La vie et rien d'autre

Tome 2


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Petites pousses de printemps

Ce printemps, j’ai lu de tout… Du très sérieux voire austère au distrayant… Pour vous donner envie, ou pas, j’ai entrepris d’ajouter la première phrase de chacun de ces ouvrages. Alors aurez-vous envie de lire…

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Des bulles d’abord :

Montagne magique, Jirô Taniguchi. Belle et délicate histoire où tout se comprend et se ressent sans se dire…
 » J’ai grandi à Tottori, une ville fondée au Moyen-Age autour d’un château. « 

Tout seul, Chabouté, éditions vents d’Ouest. Beaucoup d’images immobiles, peu de textes : l’histoire est à vous : une merveille de finesse et d’humanité.
 » Imagination n.f. Faculté qu’a l’être humain de se représenter par l’esprit des objets, des faits iréels ou perçus. Faculté d’inventer, de créer, de concevoir. « 

Puis :

La compagnie des menteurs de Karen Maitland, c’est la peste au XIVème siècle, mais il semblerait que la vraie maladie soit celle qui ronge les coeurs…
 » C’est donc entendu, nous l’enterrerons vivante avec la bride de fer. « 

Ce que l’art nous empêche de voir, Darian Leader. Pourquoi les Parisiens et les touristes se sont déplacés pour voir l’emplacement vide de  » La Joconde  » qui venait d’être volée… Oui, pourquoi ?
 » Le matin du 21 août 1911, un homme frêle, vêtu d’une blouse de travail blanche, se glissa hors du Louvre par une des entrées latérales et disparut rapidement dans la foule de la rue de Rivoli. « 

La malédiction d’Edgar, Marc Dugain. Très bien documenté, très bien écrit tout comme La chambre des officiers ou quand l’Histoire est un roman. 
 » Ce matin-là, New York avait revêtu son uniforme des mauvais jours « .

Les chaussures italiennes, Henning Mankell « . Par un auteur de polar, une belle histoire mais qui n’est pas un polar mais où la vie est elle aussi pleine de suspens jusqu’au bout.
 » Je me sens toujours plus seul quand il fait froid « .

Cuisine et correspondance Andrea Israel et Nancy Garfinkel. Amitié épistolaire entremélée de recettes : les deux sont une affaire de goût, n’est-ce pas ? Histoire trop artificielle à mon avis et recettes qui ne donnent pas réellement envie de se mettre en cuisine.
 » Chère Lily, cela fait plus de mille fois que je commence une lettre comme celle-ci. »

Les séries télévisées : l’avenir du cinéma ? , Jean-Pierre Ezquénazi. Un jour, je vous parlerai de quelques séries qui ont toute mon admiration ; en attendant, vous pouvez lire cette analyse fouillée mais abordable de ce qui fait la qualité des séries américaines.
 » Les amateurs de série se multiplient « .

La petite fille et la cigarette, Benoît Duteurtre. Histoire tout à fait politiquement incorrecte : ça fait du bien de lire parfois des choses qui vous grattent…
 » Chacun des deux textes paraissait indiscutable…sauf qu’ils conduisaient à des conclusions contraires. « 

La délicatesse de David Foenkinos. Jolie histoire avec quelques indications de parcours sur les personnages ou les thématiques qu’ils rencontrent. Trop de délicatesse, pas assez d’amour…?  
 » Nathalie était plutôt discrète (une sorte de féminité suisse) « .

Indignez vous ! Stéphane Hessel. Qui n’a pas entendu parler de cet opuscule me jette le premier pavé ! Mais il le vaut bien : Stéphane Hessel retrace son parcours à la lumière de ce que doit être l’engagement et le sens civique.
 » 93 ans. « 

Et je relirai celui-ci :

Voyage vers le soleil noir avec Olivier Sauzereau. Astrophotographe, historien des sciences, un peu poète, un peu comédien en redingote et auteur aussi pour nous raconter avec bonheur sa passion des éclipses solaires qui l’a poussé à se rendre en Russie avec Jules Verne dans ses bagages.
 Je suis admirative et attirée par les personnes qui saisissent une passion à bras le corps et en font un sujet d’érudition, mais dans la plus grande simplicité et avec l’envie de partager, surtout. 
 » Le 1er août 2008, à 10 heures 43 minutes 59,6 secondes, temps universel, une éclipse totale de Soleil doit être visible depuis Novossibirsk, en Sibérie « . 

  

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Bonhommes de neige

Décembre, janvier, février… jamais loin d’un radiateur, enfouie sous quelques épaisseurs ou sur le chemin de mon travail, des mois propices pour lire et oublier froid et grisaille… 

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De temps en temps, je me laisse aller à lire des polars dans un souci de distraction, mais de plus en plus, ils me déçoivent, à tel point que je les oublie aussitôt lus : c’est le cas de Premier à mourir de James Patterson et de Le chuchoteur de Donato Carrisi.

Et pourtant… je rechute régulièrement avec le sexy inspecteur Jury, mais il y a comme cela quelques héros récurrents, qui même s’ils évoluent dans des histoires ni très bien écrites, ni très originales, me délassent. Et puis j’ai un faible pour les romans qui parlent de romans, et dans La maison du Maître, c’est Henry James qui nous reçoit, alors…

Et pour rester dans le XIXème siècle, Miss Mackenzie est un beau roman d’Anthony Troloppe, très maîtrisée, qui s’enclenche comme un Dickens, la gouaille en moins et l’humour ironique en plus.

Sur la plage de Chésil est une histoire menée tambour battant à sa fin, puisque voilà ce qui arrive quand on ne fait rien. Que ce soit dans Délire d’amour ou dans Expiation, ce qu’aime Ian McEwan, c’est montrer les histoires d’amour qui dérapent, qui se délitent avec un brio, une précision et une férocité décapante qui me laissent sidérée à chaque fois, et séduite aussi pour le pire.

Quand nous étions orphelins de Kazuo Ishiguro est une drôle d’aventure : un homme nous raconte son histoire en même temps qu’il se leurre lui-même : paradis perdu de l’enfance et recherche d’une vérité sur ses parents qu’il ne fait pas toujours bon connaître…   

Commen bien râter ses vacances d’Anne Percin : un bonbon, un petit bijou de drôlerie et de sensibilité ou comment retomber dans l’adolescence pour le meilleur…

Sans la télé de Guillaume Guéraud : il était une fois un jeune garçon et son histoire avec le cinéma, mais films vus trop jeune qui l’absorbent et l’isolent et qui l’envoient vers le chaos. Un livre qui démarre comme un feu d’artifice et qui finit dans un malaise dont j’ai encore du mal à me remettre…

Si vous avez envie d’une petite étude éthnologique chez les fortunés de ce monde, vous pouvez vous rendre avec Julian Fellowes chez les Snobs. Ici, pas de parti pris, ni de manichéisme, juste une observation aiguisée de personnages qui se débattent entre désirs et certitudes.

Dans Le château de Cassandra, c’est la misère mais celle que l’on se fait un point d’honneur d’ignorer. Jolie histoire à faire lire à vos adolescentes, jolie écriture fluide de la créatrice des… 101 dalmatiens, Dodie Smith.

Et je relirai celui-ci encore et encore, et différemment j’en suis sûre à chaque fois, pour ses facettes multiples :    

Crépuscule de Susan Minot parle de ce dont on n’aime pas parler : sa mort. Mais quand on meurt, quelle est la part de nous qui meurt en premier de notre être infiniment complexe et multiple ? Questionnement que rend très bien la construction très maîtrisée et l’écriture resserrée tout autour de l’essence de cette histoire.

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Feuilles d’automne

De septembre à novembre, un joli bouquet de feuilles bien vivantes, empruntées, prêtées, achetées :

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Comment j’ai vidé la maison de mes parents, recommandée par Marion, alors que je parlais de souvenirs, et à qui je dis merci, merci, merci ainsi qu’à l’auteur, Lydia Flem : c’est tellement étrange et réconfortant de rencontrer quelqu’un qui met exactement les mots exacts sur ce que vous avez vécu et sur les émotions intenses qui vous ont traversé.

Vous descendez ? avec Nick Hornby, pour continuer à découvrir cet auteur donc l’écriture si moderne ne manque décidément pas d’imagination, ni d’ironie !

Voix off de Denys Podalydès, un livre de théâtreux, sur le monde des beaux textes, du théâtre et du cinéma, mais surtout un livre sur la voix, les voix, celles qui vous font sortir de vous-mêmes.

Pourquoi on écrit des romans ? de Danièle Sallenave ou l’envie d’écrire racontée aux enfants… et aux parents : lecture rapide, simple, efficace et…poétique.

Le mec de la tombe d’à côté de Katarina Mazetti : drôle de titre pour une drôle d’histoire qui ne s’embarrasse pas de socialement correct et où le happy end n’est pas celui qu’on croit.

  – Un ticket pour la lune de Franck Cottrell Boyce, lu à la demande de mon fils cadet qui a adoré : pas si facile d’y entrer mais une fois que l’histoire s’emballe, elle vous emballe aussi, dans une histoire cosmique, comique… Une belle parabole sur l’âge adulte et l’âge d’enfant, ou l’inverse…

L’arbre du père de Judy Pascoe, une belle histoire mais que j’ai trouvé inaboutie, avec une explication psychologique à la fin un peu hâtive, qui n’était pas nécessaire et qui casse le charme d’une narration douce et lente… Merci Armelle !

La tectonique des sentiments d’Eric-Emmanuel Schmidt. Il y a du théâtre qui peut se lire et l’autre qui est seulement fait pour être joué… : pas très convaincue par un exposé trop explicite de sentiments et par l’explication du titre qui nous est présentée de manière didactique à la fin de la pièce, de façon à peu près aussi discrète que si on avait le nez au milieu de front…

Un employé modèle de Paul Cleave, si l’idée de départ est bonne, elle s’essouffle, et puis trop de glauque tue le glauque…

En effeuiller un de nouveau ?

Grandir avec Sophie Fontanelle (connue comme Fonelle pour les lectrices de ELLE, rubrique humoristique à laquelle j’accroche rarement) : un bijou d’expressionnisme, de recul et d’émotions à la fois, de finesse et d’exactitude, un témoignage forcément personnel, mais à caractère universel. Merci Annabelle !

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