La vie et rien d'autre

Tome 2


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Ce qui me pousse

Ce qui m’empêche de dormir en ce moment, c’est d’avoir lu Sénèque un jour et d’en avoir retenu que  » A force de remettre à plus tard, la vie nous dépasse. »

C’est ce qui m’occupe l’esprit en ce moment et depuis déjà un certain temps. Je sais qu’on dit qu’il faut se féliciter du chemin parcouru, mais ce qui m’attire, moi, c’est ce que je vais faire demain. Je pense à demain souvent. J’ai du mal me lever si je n’ai pas une bonne raison, si à l’horizon de la route que je vais prendre rien de nouveau ne se profile. Je n’aime pas être sans projet, je n’aime pas l’immobilisme, les choses décidées une fois pour toutes, les certitudes.

Ce qui est étrange et merveilleux, c’est que j’ai changé. Je pensais être celle faite pour s’occuper de sa maison, se dévouer à sa famille et avoir un métier qui permette de s’offrir un peu de superflu en plus du nécessaire. Mais je ne suis pas seulement cette femme-là.

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J’adore ma maison mais elle n’est pas le refuge que j’avais en tête ou elle ne devrait pas l’être, car elle doit être un port où il fait bon faire escale et reprendre des forces pour d’autres itinéraires. Une maison est un tremplin.

J’adore ma famille (est-il besoin de le dire ?) mais accompagner mon mari et élever des enfants ne me suffit pas. Et cela ne consiste pas seulement à se réserver quelques heures pour moi. Ce à quoi j’aspire, c’est à continuer à me construire.

Ce qui me fait peur, c’est cela. C’est de vivre par procuration, à travers les autres, mon supérieur hiérarchique, mon mari, mes parents, mes enfants et oublier qui j’étais à l’origine.

La vie passe comme dans un rêve, un rêve avec ses drames certes, mais un fil continu que rien n’arrête et qu’il me semble tricoter à peine. Nous avons notre maison, des boulots qui nous mettent à l’abri du besoin, des départs en voyage, deux fils qui grandissent. La vie me dépasse ces derniers temps par paresse, par manque de confiance, par frilosité, c’est tellement dur de changer, d’aller vers qui on est.

La manière dont on choisit de se voir restreint qui on peut devenir. Sortir de notre bocal est enrichissant. Parce qu’on a plus d’aptitude qu’on ne le pense. Parce qu’on a en nous les moyens pour faire ce qu’on n’a jamais fait. Parce que parfois, on peut même se surprendre soi-même.

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Etre ou ne pas être résolue…

En ces quelques journées précédant la nouvelle année, faut-il ou non prendre des résolutions – forcément bonnes de préférence… – sachant qu’elles sont généralement faites pour ne pas être suivies ?

Je dirais oui cependant, parce que c’est un peu comme trier ces affaires et ranger sa maison, cela permet de faire le vide et de ne garder que les aspects utiles et bénéfiques… Cela autorise à laisser les faits négatifs, les échecs, les erreurs derrière soi.

Nous avons tous des valises que nous traînons, qui sont aussi bien matérielles que morales.

Alors, trier, jeter, faites le vide: vêtements jamais portés, bibelots cassés, livres aussitôt lus et oubliés… puis pardonnez-vous les gaffes, les impolitesses, les faiblesses dont vous avez été l’actrice, tendez à être meilleure (car les erreurs servent à ça, n’est-ce pas) et A-VAN-CEZ !

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