de château… ?

Celles-ci s’envoient après un séjour, ne serait-ce que d’une nuit, passé chez des amis ou des parents, habitant ou non dans un château, d’ailleurs !
Adressée à la maîtresse de maison de trois jours à trois semaines après la fin du séjour, cette lettre a pour objectif de remercier de la qualité de l’accueil, de vanter l’ambiance de la maison, la beauté de la propriété et des lieux, les talents de cuisinière de votre hôtesse,  l’esprit éventuel de certaines conversations, et une ou deux histoires piquantes…

Au XIXème siècle dernier, cela pouvait donner cela :

Chère Tante,

Permettez-moi de vous remercier encore mille fois de l’empressement et de la bienveillance de votre hospitalité. Venir passer quelques jours chez vous est pour moi plus que des vacances; c’est une véritable détente, particulièrement après l’année occupée que nous connaissons tous. Je n’en apprécie que plus l’accueil que vous-même et mon oncle me réservez, comme à chaque fois que, que j’ai le privilège de séjourner à Beaumanoir.
Dois-je vous redire à quel point la possibilité de profiter librement des rafraîchissements de votre parc ombragé, des plaisirs de la promenade dans cette si douce campagne tourangelle, des tendres taquineries de mon oncle et de mes plats préférés concoctés comme par hasard, par votre cuisinière, ont rejoint mes souhaits les plus chers ?

Recevez , chère tante, l’expression de mes sentiments affectueux.

Vous apprécierez l’emploi raffiné du point-virgule…

Ou celle, aujourd’hui, que j’aurais dû écrire à mon amie Marion :

Chère Marion,

Je tiens à te remercier, à nouveau, de ton accueil toujours si prévenant et bienveillant. Découvrir ta grange de montagne a été pour moi plus qu’une aventure; ce fut un enchantement, particulièrement alors que nous étions tous réunis dans l’attente du passage à une nouvelle année. Je n’en ai apprécié que plus, le confort douillet de ta maison pyrénéenne, qui n’a rien à envier à ta maison de  Pau.

Quitte à me répéter, je te redis à quel point les conversations débridées entre amis, les apéritifs autour de vins multiples et excellents, les repas pris autour de mets remarquables et les parties de jeux de société, ont été au-delà de tous mes voeux.

Je garderai un souvenir ému de ma séance de farcissage et de couture du chapon, de ma dégustation assidue des niniches, des plaisanteries échangées au goût plus ou moins sûr, des randonnées escarpées que je n’ai pas faites, de la vue imprenable sur les sommets enneigés et du merveilleux spectacle immaculé du 2 janvier à notre réveil.

Je t’embrasse.

Et soudain, j’ai un peu honte du peu de formes et d’application que je peux mettre à remercier. Car il ne s’agit que de cela, dire merci en des termes sincères et complimenteurs, et surtout en prenant son temps ! Autant dire qu’un texto n’y suffirait pas, quant au courriel… Ah ! Vaste débat.


Poster un commentaire

Un petit coup de blanco

Comment ?! Vous avez déjà renoncé à vos bonnes résolutions ?!

Ne vous culpabilisez pas davantage ! Plutôt que de mauvaises habitudes à remplacer par des bonnes, ce qui faut avouer n’est pas du tout aisé, voici ma liste de souhaits pour vous. Il faut mieux multiplier les projets, qui en prenant de l’ampleur, repousseront sans douleur les idées noires et les comportements parasites. Les souhaits sont préférables, puisque comme dit le proverbe  » L’espoir fait vivre  » tandis que la culpabilité (d’avoir renoncé bien trop vite) peut rendre las et amer… Alors n’oubliez pas :

– que la vie est une histoire à continuer, et non pas à recommencer…. C’est moins fastidieux même s’il y a des risques de malfaçons….

– de réaliser quelques-uns de vos rêves et d’en avoir d’autres en réserve pour avoir envie de se lever le matin…

– d’ouvrir le plus de portes possible et de les laisser ouvertes à ceux qui voudraient passer le pas avec vous…

– de prendre quelques risques par-ci, par-là, sinon on se perd de vue…

– de ne pas tergiverser tout le temps…

– d’aimer, et de chercher à découvrir s’il est mieux d’aimer ou d’être aimée…

– d’avoir le courage d’être heureux en s’avouant ses peurs, ses hontes, et ne pas être trop dur avec soi-même… nobody is perfect

– d’être le plus naturel possible…

– de ne pas s’imaginer des choses qui n’existent pas… mais de ne pas se priver d’imaginer tout ce que vous aimeriez…

– de ne pas oublier qu’on est ni ce qu’on ressent, ni ce qu’on dit, mais ce qu’on fait

– d’admettre que de mauvaises choses surviennent… admettre n’est pas accepter…

untitled

– de ne pas oublier que la moitié de sa vie est ce qu’on fait et l’autre avec qui on la fait

– de ne pas oublier d’avoir confiance en soi : vous êtes unique

– de ne pas oublier que vivre c’est savoir dire non

– se demander chaque matin comment vous allez tirer le meilleur profit de votre journée…

– qui vous êtes, et que votre personne ne se réduit ni à vos actions, ni à la vision des autres…

– de vivre la vie, concentrée et légère.

Je vous souhaite une année douce et pétillante à la fois !