La vie et rien d'autre

Tome 2


8 Commentaires

Les bêcheurs d’étoiles

A peine revenus d’Espagne et déjà repartis en Vendée pour deux nuits et une aurore à observer les étoiles et une matinée pour le soleil… Des conditions météorologiques plutôt bonnes auxquelles on s’adapte, souplesse facilitée par l’installation sur place sous les tentes, ce qui permet des réveils nocturnes au hasard de la danse des nuages…

Trou noir, exoplanète, Big bang, astéroïde, pulsar, chat mort-vivant, Egypte pharaonique, Cassiopée, étoile polaire, lunette ou télescope, révolution copernicienne, Newton, Voyager et Galiléo, amas globulaire, tâches solaires, comète, étoile filante, soleil, mécanique des fluides, clair de terre et table analématique, année de lumière…

De l’observatoire à la salle multimédia, Olivier officie, la tête toujours levée, vers l’écran de projection ou le ciel ! Et si vous êtes sages, peut-être vous dira-t-il pourquoi son association s’appelle ainsi, Les bêcheurs d’étoiles ?…

 2011-09-07 blog

Et puis vous repartirez avec l’infiniment grand dans les yeux et l’infiniment petit dans la tête, à moins que ce ne soit l’inverse, parce qu’après deux jours passés avec Olivier, aux multiples talents, on sait tout et on n’est plus sûr de rien !


8 Commentaires

¡ Viva España !

Avant de traverser les Pyrénées, nous avons dormi dans le pays basque français. Séduits par les amples collines vertes, les élégantes maisons et la chistera, cette étape nous a donné l’envie d’y consacrer, une autre fois, un séjour plus long. Les habitants y sont très accueillants et volontiers moqueurs quand les touristes s’escriment à prononcer des mots aux multiples x, qui se disent , en fait,  » ch « . Ainsi, ici, c’est AleCHandraToday qui vous parle… 

 DSC_0001

DSC_0030DSC_0036

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

Puis, on entre en Espagne un peu surpris de devoir traverser de vastes espaces déserts pour atteindre la capitale. Madrid n’est pas une ville spectaculaire comme Rome ou New-York. Madrid m’a rappelé Paris en plus rococo et plus chaud. Madrid boit ses cafés en terrasse et danse et chante le flamenco. La langue espagnole va vite et chuinte tandis que l’espagnol est nonchalant et vit tard le matin et tard le soir.

Les trois musées d’art madrilènes sont un régal, mais mériteraient bien plus qu’une visite. Juste le temps pour nous de s’émerveiller du classicisme insolite d’un Vélasquez, de la puissance d’expression d’un Picasso et de l’émotion intime d’un Goya…

Récemment mis à jour1

Dans la Tolède aux trois cultures, chrétienne, juive et musulmane, nous avons déambulé, dès potron minet,  après avoir trempé nos churros dans des chocolats épais, épais, épais… et admiré dans un cloître, des vraies oranges sur un oranger.

Nous avons arpenté aussi les longs corridors de l’Escorial, entrant ainsi de plain-pied dans l’histoire de l’Espagne, les tombeaux des rois, reines et infants, pour arriver dans la belle bibliothèque aux 40 000 ouvrages anciens et rares.

Sept jours plus tard, alourdis de culture et de chaleur – malgré la promenade au parc du Retrato et la fréquentation assidue de l’ombre -, nous partons nous mettre au frais. Il paraît, nous ont promis de mauvais augures, que la Galice est du même tonneau météorologique que Nantes. Mais nous n’allons pas sur la côte, nous allons dans les petites montagnes de l’intérieur des terres. Les mêmes délicieux augures nous ont appris que c’était une région reculée, arriérée, morne. Et nous arrivons dans un espace semi-montagneux, à l’habitat pauvre et dispersé.  Nous roulons en haut de montagnes vertes et redescendons vers le río Sil, nous montons et redescendons parmi les champs bordés de vieux murs en pierre ancestraux, de châtaigniers centenaires à foison et des ceps de vigne très à flanc de coteaux.

Espagne2011

Il a fait une moyenne de 35° tous les jours agrémenté d’un petit vent léger. La siesta est une nécessité, lire et écrire sous la tonnelle un plaisir tous les jours renouvelés. Les visites patrimoniales se font rares, parce que loin et mal signalés. Nous cherchons un monastère référencé dans les guides et  trouvons par hasard celui de Santa Catarina, une perle romane solitaire : se perdre a du bon.

DSC_0183DSC_0189-1

Le matin prendre son petit-déjeuner à la fraîche sous la tonnelle des raisins qui mûrissent, en observant les nappes de brume peu à peu dévoiler le versant d’en face, dans le calme matinal quel plaisir ! Une matinée, où la couverture brumeuse était particulièrement dense, mon marido, poète à ses heures, me dit qu’il avait fait tellement chaud la veille que le lac s’était évaporé et était maintenant dans le ciel… Et la brume, de fait, commença à ne se dissiper que vers une heure de l’après-midi…

DSC_0202

De passage à Orense, nous trouvons par bonheur la vieille ville et parcourons les ruelles piétonnes, une plaza Mayor de plus, ainsi que quelques retables fort kitsch. Et s’il fallait encore plus de chaleur, alors que nous regagnons nos montagnes, deux incendies dans les banlieues de la ville font rage et détruiront  120 hectares de végétation.

 Récemment mis à jour2

Nous avons clos notre périple dans le pays basque espagnol à Bilbao, ville chaleureuse, vivante autour du  río Nervión et de son excentrique musée Guggenheim, forte de son identité traditionnelle et forte de son modernisme aussi, sans doute assez emblèmatique d’une Espagne, terre de contrastes, à n’en pas douter.

 

 Creative Commons License


11 Commentaires

Les vivants et les morts

Deux jeunes Rémoises nous alpaguent de leur fenêtre alors que nous passons dans leur rue en touristes contents mais fourbus : elles s’étonnent qu’on puisse venir dans leur ville en vacances….
Et pourtant, du Nooorddd, je n’ai pas attendu Dany Boon, pour en avoir de merveilleux souvenirs. J’ai vécu six mois à Lille par obligation, et comme les personnages de Bienvenue chez les Ch’tis, j’ai pleuré en y allant (Il faut dire que je venais de rencontrer M. Today) et j’ai pleuré en en repartant. Ce n’est pas peu dire d’affirmer que les habitants du Nord sont accueillants… Avec M. Today, qui me rejoignait les week-ends, outre les passages en Belgique (Bruxelles, Bruges…), nous avions tant aimé Lille, le Boulonnais, Lewarde, l’Avesnois… N’en déplaise aux chanteurs, le Nord, ce n’est pas que terrains vagues et corons…
Et il a fait bien plus beau là-bas qu’ici : vous verriez mon hâle !

Alors, cette fois-ci, nous voulions aller voir les sites de la Première guerre mondiale. A Péronne, nous avons commencé avec le Mémorial qui présente en parallèle des objets allemands, français et anglais. Puis, une autrement belle visite nous attendait sur le Chemin des Dames avec la visite de la Caverne du Dragon par une guide, Pauline, passionnée et passionnante, avant une promenade sur le Plateau de Californie, aujourd’hui reboisé mais dont le relief garde encore les traces des combats : cratères d’obus et de mines, tranchées en zigzag… Puis, nous avons laissé les batailles de la Marne pour celles de l’Argonne, en nous dirigeant vers Verdun et sa citadelle souterraine, son cimetière militaire américain de 14246 croix, son fort de Douaumont, ses villages rayés de la carte…
2011_05_06_1_reGM_mai_20111

Depuis le 4 mai, tous les vétérans de cette terrible guerre sont morts, et il ne faut pas laisser aux seuls soins des historiens, que nos enfants se souviennent… Même si vainqueurs ou vaincus, une guerre est d’abord une défaite.

Notre fatigue de pélerins trouva heureusement son hâvre de paix à la Ferme Lafayette où accueil flamand, dîner réconfortant et ravissantes chambres nous ont charmé, pendant que nos yeux se reposaient face aux amples et champêtres paysages de la Meuse.

2011_05_06_1_reGM_mai_20112

Nous avons fait aussi quelques digressions pour aller admirer la cathédrale de Reims qui a vu Clovis, Charles VII et Jeanne d’Arc et où se côtoient vitraux classiques et ceux de Chagall, et pour admirer du bout des papilles les 21 millions de bouteilles entreposées dans les crayères des champagnes Vranken-Pommery. Et une bulle menant à une autre, nous avons échoué au Musée européen de la Bière, extraordinairement complet et pédagogique.

2011_05_06_1_reGM_mai_2011
En haut Marc Chagall à Reims, en bas René Dürbach à Charleville-Mézières

Et d’ ivresse en sensations, nous avons poussé jusqu’à Charleville-Mézières où la maison et le musée de Rimbaud nous ont ému, avant d’aller admirer la place ducale et s’ébaubir devant les étincelants vitraux surréalistes de la basilique gothique, et pour, finalement, continuer à croire au talent de l’Homme… 

 

 Creative Commons License