La vie et rien d'autre

Tome 2


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Rencontres printanières

Me revoilà. Avec retard, mes lectures du printemps et dans mon escarcelle, plein de choses à lire sous le soleil de Toscane que je vous présenterai début septembre.

C’est un ami d’enfance, c’est un premier roman, un thriller qui met en scène avec talent notre ville natale, Tours. Maudite soit-elle de Vincent Desombre commence ainsi :  » Debout dans le silence de la nuit, l’homme regardait les informations télévisées. «  Et après vous ne voulez plus lâcher l’histoire avant de l’avoir finie !

 

La mort à deux visages, Nicolas Ménard. C’est un cousin qui écrit là son 2ème polar. Dans le 1er, l’action se passait en Sologne, et ici, nous nous retrouvons à Annecy pour nous arracher des griffes d’une secte.  » Elise Naudin venait de terminer la lecture du dernier ouvrage de Léopold Cuvier.  » Une intrigue complexe et époustouflante !

Sale temps, Sara Paretsky avec l’héroïne Vic Warshawski.  » Lacey Dowell reculait face à un ennemi qui demeurait invisible, serrant fort un crucifix contre sa fière poitrine blanche.  » Un scénario qui aurait été comme écrit pour le cinéma avec une écriture efficace mais qui ne laissent pas le temps de s’attacher aux personnages.

Shakespeare and Company, Sylvia Beach :  » Mon père, le révérend Sylvester Woodbridge Beach, D.D., fut, pendant dix-sept ans, le pasteur de la Première Eglise presbytérienne de Princeton (New-Jersey). «  Les souvenirs de la librairie parisienne éponyme (que si vous ne connaissez pas encore, c’est tant pis pour vous !) qui a vu passer James Joyce, André GidePaul Valéry, Jules Romains… Une narration vive, drôle et toute une époque culturelle en quelques pages…

 Doux repos à la librairie Shakespeare and co

A quoi rêvent les filles de Mindy Klasky :  » J’adore le théâtre.  » Un peu de chick-lit ,  » littérature de poulette  » littéralement, c’est-à-dire qu’en gros, l’effet de détente est immédiat et le souvenir peu persistant !

Unique dAlison Allen-Gray :  » Je suis tout en haut de la montagne, adossé à la roche, respirant l’air froid imprégné de l’odeur des moutons et de la senteur de la terre « . Mon fils Vincent a été scotché par ce livre, et à juste titre. Un très bon thriller jeunesse sur le clonage et l’identité, écrit avec finesse et avec des personnages très attachants ! 

Bonus de Laurent Chalumeau :  » Tout de suite, le jour où il était venu s’installer chez eux, un moment que Charlotte était à la cuisine, Fabrice avait dit à Romain,  » Sérieux ? ça te gêne pas que je suis pédé ? «  Des personnages déjantés, des actions qui partent en vrille, l’anti-polar où on se perd avec plaisir !

Si ma tante en avait de San Antonio :  » Je regarde tomber la pluie. «  C’était mon premier San Antonio, et le deal était que mon mari lise son 1er Jane Austen. Il a mis plus de temps à lire Orgueil et préjugés que moi à savourer les bons et jeux de mots d’un virtuose en la matière !

 

Bel été de lectures à vous ! 

 

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Grâce et beauté

J’ai récemment assisté à un ballet à l’Opéra Bastille. Je n’avais vu jusqu’ici que quelques  » spectacles dansés  » dont un Casse-Noisette adapté pour les enfants. C’est le seul dont je me souvienne à peu près. Mes connaissances sur la danse s’arrêtent au tutu et aux ballerines, et à toutes les choses que j’apprends grâce à une amie dont la fille, au collège, fait une filière danse-études. J’ai quelques rares noms et mots en tête cependant : Noureev, Carolyn Carlson, ballets russes, Opéra Garnier, petits rats, pointes, entrechats…

Je voulais pour un premier ballet quelque chose de classique, mais pas trop, enfin pour ce que j’en connaissais évidemment. Parce que cela correspondait à mes dates de séjour à Paris, j’ai opté pour La Bayadère, sans doute rassurée dans mon choix par le fait qu’il s’agissait d’une mise en scène de Noureev. Quand on n’y connait rien, n’est-ce pas, on se raccroche aux noms illustres.

C’est un plaisir de constater que quelques personnes encore s’endimanchent pour aller au spectacle : quelques robes habillées et bijoux discrets, maquillage et escarpins, cravates et costumes pour les messieurs. Tous les âges aussi sauf des très jeunes, et toutes les nationalités mais beaucoup de japonais. Une ouvreuse qui le parle très bien d’ailleurs, me guide jusqu’à ma place. Comme je ne sais plus toujours ce qui se fait et ce qui ne se fait plus, je lui demande si un pourboire est de mise. Mais non.

Assise confortablement au 5ème rang légèrement sur la gauche, je goûte l’ampleur moderne et élégante de la salle. Je constate avec ravissement et satisfaction qu’il y a un vrai orchestre dans la fosse qui est en train de faire grincer ses cordes en guise d’échauffement. J’en profite pour regarder la brochure du programme que m’a remise mon ouvreuse. J’avais oublié que la mise en scène était de Noureev, je me demande un moment s’il est mort ou vivant. Que Dieu me pardonne… Puis je lis qu’Aurélie Dupont est un des rôles principaux, et que je vais assister à une histoire d’amour (forcément un peu compliquée) orientale. Je lis aussi qu’il y a un maître de ballet, un livret et que nous verrons des élèves de l’Opéra national de Paris.

La brève introduction musicale vous met dans un état de béatitude et de réceptivité, un amuse-bouche en quelque sorte. Puis le rideau s’ouvre. La danse n’est pas seulement sérieuse et grave, elle peut aussi être malicieuse et enjouée : c’est ce que je découvre. Moments intimistes où les corps s’enlacent classiquement et scènes de fête de fiançailles où les danseurs surenréchissent dans la prouesse et l’amusement. Costumes chamarrés, décors superbes. De ci, de là, on voit quelques très extraordinairement jeunes danseuses et danseurs montraient leur talent acquis. Et les plus experimentés se prêtaient à des démonstrations époustouflantes. Tout paraît simple et ailé.

 

 

Des corps, c’est bien de l’art qui émerge. Celui qui parfaitement maîtrisé permet de se défaire des règles pour ne laisser que l’expression affleurer. De celui qui une fois dépassé vous permet de vous échapper des codes.

La danse des hommes est précise et plastique, celle des femmes aérienne et maîtrisée. On entend parfois le tapotement de leurs pointes sur le plateau. Quand elles s’élancent, on retient son souffle jusqu’à ce qu’elles touchent terre. Pirouettes fouettées, grands jetés, arabesques, tours en l’air… Je sais tout maintenant de ce qui se passe, juste au-dessus des planches. Dans un univers onirique, qui s’accentue avec le dernier tableau où le pays des ombres, fait de tutus blancs classiques et de pénombre, renoue avec le très grand classicisme. Aurélie Dupont est renversante de simplicité et de naturelle, sous lesquelles ni effort ni technique ne perce.

 

 

Au moment des salutations, la directrice de la danse nomme Ludmila Pagliero, danseuse étoile. La belle l’apprend en même temps que nous, et son bonheur est émouvant. Je crois même que quelques dames écrasent discrètement des larmes d’émotion dans leur mouchoir.

Trois actes de 45 minutes et deux entractes plus tard, je ressors ébahie et béate. Pour un peu je décollerai et  je ferai bien un ou deux entrechats, là sur le quai du métro.    

 


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Bonhommes d’hiver

Hibernation, vague-à-l’âme :  il est temps que le printemps arrive, je vous le dis ! Petite récolte d’hiver et quelques rencontres : 

Pour continuer avec Zweig, et après le Joueur d’échecs, donc, voir mon billet du 10 décembre, j’ai lu :      

Vingt-quatre heures de la vie d’une femme, Stefan Zweig.  » Dans la petite pension de la Riviera, où je me trouvais alors (dix ans avant la guerre), avait éclaté à notre table une violente discussion, qui brusquement menaça de tourner en altercation furieuse et fut même accompagnée de paroles haineuses et injurieuses.  » 
Si je n’avais pas lu celui qui suit, je garderai une impression mitigée : portrait de joueur, portrait de femme, addictions des deux côtés, mais bizarrement je ne trouve pas que la passion explose dans la page.

La confusion des sentiments, Stefan Zweig.  » Ils ont eu une exquise attention, mes élèves et collègues de la Faculté : voici, précieusement relié et solennellement apporté, le premier exemplaire de ce livre d’hommage qu’à l’occasion de mon soixantième anniversaire et du trentième de mon professorat les philologues m’ont consacré « .
Dans un livre ce qui compte, c’est ce qui n’est pas dit : Never explain, never complain, juste le mystère de l’âme humaine. Là rien n’est dit, tout est intenable et tient dans un souffle. Puissance discrète.

Guide de l’incendiaire des maisons d’écrivains en Nouvelle-Angleterre, de Brock Clarke,  » Moi, Sam Pulsifer, je suis l’homme qui a accidentellement réduit en cendres la maison d’Emily Dickinson à Amherst et qui, ce faisant, a tué deux personnes, crime pour lequel j’ai passé dix ans en prison. « 
Parfois, j’achète les livres parce que j’aime bien les titres… Histoire bizarre, mais dont le message me semble toujours obscur. Peut-être juste une histoire bizarre…?

Le musée perdu, Steve Berry.  » Tous les prisonniers l’appellaient Ourho, l’ « Oreille « , parce qu’il était le seul Russe du baraquement 8 à parler l’allemand. « 
Un roman d’aventure haletant mais très convenu, bourré de clichés. Les scènes de sexe sont à mourir de rire.
On dirait que l’auteur a tenté d’écrire un livre pour un mauvais film.

Trip XIXème siècle : que je vous explique, quand je ne suis pas en forme, que j’attends le printemps, vous avez toutes les chances de me trouver du côté du 2nd Empire ou dans les environs… 

Mystère rue des Saints-Pères, Claude Izner.  » Des nuées d’orage couraient au-dessus de la steppe coincée entre les fortifications et la gare de marchandises des Batignolles. « 
Si vous ne connaissez pas les aventures du libraire Victor Legris, écrite par deux soeurs, et qui à pour cadre le Paris de la fin du XIXème, et bien c’est dommage. Bien écrit, distrayant et documenté, un plaisir de lecteur.   

Dorchester Terrace, Anne Perry :  » On était à la mi-février et il commençait à faire nuit. « 
Mon rendez-vous récurrent à moi, ma petite consolation, des personnages connus, des situations connues -bien qu’assez renouvelées cette fois-, bref, la force de l’habitude. On s’y glisse comme dans un chausson, enfin un slipper, of course !

 

La vie extraordinaire de Mrs Tennant : Grande figure de l’ère victorienne, de David Waller.  » Mrs C. T., qui avait épousé le petit-fils de l’héroïne de ce livre, savait que je m’intéressais depuis longtemps aux ouvrages de l’époque victorienne installés sur les étagères de sa ferme. « 
Un bonheur d’historien chercheur, une belle biographie de l’ère victorienne d’une femme qui tint salon et rencontra Flaubert, entre autres. Très bonne et riche reconstitution historique, dans le respect des sources. Très beau travail de recherche. Très recommandé !