La vie et rien d'autre

Tome 2


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¡ Viva España !

Avant de traverser les Pyrénées, nous avons dormi dans le pays basque français. Séduits par les amples collines vertes, les élégantes maisons et la chistera, cette étape nous a donné l’envie d’y consacrer, une autre fois, un séjour plus long. Les habitants y sont très accueillants et volontiers moqueurs quand les touristes s’escriment à prononcer des mots aux multiples x, qui se disent , en fait,  » ch « . Ainsi, ici, c’est AleCHandraToday qui vous parle… 

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Puis, on entre en Espagne un peu surpris de devoir traverser de vastes espaces déserts pour atteindre la capitale. Madrid n’est pas une ville spectaculaire comme Rome ou New-York. Madrid m’a rappelé Paris en plus rococo et plus chaud. Madrid boit ses cafés en terrasse et danse et chante le flamenco. La langue espagnole va vite et chuinte tandis que l’espagnol est nonchalant et vit tard le matin et tard le soir.

Les trois musées d’art madrilènes sont un régal, mais mériteraient bien plus qu’une visite. Juste le temps pour nous de s’émerveiller du classicisme insolite d’un Vélasquez, de la puissance d’expression d’un Picasso et de l’émotion intime d’un Goya…

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Dans la Tolède aux trois cultures, chrétienne, juive et musulmane, nous avons déambulé, dès potron minet,  après avoir trempé nos churros dans des chocolats épais, épais, épais… et admiré dans un cloître, des vraies oranges sur un oranger.

Nous avons arpenté aussi les longs corridors de l’Escorial, entrant ainsi de plain-pied dans l’histoire de l’Espagne, les tombeaux des rois, reines et infants, pour arriver dans la belle bibliothèque aux 40 000 ouvrages anciens et rares.

Sept jours plus tard, alourdis de culture et de chaleur – malgré la promenade au parc du Retrato et la fréquentation assidue de l’ombre -, nous partons nous mettre au frais. Il paraît, nous ont promis de mauvais augures, que la Galice est du même tonneau météorologique que Nantes. Mais nous n’allons pas sur la côte, nous allons dans les petites montagnes de l’intérieur des terres. Les mêmes délicieux augures nous ont appris que c’était une région reculée, arriérée, morne. Et nous arrivons dans un espace semi-montagneux, à l’habitat pauvre et dispersé.  Nous roulons en haut de montagnes vertes et redescendons vers le río Sil, nous montons et redescendons parmi les champs bordés de vieux murs en pierre ancestraux, de châtaigniers centenaires à foison et des ceps de vigne très à flanc de coteaux.

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Il a fait une moyenne de 35° tous les jours agrémenté d’un petit vent léger. La siesta est une nécessité, lire et écrire sous la tonnelle un plaisir tous les jours renouvelés. Les visites patrimoniales se font rares, parce que loin et mal signalés. Nous cherchons un monastère référencé dans les guides et  trouvons par hasard celui de Santa Catarina, une perle romane solitaire : se perdre a du bon.

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Le matin prendre son petit-déjeuner à la fraîche sous la tonnelle des raisins qui mûrissent, en observant les nappes de brume peu à peu dévoiler le versant d’en face, dans le calme matinal quel plaisir ! Une matinée, où la couverture brumeuse était particulièrement dense, mon marido, poète à ses heures, me dit qu’il avait fait tellement chaud la veille que le lac s’était évaporé et était maintenant dans le ciel… Et la brume, de fait, commença à ne se dissiper que vers une heure de l’après-midi…

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De passage à Orense, nous trouvons par bonheur la vieille ville et parcourons les ruelles piétonnes, une plaza Mayor de plus, ainsi que quelques retables fort kitsch. Et s’il fallait encore plus de chaleur, alors que nous regagnons nos montagnes, deux incendies dans les banlieues de la ville font rage et détruiront  120 hectares de végétation.

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Nous avons clos notre périple dans le pays basque espagnol à Bilbao, ville chaleureuse, vivante autour du  río Nervión et de son excentrique musée Guggenheim, forte de son identité traditionnelle et forte de son modernisme aussi, sans doute assez emblèmatique d’une Espagne, terre de contrastes, à n’en pas douter.

 

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