La vie et rien d'autre

Tome 2


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Beatrix Potter

Tout comme il y a Cadichon dans le pré d’à côté, il y a aussi peut-être Mme Piquedru dans votre jardin qui en mangera les escargots avant qu’ils ne dévorent vos salades et Madame Trotte-Menu qui grignotera, si vous n’y prenez pas garde, les provisions de votre cellier. Monsieur Pierre Lapin, quant à lui, secondé de la famille Flopsaut au grand complet, fera un sort à vos carottes. Il n’y a guère que Jérémie Pêche-à-la-Ligne qui vous laissera tranquille.

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Il y a une fillette, puis une jeune femme, l’aînée d’une famille bourgeoise londonienne de la fin du XIXème siècle, qui échappa aux contraintes victoriennes de son époque, et dont l’imagination et le sens de l’observation ainsi que le don d’aquarelliste furent sans doute sa porte de liberté.

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Beatrix Potter à 15 ans, photographie prise par son père.

Elle commença fort scientifiquement en épiant et peignant les… champignons dont elle découvrit le système de reproduction, trouvaille scientifique qu’elle présenta à une assemblée de vieux barbons qui ne lui prêtèrent pas foi.

Puis elle observa les animaux et toujours armée de son oeil aiguisé et de son pinceau rejoignit l’équipe des artistes et des amoureux de la nature. Sa maison de Hill Top est un enchantement, et si cette région le reste, c’est en grande part grâce à elle qui acheta de nombreuses terres pour les protéger de l’industrie et du tourisme.

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Vue au dessus de Hill Top et Sawrey, 1905. Crédit : http://www.peterrabbit.com/fr/ 

En léguant 16 km2 et 14 fermes au National Trust, elle contribua ainsi à préserver le Lake District pour les générations futures.

BIBLIOGRAPHIE

Miss Charity, Marie-Aude Murail, L’Ecole des Loisirs, 2009. Biographie réinventée balançant divinement entre réalité et imagination.

Beaucoup de biographies et d’études sont en langue anglaise.

FILMOGRAPHIE

Miss Potter, Chris Noonan, 2006 avec Renée Zellweger, Emily Watson, Ewan McGregor… Biographie romancée, certes, mais excellente reconstitution d’époque !

Adaptations en dessins animés. Disponibles en DVD : le générique est un régal… ainsi que les dessins animés !

SITE

Le site de Peter Rabbit. Très complet et très beau ; plein d’activités en ligne pour les enfants

   

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La Comtesse de Ségur

Lire les livres de la Comtesse de Ségur, c’est assister à une pièce de théâtre et rentrer dans un monde vivant.

Lire la Comtesse de Ségur, c’est sucer un bonbon sucré mais très acidulé aussi !

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Huile sur toile par Gaston de Ségur, vers 1840. (détail). Collection particulière.

Lire la Comtesse de Ségur, c’est aimer prendre le risque de se faire mal et d’égratigner les bons sentiments à coups de martinet.

Qui n’a pas un souvenir de L’Auberge de l’Ange gardien et des redoutables emportements du Général Dourakine ? Des petites filles modèles Camille et Madeleine de Fleurville et des cheveux frisés de Sophie sous la gouttière ? Qui n’a jamais surnommé l’âne du pré d’à-côté Cadichon ? Qui n’a pas ri et tremblé aux frasques du Bon petit diable ? Et qui n’a pas souhaité La fortune de Gaspard ?

Si un jour, vous allez du côté de la Normandie, allez rêvasser à votre enfance du côté des Nouettes et arrêtez-vous au petit Musée d’Aube, pour renouer avec elle encore une fois. Comme Sophie Rostopchine, après une enfance terrifiante et solitaire, donnez une autre chance à vos souvenirs et relisez ses histoires où morale et cruauté, énergie et violence cohabitent dans les pages.

Et remercions-la encore d’avoir donné naissance, grâce à sa force vitale et à son écriture, à un 19ème siècle qui retient son souffle et qui se meut, à un monde normalement habité de forces obscures et de besoins de rachat, qui cohabite entre anges et démons à grands coups de pinceaux.

Bibliographie

  • La Comtesse de Ségur ou l’enfance de l’art, Claudine Beaussant, Robert Laffont, 1988.
  • Une biographie qui donne la parole à la Comtesse : agréable moment imaginaire.

  • La Comtesse de Ségur née Rostopchine, Ghislain de Diesbach, Perrin, 1999.
  • Ecriture élégante et finesse de l’analyse.

  • Comtesse de Ségur née Rostopchine, Hortense Dufour, Flammarion, 1990.
  • LA biographie : très complète, très documentée, très bien écrite.

  • Le petit monde de la Comtesse de Ségur, François Bluche, Hachette, 1988.
  • Un historien qui retombe en enfance mais sans oublier de nous donner le contexte.

  • La Comtesse de Ségur ou le bonheur immobile, Francis Marcoin, Artois Presses Université, 1999.
  • Une approche littéraire, linguistique, psychologique : il faut s’accrocher mais on est récompensé !

  • La Comtesse de Ségur, Europe (revue littéraire mensuelle), juin-juillet 2005.
  • Des articles pointus pour aller au fond des choses : un régal !

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Elizabeth Gaskell

Elizabeth Gaskell est une chroniqueuse des petites villes anglaises de province ce qui ne la différencie pas tant que cela de Jane Austen. Cependant son style est beaucoup plus simple et son observation moins ironique bien que non exempte d’humour ; on sent la narratrice attachée à ses personnages bien qu’elle occupe une position en retrait, beaucoup moins  » impliqué  » que chez Jane Austen. En revanche, les classes sociales qu’elles observent sont plus variées et Elizabeth Gaskell montre assez bien comment elles fonctionnent ensemble. Bien que ses romans aient aussi pour trames de fond des histoires d’amour, elle met aussi en avant les avancés techniques, morales et sociales de son époque, la 1ère moittié du XIXème siècle, très consciente que beaucoup de progrès et de bouleversements des mentalités sont en cours.

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North and South est le roman des manufacturiers ; il est très intéressant car il montre cette période charnière du XIXème siècle où les activités économiques anciennes sont en prise avec celles plus récentes des filatures du coton, où les consciences sociales se réveillent et où la notion de classes se fait jour, et avec elle la nécessité d’apprendre à dialoguer. Postérieure à Jane Austen, on y voit aussi une société amenée à contracter des mariages plus mixés en matière sociale.

Cranford est vraiment la chronique par excellence : petites histoires de petites personnes d’un petit village, petites touches de la vie de province. Ces morceaux de vie bien que courts et au premier abord déconnectées les unes des autres ont cependant beaucoup de charme et finalement une certain cohésion. Ici, l’arrivée du chemin de fer, les grands propriétaires terriens mis à mal et les progrès de la médecine sont des thématiques présentées qui montrent aussi le XIXème siècle en marche.

Wives and daughters est plus achevé, je trouve, au niveau de l’écriture. Il y est question des vieilles familles désargentées, des grandes familles plus récentes et plus argentés, des avancées scientifiques particulièrement en sciences naturelles et encore en médecine. 

Filmographie
(Je ne parle ici que des films traduits ou sous-titrés, mon anglais n’étant pas assez pointu pour apprécier en détail les versions originales).

Wives and daughters.

North and South.

Ces deux adaptations rendent hommage aux livres : elles sont classiques mais agréables.

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