La vie et rien d'autre

Tome 2


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Travailler et être mère au foyer…

Je ne pense pas qu’il faille opposer les deux. Ce n’est pas parce que je travaille à temps (très) plein que je ne remplis pas mes tâches au foyer et auprès de mes enfants. J’ai renoncé depuis longtemps à l’idéal de la femme, épouse, et mère parfaite : trouver un équilibre pour rendre son entourage heureux est un exercice quotidien !

Travailler, c’est s’épanouir dans un domaine qui nous plaît, et faire profiter de cette ouverture son conjoint et ses enfants. C’est montrer à ces derniers ce qui nous anime, que l’on peut avoir une passion et un goût pour être utile. C’est aussi se faire des relations et occuper une certaine place dans la société, place que j’espère utile en ce qui me concerne.

C’est aussi ramener un salaire à la maison et se permettre d’acheter pas seulement le nécessaire mais aussi le superflu ; c’est le convertir en voyages, en loisirs, en livres pour les enfants et nous. C’est me dire que je serai indépendante si un jour je me retrouvais seule, expérience que j’ai frôlée quand mon mari a manqué mourir il y quatre ans. Il ne suffit pas d’un divorce pour se retrouver seule.

Et c’est s’assurer retraite ou économies ou rente ou biens immobiliers pour plus tard ou pour les coups durs.

Ce n’est pas parce que l’on travaille que l’on n’élève pas ses enfants ! Quand je suis présente à la maison, je le suis vraiment et ce ne sont pas les enseignants qui ont appris à mes garçons à avoir bon caractère, à être polis et à réfléchir un peu à la vie. S’ils deviennent de bonnes personnes, ce sera, en partie, grâce à nous, leurs parents.

Les enfants ont besoin d’avoir d’autres regards dans leur vie que leurs parents. Nous sommes là pour leur donner des racines, mais aussi des ailes. Quoi de plus étouffante qu’une mère qui joue à la parfaite, qui se noie dans un verre d’eau, qui s’ennuie. Il est difficile de donner un sens à une journée ponctuée de ménage, de préparation de repas et de rangement. Mais la journée d’une femme au foyer ne se réduit pas heureusement qu’à cela. Si on arrive à se dégager du temps, faire du sport, s’engager dans une association, s’adonner à une passion créative, permet tout comme le travail de s’épanouir et de créer un tissu social riche. Activités auxquelles j’arrive à m’adonner, même imparfaitement, malgré une vie professionnelle et familiale par ailleurs bien remplie.

Il n’y a pas d’opposition, ni de culpabilité à ressentir, ni de jugement à porter : il y a juste à savoir comment on souhaite construire sa vie. Et il ne s’agit pas là de priorités : il est évident que ce n’est pas parce que je travaille que mes enfants ne sont pas ma priorité. Mais est-ce que cela ne va pas de soi ? 

Bien sûr il serait agréable de pouvoir de temps en temps s’arrêter de travailler, à salaire égal et avec la garantie de retrouver son poste à son retour. Mais il ne faut quand même pas demander la lune ! Et je trouverai assez normal que partant, par exemple 3 ans, quelqu’un d’autre en profite pour avoir du travail ! On ne peut pas tout avoir, grandir c’est accepter de devoir faire des choix. N’est-ce pas ce que l’on doit aussi apprendre à nos enfants ?

Aujourd’hui, à 40 ans, avec l’impossibilité de changer de travail et pas de possibilité d’évoluer facilement, il est évident que je m’épanouirai davantage chez moi. Il y a plein de choses qu’il me semble urgent de réaliser, le temps passe ! Mais les conditions ne sont pas requises, et il est impossible de renoncer à un salaire maintenant.

Il n’y pas de solution parfaite : j’ai connu une femme qui a connu l’époque où travaillant, elle n’avait pas droit de signer un chèque sans l’accord de son mari, qui en a bien profité : elle a divorcé ; une autre qui a élevé plus de 10 enfants avec aisance matérielle et domesticité ; une autre qui a travaillé, s’est retrouvé veuve puis a renoncé à travailler à la demande de son 2ème époux parce que c’était  » plus facile « , puis ils ont divorcé si bien que son niveau de vie n’a évidemment plus été le même ; une autre qui a trimé toute sa vie comme fille de ferme puis ouvrière tout en élevant ses enfants ; elle bénéficie aujourd’hui d’une retraite et d’une partie de celle de son mari, et a un niveau de vie qui lui convient.

Je pense tout simplement que ce qui est bon pour moi, et bon pour mes enfants, et que le meilleur exemple qu’on puisse leur donner est celui d’une femme en accord avec elle-même.

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Je ne suis pas fonctionnaire : je suis documentaliste !

Je ne suis pas fonctionnaire : je suis documentaliste ! J’ai un statut de chargée d’études documentaires et je fais partie de la fonction publique. Et alors ? J’ai la sécurité de l’emploi ? Oui. Et alors ? Est-ce que cela m’empêche de bien travailler, d’avoir une conscience professionnelle, d’avoir le goût du service public et de travailler souvent 10 heures par jour ? Non.

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Et je ne crois pas que craindre de se faire licencier vous force à mieux travailler. Pour donner le meilleur de soi, un esprit serein, c’est bien aussi.
Et je ne travaillle pas de manière satisfaisante tous les jours ? Bien sûr. Qui le fait ? J’ai mes moments d’échecs et d’apprentissage. Comme tout le monde. Alors cessons de stigmatiser les fonctionnaires, et d’en parler comme un grand tout, mou et anonyme.

Et dénonçons franchement ceux qui sous couvert d’introduire une vraie gestion des ressources humaines dans la fonction publique, cherchent à faire des économies, sans savoir même de qui ils parlent. Aucun état de l’existant n’a été fait, aucune enquête sur les besoins non plus.
Et lisez le récent rapport Gestion des finances publiques et des ressources humaines du député UMP (eh oui !) Gilles Carrez. C’est réconfortant de se dire que même dans l’autre camp, il y en a qui sont lucides.

Deux fois par semaine, les tonnes de déchets que ma famille produit, sont vidées par les éboueurs, mon mari a été sauvé par des pompiers et la SAMU, le même mari qui se décarcasse en lycée professionnel pour donner une chance à des élèves rejetés du système général, nos passeports nous ont été délivrés par une charmante secrétaire territoriale, mon fils aîné s’est fait faire un bilan médical sportif par un médecin hospitalier, une de mes meilleures amies est attachée territoriale et se bat pour coordonner les actions sociales à Nantes, et mon facteur vient de me livrer un cadeau d’anniversaire.
J’ai pour membres de ma famille et amis des serviteurs de l’Etat et des collectivités territoriales qui font un boulot exceptionnel, avec foi et conscience.
Et pourtant pour certains, les moyens en personnel sont insuffisants, les formations indigentes, le salaire pauvre et la reconnaissance muette.

Oui, il faut des réformes, et les syndicats de fonctionnaires l’admettent aussi, mais pas à la hache. La justification de notre travail ne doit pas se réduire à un slogan : un fonctionnaire sur deux, ça suffit !

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