La vie et rien d'autre

Tome 2


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Merchant’s House à New-York

A quelques pas de Washington Square, Merchant’s House est une élégante maison classique qui a appartenu à la famille d’un marchand new-yorkais, importateur de quincaillerie. Construite en 1837, son architecture est dite de style fédéral tardif, mais c’est le style postérieur appelé Greek Revival, qui a présidé à la décoration intérieure.

La façade est de briques rouges et de marbre blanc et un petit portillon ouvre sur un escalier menant au sous-sol vers le quartier des domestiques. la porte d’entrée est encadrée de très jolies petites colonnes et surmontées d’une imposte finement sculptée.

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Tout comme le Musée Nissim de Camondo, ses aménagements intérieurs et extérieurs n’ont pas bougé depuis la mort de la dernière propriétaire. Comme son nom l’indique, elle a été la maison d’une famille de marchands prospères pendant plus de 100 ans. 

Au moment de sa construction, elle a bénéficié de tous les aménagements modernes dont l’éclairage au gaz avec de très belles lampes et un très beau système de cloche pour appeler les quatre domestiques à demeure.

Trois étages sont visitables, du quartier des domestiques au sous-sol avec une très belle cuisine et les deux étages présentant les salons et les chambres. Les meubles et les objets décoratifs sont de très belle facture et témoignent de la vie aisée de la famille Tredwell.   

Les plus émouvants sont bien sûr les objets familiaux et particulièrement les nombreux articles féminins (Chapeaux, châles, sous-vêtements, robes…) puisque Seabury and Eliza Tredwell eurent 8 enfants dont 6 filles !

Passez la porte et vous resterez fascinés par cette ambiance new-yorkaise du XIXème siècle ! Remontée dans le temps garantie !

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5 Commentaires

Jane Austen

Certes Jane Austen a vécu plus à la fin du XVIIIème siècle qu’au XIXème, mais son écriture est celle d’une femme moderne dont les observations n’ont pas d’âge et qui précède d’autres grandes femmes écrivaines du XIXème siècle.

Vous allez dire encore une fan fleur bleue et niaise de Jane Austen !… Effectivement, j’ai commencé à aimer ces romans pour les mauvaises raisons : d’ailleurs ai-je commencé par ses livres ? Je ne m’en souviens plus, mais il est bien possible que j’ai commencé par voir une des adaptations télévisées de la BBC et que j’ai mordu ensuite à l’hameçon.

Mais, mon intérêt pour Jane Austen ne s’est heureusement pas arrêté là : d’ailleurs les adaptations cinématographiques rendent piètrement l’univers de Jane Austen (hormis Emma peut-être), et même s’il en va un peu mieux pour les adaptations télévisées, le secret autour duquel tournent les histoires de Jane Austen n’est et ne peut se trouver dans un film. Ou alors peut-être eut-il fallu que ce soit James Ivory qui les ait tournés, car il est le maître du cinéma du XIXème siècle, il a compris et intégré tous les codes sociaux de l’époque, toute la retenue des sentiments et toute la violence sociale. Car les romans de Jane Austen ne sont pas que de belles histoires d’amour, celles-ci n’en sont que le motif, comme celle d’une broderie, mais toute le trame, tout le tissé sont infiniment plus subtils et discrets.

Et, il faut les avoir lus plusieurs fois, pour entendre enfin la voix de l’auteur, et non plus seulement la brillante narration, l’humour sarcastique, les portraits sur le vif. Jane Austen fait entrer ses lecteurs dans son univers sans aucun filtre, ni paravent, elle ne juge pas, elle observe et rend à la perfection des caractères universels : c’est ce qui fait les grands écrivains.

Bibliographie

Analyses

 

  • Le Mal absolu : au coeur du roman du dix-neuvième siècle, Première partie : De Jane Austen à Edgar Poe, Pietro Citati, L’Arpenteur, 2000

L’analyse la plus fine, la plus subtile qui soit : Pietro Citati vous fait partager ce qu’il y a derrière les histoires de Jane Austen et vous fait entendre sa petite voix.

  • Oeuvres romanesques complètes, tome 1 : Introduction de Pierre Goubert, La Pléiade, 2000

Analyse que je trouve personnellement très  » vieille école littéraire », surtout après avoir lu celle de Pierre Citati…

  • Pride and prejudice : le roman de Jane Austen et le film de Joe Wright, sous la direction de Laurent Bury et Dominique Sipière, Ellipses, 2006

Analyses littéraires et cinématographique (certaines contributions sont en anglais) très pointues, mais enrichissantes. Un tableau (p. 95) expose, de manière très efficace, la typologie des tempéraments chez les héroïne et les anti-héroïnes des romans de Jane Austen : captivant.

Biographies

  • Un portrait de Jane Austen, David Cecil, Payot, 1979

Biographie écrite par un aristocrate anglais qui a gardé la sensibilité de l’époque de Jane Austen et de celle de sa classe. Il ne tombe pas dans l’erreur d’exposer avec une sensibilité contemporaine la vie d’une jeune femme née au XVIIIème siècle et morte au XIXème siècle.

  • Jane Austen, Carol Shields, Fides, 2001

  • Jane Austen, Passions discrètes, Claire Tomalin, Autrement, 1997

Deux biographies classiques, qui permettent de s’approprier les évènements de la vie de Jane Austen et qui se complètent. Avec une bonne plume romanesque au bénéfice de Claire Tomalin.

  • Lettres illustrées de Jane Austen, choisies et commentées par Penelope Hugues-Hallett, Herscher, 1994

Correspondance de Jane Austen avec sa soeur Cassandra. On regrette évidemment qu’il en reste si peu, et que ce soit sans doute les plus  » littérairement correctes « , les autres n’ayant pas échappé à la destruction par excès de pudeur. La lecture est merveilleuse de causticité et de vivacité, et un peu frustrante aussi : on sent qu’il manque un autre aspect de sa personnalité. Le côté noir ?

  • Les nombreux mondes de Jane Austen, Isabelle Ballester, Les moutons électriques éditeur, 2009

Présentation du contexte politique, militaire et religieux parallèlement aux chronologies reconstituées des personnages des romans de Jane Austen. Le procédé de faire se croiser personnages fictifs et personnages réels est un peu puéril, mais les informations historiques sont intéressantes, puisqu’ en grande partie, elles sont absentes des romans de Jane Austen.

 

Filmographie

(Je ne parle ici que des films traduits ou sous-titrés, mon anglais n’étant pas assez pointu pour apprécier en détail les versions originales).

Adaptations télévisuelles

  • Mansfield Park, 2007

Je crois que cette adaptation n’a pas su trouver la voix de Jane Austen derrière les mots si bien que cela manque de souffle…

  • Persuasion, 1996

Acteurs peu convaincants, tout est trop plaqué… Et prendre des libertés avec le texte littéraire est tout à fait le bienvenu, si cela reste cohérent avec l’oeuvre ; en l’occurence, la fin est anachronique et assez pathétique.

  • Raison et sentiments, 1996

Très belle adaptation. Les actrices ont l’âge de leur rôle et ça se sent. Il y a la même vibration que celle du livre, et l’époque est présente avec ses enjeux sociaux très bien dépeints.

  • Orgueil et préjugés, 1996

Adaptation classique et attendue, un peu trop par rapport à la précédente, mais qui ne peut que combler les fans de la version littéraire. Manque de passion cependant, pas seulement dans l’histoire adaptée mais aussi dans la manière dont le cinéaste s’est emparé de l’oeuvre.

  • Northanger Abbey, 2007

Jolie adaptation cohérente et fraîche comme l’actrice principale d’ailleurs, Felicity Jones, tout à fait dans le ton.

  • Emma, 1996

Adaptation réaliste et tout à fait vraisemblable bien qu’il manque peut-être un peu du piquant du personnage d’Emma.

Adaptations cinématographiques

  • Orgueil et préjugés de Joe Wright, 2006

Hollywoodien dans le sens péjoratif du terme… et assez niais, et la fin est à mourir de rire !

  • Raison et sentiments de Ang Lee, 1995

Décevant. Emma Thompson, que j’aime par ailleurs beaucoup, est trop âgée pour le rôle, et Hugh Grant de même, en plus d’être trop emprunté comme si les costumes d’époque l’empêchaient de respirer…

  • Emma de Douglas McGrath, 1996

Adaptation très esthétique et agréable, bien que sans surprise.

Produits dérivés

  • Becoming Jane de Julian Jarold, 2007.

Jolie mise en scène convaincante, même si c’est sans doute une version romanesque de la réalité… En même temps, Anne Hathaway est palpitante et tout à fait dans son rôle.

  • The Jane Austen book club, de Robin Swicord, 2007.

Adaptation du livre éponyme. Belles galeries de personnages drôles et attachants. Agréable moment à passer.

Le fantasme ultime enfin réalisé : voyager dans le temps dans Orgueil et Préjugés. Pas très bien joué et même un peu trivial côté héroïne contemporaine… mais quelques plaisirs régressifs ne font pas de mal. (Version originale et découpée sous-titrée en français sous Youtube)

  • Miss Austen regrets

Une reconstitution des dernières années de Jane Austen avec une Jane Austen, un peu amère et humaine, et une tentative qui ne manque pas d’intérêt.
(Version originale et découpée sous-titrée en français sous Youtube)

  • Le club Jane Austen, Karen Joy Fowler, Quai Voltaire, 2004

Livre distrayant qui donne toute sa légitimité au fait d’être addict de Jane Austen et qui donne envie de lire… What else ?

Liens

Vers la maison de Jane Austen sur le site Maisons d’écrivains.

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