La vie et rien d'autre

Tome 2


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Les classiques sont très modernes… ou inversement ?

J’avais cinq heures cet après-midi pour composer sur le sujet ci-dessous dans le cadre du concours interne des conservateurs des bibliothèques.

Sujet fort prévisible, mais le texte de Balzac laisse pantois quand on pense qu’il l’a été écrit il y a 155 ans ! Ce texte ne manque ni d’ironie ni de modernité, et on peut avancer les postulats suivants :

     – que les hommes politiques,quelles que soient les périodes historiques, ont les mêmes idées (Ce qui n’est pas forcèment rassurant),

     – que les hommes politiques n’arrivent pas tojours à leur fin (Tout de même) ,

     – ou bien que les fonctionnaires ne sont pas réformables ! (Sans commentaire…)

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Vous commenterez ce texte à l’aide d’exemples contemporains :

 » Mis à portée d’étudier l’administration française et d’en observer le mécanisme, Rabourdin opéra dans le milieu où le hasard avait fait mouvoir sa pensée, ce qui, par parenthèse, est le secret de beaucoup d’œuvres humaines, et il finit par inventer un nouveau système d’administration. Connaissant les gens auxquels il aurait affaire, il avait respecté la machine qui fonctionnait alors, qui fonctionne encore et qui fonctionnera longtemps, car tout le monde sera toujours effrayé à l’idée de la refaire; mais personne ne devait, selon Rabourdin, se refuser à la simplifier. Le problème à résoudre visait, à son sens, dans un meilleur emploi des mêmes forces. À sa plus simple expression, ce plan consistait à remanier les impôts de manière à les diminuer sans que l’État perdît ses revenus, et à obtenir, avec un budget égal au budget qui soulevait alors tant de folles discussions, des résultats deux fois plus considérables que les résultats actuels. « 

Les employés, Honoré de Balzac, 1845

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La hiérarchie de l’info

Dans cette période où deux tremblements de terre, un tsunami et une tempête accompagnée de raz-de-marée font la une des journaux, je me remémore mon année de journalisme et ce que j’avais eu le temps d’apprendre… L’information la plus importante était celle localisée la plus proche et qui dénombrait le plus de victimes… C’est  pourquoi la Vendée et ses  » quelques  » morts ont vite remplacé Haïti et le Chili.

Que des médias régionaux fassent leurs gros titres sur de l’information locale me paraît assez logique, mais je trouve cela assez cynique de la part des grands journaux et télévisions.

Certes, je n’ai eu à souffrir d’aucune conséquence de la tempête du 28 février -bien que je ne sache pas dans quel état est ma maison de Noirmoutier-, et surtout je n’ai aucun décès à déplorer suite à ce tragique évènement.

Mais nous sommes un pays moderne, pourvu de moyens de secours importants, avec un système de sécurité sociale et d’assurances existants et des médecins disponibles. Il y a bien des personnes dans des pays beaucoup moins favorisés qui ont traversé bien pire et qui n’auront pas l’aide et les moyens de se relever aussi vite d’un tel désastre.

Certes, un mort est un mort et la peine des familles et des proches est la même quel que soit l’endroit du globe où l’on vit.

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Je déteste les médias qui font de nous des spectateurs partiels, complaisants, voyeuristes. J’ai souvent l’impression d’être prise en otage dans un grand spectacle, la sensation qu’on me dicte ce que je dois ressentir, et de fait d’être ainsi déconnectée de mes propres émotions. Puis-je encore ressentir par moi-même ? Ils sont devenus un écho amplifié des nouvelles, mais ils ont perdu en recul et en analyse. La course à la Une justifie-t-elle de brader les nouvelles sensationnelles ?

J’ai toujours en tête cette excellente parole du Chat de Geluck :

« Quand on lit le journal, on aurait tendance à penser qu’on apprend ce qui se passe dans le monde. En réalité, on n’apprend que ce qui se passe dans le journal  » !

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Engagement

J’admire beaucoup les engagés militants qui comme ma belle-soeur paient de leur personne pour faire avancer leurs idées et le monde. Je cotoie trop de personnes centrées sur leur vie, mais qui négligent ce qui se passe à côté. Je ne leur jette pas la pierre, on a tous une tendance à se laisser porter par la vie, et à se résigner à ce que rien ne change…

Dans un compte-rendu de mars 2009 de Géraldine Laura sur «L’engagement militant et l’engagement distancié», on lit qu’ «Aujourd’hui le «nous organisé» n’a plus de porte-parole en tant que tel. Les militants parlent en leur nom propre.»

Pendant huit ans, je me suis occupée d’une association de parents d’élèves dans l’école de mes enfants où deux tendances étaient représentées la FCPE (connotée gauche) et l’AIPEGL indépendante. Je m’étais rendue à la réunion de rentrée de cette dernière, où faute de combattants, j’ai été désignée d’office. Mais je ne me suis pas fait beaucoup prier, j’y allais pour m’impliquer, de toute manière.
J’avais choisi l’AIPEGL parce que l’idée d’appartenir à une fédération, donc à une mouvance politique me rebutait et me faisait un peu peur. Non pas que j’ai une conscience politique très élaborée, mais je me méfie des certitudes, des diktats. En matière d’enseignement (comme dans beaucoup d’autres domaines d’ailleurs…) se devrait être l’égalité et le bon sens qui prédominent.

J’ai donc avancé pas à pas dans ma connaissance de l’école et de ces mécanismes pour finalement observer ceci :
– notre légitimité était moins forte qu’une association affiliée qui avait des représentants placés dans des instances officielles;
– les parents se demandaient parfois ce que cachait le terme indépendant et ceci bien que notre manifeste stipulait que nous ne prônions aucune obédience politique, religieuse, philosophique; dans la réalité de nos petites batailles, nous étions plutôt à gauche mais sans engagement;la nature a horreur du vie n’est-ce pas ?

Les conséquences ont été les suivantes :
– nous collaborions avec la FCPE, on ne pouvait nous classer dans aucune boîte, mais nous étions «flous» si bien que la FCPE (lasse comme nous d’avoir si peu de parents engagés) nous a demandé si nous voulions fusionner avec elle, et nous avons dit non ;
– En Conseil d’école, la FCPE arrivait avec des questions bien tracées par leur Fédération; les nôtres étaient plus terre à terre, moins idéologiques en quelque sorte;
– Petit à petit, avec la lassitude (8 ans c’est long), la solitude (toujours les mêmes parents impliqués) et le manque de retours pour nos actions (par mépris, ou manque de marque officielle ou de temps des responsables interpellés ?), nous avons fini en une association un peu «veillée des chaumières».

Ce qui ne veut pas dire que nous n’avons pas rendu service aux élèves, à l’école, à la société. Mais ce qui veut dire aussi que l’engagement apolitique a peut-être ses limites. A l’époque, je me sentais assez proche des idées de Ségolène Royal. Je me disais, enfin quelqu’un qui ne parle pas comme ses camarades socialistes, qui a des préoccupations assez proches des citoyens, qui veut rendre la parole aux personnes.
Je ne m’y connais pas assez en politique pour analyser les raisons de son échec : des contours un peu flous, une absence de visibilité à long terme, une absence d’ancrage politique en même temps qu’une absence d’identité propre ??
Et puis la démocratie participatice, c’est bien beau, mais si on se met tous à parler en même temps mais que personne ne fait l’effort de synthèse, à quoi bon ? Je crois que finalement il faut que même les plus petites aspirations, que toutes les aspirations banales aient leur énoncé politique.