La vie et rien d'autre

Tome 2


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La poussière, les objets et moi

J’ai vaincu la poussière et le désordre en plusieurs jours. Le prix à payer pour avoir une grande maison et avoir laissé passer l’année scolaire sans travaux pratiques très approfondis…

Vaincre la poussière n’est pas une mince affaire. Il y a toujours des endroits où la déloger : les bords des plinthes, les dessous de  meubles indéplaçables, les dessus des abat-jour, les corniches-moulurées-tout-en-haut. Et puis, pleine de bonne volonté, vous ouvrez une fenêtre, la brise s’engouffre dans la pièce et tous les moutons se mettent à courir…

Et une fois que toute la poussière est effacée, ou retombée un peu plus loin…, il reste les traces de doigts sur les portes, les interrupteurs, les murs…

Et c’est sans compter sur les vitres à faire. Mais comme si ces mètres carré de verre à nettoyer ne suffisaient pas, il y a aussi leur encadrement, chez nous en PVC, qui, se nettoie parfaitement avec mon dissolvant à vernis à ongles…

Et d’ailleurs, tiens, je ne vous parlerai pas de l’état de mes ongles et de la pulpe de mes doigts après qu’ils ont trempé dans différents produits d’entretien pas bios du tout.

 

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Source :  Le blog des paresseuses

 

Cela, c’est la partie ménage… Il y aussi la partie tri-rangement… Je commence par l’étage des garçons. Je m’allonge sur le parquet pour regarder sous leur lit… Si vous ne saviez pas qu’il y a un monde parallèle sous le lit de vos enfants, c’est que vous ne vous êtes pas assez penchées… Remarquez il me suffit de pointer le nez à la porte de leur chambre pour constater que ce ne sera pas un passage éclair… Je m’interroge sur la compétence experte qu’ont mes enfants à occuper l’espace. Je repense à ma mère et à la chambre de mon frère ; je repense à cette citation de la psychologue, Maryse Vaillant :  » Ce désordre matériel correspond à une nécessité qui, à cet âge, est presque vitale : l’adolescent doit désordonner le système familial pour trouver son chemin et devenir autonome.  » C’est une bonne nouvelle, en fait (si, si…) : mes enfants sont en excellente voie d’autonomisation…

Et là, j’agis en lâche, j’avoue (comme dirait mon fils cadet). Je profite de leur absence pendant quelques jours pour me transformer en un monstre implacable et je jette les objets cassés, ébréchés, en attente d’un je-vais-le-réparer-, ou ceux qui peuvent-toujours-servir mais qui prennent la poussière depuis plusieurs années sur les étagères, ou ceux périmés ou encore des vêtements non portés depuis deux ans. Du 2nd étage, je descends peu à peu, armée de mon balai-éponge, de mon aspirateur, de mon chiffon et de mes sacs poubelles 100 litres et triple épaisseur. Même le cellier, le mudroom et le garage, où mon mari règne habituellement, sont passés au peigne fin. Plusieurs passages à la jaille (ici, c’est ainsi qu’on appelle la déchèterie) seront nécessaires.

J’ai de plus en plus de mal à admettre que ma vie se réduit à ce fatras, cet empilement… L’espace autour de moi fait de l’espace en moi. Des souvenirs, qui avaient perdu toute charge affective et émotionnelle, ont été jetés. Ce que l’on devrait acheter ne devrait être que beau et utile, l’utilité n’étant pas seulement fonctionnelle mais pouvant participer à son bien-être mental. 

Mon mari, revenu de vacances, semble consentir, pour la première fois, à ce besoin d’espace et de rationalisation. Je donne aussi des livres qui ne m’ont pas touchés : si je meurs demain, je ne veux laisser à mes enfants que ceux qui m’ont façonnés. 

Partis en famille ce week-end pour une fête d’anniversaire, j’apprends que mon mari et ses réserves de pâtes ne sont qu’une petite pathologie comparée au mari d’une invitée qui m’apprend que son cher et tendre a, dans leur maison, tout un étage d’objets de récupération…     

Je crois bien que maintenant, il est plus important de posséder ma vie que tous ses objets. Pourtant je suis loin du style dépouillé, zen ou ascétique… Les maisons très vides me reposent, mais m’angoissent aussi en me renvoyant sans doute aussi à mes propres vides et peurs… Ce que j’aime dans les maisons truffées d’objets, c’est l’histoire qu’ils racontent ou qu’on se raconte…

 

Je me demande quels sont les objets qui renvoient à l’essentiel de mon âme dans la maison… Faites le test, vous constaterez qu’il n’y en a peut-être pas tant que cela qui méritent qu’on dépense des journées entières à les épousseter et à les ranger, au lieu d’aller vivre sa vie.  

 

 

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