La vie et rien d'autre

Tome 2


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La vie par procuration

La lecture est un refuge ou un piège parfois. Un abri au fond des pages où des histoires merveilleuses sont vécues, la vie de héros heureux ou malheureux qui vous font perdre attache.

La lecture peut être une addiction, comme regarder à la file des séries télévisuelles. La lecture est celle qui vous permet de vivre la vie des autres, qui vous fait rêver la vôtre mais en aucun cas ne vous fait la réaliser.

La lecture doit être un plaisir et une formation. La lecture façonne l’humanité qui est en nous. Elle apporte des réponses, donne de l’espoir, mais ne peut se substituer à la nécessité de construire sa propre vie. Les héros sont immortels, pas nous.

Il y a une très jolie phrase de Meg Ryan, jouant le rôle d’une libraire, Kathleen Kelly, dans  » Vous avez un message  » :  » Tant de ce que je vois me rappelle quelque chose que j’ai lu dans un livre, alors que cela ne devrait-il pas être plutôt l’inverse ?

La lecture est alors, juste ce qu’elle doit être, les merveilleuses briques de notre construction intérieure et de notre compréhension du monde.

 

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Pluies d’automne

Petite récolte cet automne, car pour des raisons professionnelles, je me suis remise à lire Le Monde, et c’était drôlement bien ! Enfin, drôle n’est peut-être pas le terme adéquat, parce qu’il s’en passe des choses dans le monde, et pas toujours des plus gaies, mais à lire le journal où on lit surtout le pire, on en oublierait qu’il y a des gens et des réalisations tout à fait formidables.

Et puis, j’ai maquetté ce nouveau blog après avoir pensé à le scinder, à l’arrêter… Pour me rendre compte finalement, que j’avais juste envie d’un relooking et besoin d’un nouveau souffle : une fois décidée, je n’avais plus qu’à accoucher du projet tout de suite ! Le temps de trouver la plate-forme, de structurer, de rebaptiser, de faire des essais, le temps à passer…

Voici donc les rares livres lus cet automne :

Les sortilèges du Cap Cod, Richard Russo,  » Le réveil trônant sur la table de nuit de sa chambre d’hôtel n’affichait que 5:17, et pourtant Jack Griffin, tout à coup parfaitement réveillé, comprit qu’il n’arriverait pas à se rendormir. » Très beau roman, sensible et doux-amer sur nos relations avec nos parents, nos enfants, nos conjoints : sujet ô combien classique, mais traité avec finesse et ironie.

Les débutantes de J. Courtney Sullivan.  » Robin Hughes termine ses études à l’université de Northwestern avec un master en santé publique en main.  » Littérature de campus, histoire bien tournée, histoires de jeunes femmes, mais avec plus de profondeur qu’il n’y paraît au premier abord.

Panique à Pornic, par les élèves de CM de Saint-Gatien avec la complicité de Marie Sellier :  » ça y est nous y sommes « . Ecrit par mon neveu, entre autres, un livre collectif écrit le temps d’une classe de mer, sur une classe de mer. Très sympa !

Tous paranos ? Pourquoi nous aimons tant les complots… Laurent Bazin, Pierre-Henri Tavoillot.  » Comment expliquer les sombres attraits de la théorie du complot ?  » Court débat écrit entre experts sur notre manie de voir des conspirations partout.


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Soleils d’été

Ah l’été ! …et ses longues plages de lecture ininterrompues ! Immersions aussi agréables que celles dans la piscine de notre location toscane…

A coeur vaillant de Clotilde Pozzoli : au printemps il y avait un ami d’enfance et mon cousin, et maintenant je demande ma… Tante ! Son 2ème roman : tranches de vies de plusieurs familles qui sont l’occasion de parler de sujets qui lui tiennent à coeur : l’Education nationale, la religion, l’adolescence…
 » – Tu roules pas un peu vite ? lâche Florence, d’un air faussement dégagé mais réellement crispée sur son siège. « 

La dernière conquête du Major Pettigrew d’Helen Simonson.  » Encore bouleversé par le coup de téléphone qu’il venait de recevoir de l’épouse de son frère, le major Pettigrew ouvrit sa porte, sans réfléchir. « 
On se croirait à Saint Mary Mead, et même si Miss Marple n’apparaît pas, on se demande bien comment va finir cette histoire d’amour dans ce pas-si-charmant village. So british, au charme légèrement surrané, un bonbon acidulé à croquer sans hésitation !

Partie de pêche au Yémen de Paul Torday, une idée de départ loufoque, des personnages désemparés au pays de la communication politique et du pouvoir de l’argent. Juste cynique.
 » Cher Dr Jones, nous nous adressons à vous sur la recommandation de Peter Sullivan, du ministère des Affaires étrangères et du Commonwealth (FCO) (Direction Moyen-Orient et Afrique du Nord). « 

De beaux lendemains de Russel Banks :  » Un chien – c’est un chien que j’ai vu, j’en suis sûre. « 
Roman à plusieurs voix, plusieurs vérités, saisissant de sensibilité, simplicité de l’écriture et puissance de la suggestion. Un écrivain.

 Le masque de fer, Jean-Christian Petitfils :  » Au large de la riante baie de Cannes, paresseusement allongée sur une mer d’un bleu toujours éclatant, s’étendent les îles de Lérins. » Vous voulez enfin savoir LA vérité ? Vous n’avez plus qu’à vous plonger dans cette enquête menée avec la précision et la rigueur d’un excellent historien, réputé pour ses nombreuses et excellentes biographies.

L’étudiant étranger, Philippe Labro :  » En réalité, personne n’a jamais su pourquoi Buck Kushnick s’était suicidé « .
Je l’ai donné à lire à mon fils aîné ; je l’avais lu à son âge, comme je partais au Texas, mon fils partait cet été à Chicago. Il y a des parallélismes dont on se félicite et des relectures qui valent le coup, que ce soit à 17 ou à 44 ans…

Le manoir de Tyneford, Natasha Solomons :  » Quand je ferme les yeux, je vois Tyneford House ».
J’allais dire une gentille histoire, ce qui aurait été un peu condescendant, de ces histoires qu’on aime lire, et qu’on oublie assez vite…

Du côté de Jane Austen : 

Les filles de Mr Darcy, Elizabeth Aston :  » La ville et la campagne sont deux mondes bien différents ».
Encore un produit dérivé d’Orgueil et préjugés : je ne peux pas m’empêcher de les lire. cela donne quelque chose d’assez adolescent et forcément décevant : Jane sort de ta tombe !

La mort s’invite à Pemberley de PD James :  » Les habitantes de Meryton s’accordaient à penser que Mr et Mrs Bennett avaient eu bien de la chance de trouver des maris à quatre de leurs cinq filles.  »
Le fantasme ultime d’une janéite, écrire une suite à Orgueil et préjugés ! J’ai donc lu le polar de cet auteur, dont l’exercice est fort intéressant et amusant à lire, mais les personnages ne prennent pas vie, comme si PD James, trop respectueuse de Jane Austen, n’avait pas osé s’accaparer les personnages, alors que quand on connaît Adam Dalgliesh, héros récurrent de ses polars, on est forcément séduite par ce personnage complexe et élégant. Bref, ce n’est pas demain qu’on ressuscitera Elizabeth Darcy…

Du côté XIXème siècle : 

Quelle époque ! d’Anthony Trollope :  » Qu’il me soit permis de présenter au lecteur Lady Carbury, assise à son bureau, dans son cabinet privé, à son domicile de Welbeck street : l’intérêt que peut avoir ce livre doit beaucoup à sa personnalité et à ses actions. «  Une épopée du temps des constructions des lignes de chemins de fer, des spéculations boursières et des industries de coton. Une histoire où s’entremêlent les nombreuses histoires de personnages dépeints sans complaisance, et qui tentent de s’en sortir pour le mieux…

Les boucanières, Edith Wharton :  » C’était au plus haut de la saison des courses à Saratoga.  » 
La peinture haute en couleurs d’une société en pleine mutation, l’affrontement de deux mondes, celui de l’aristocratie terrienne anglaise et des hommes d’affaires, nouveaux riches, américains : une comédie de moeurs brillante et vibrante !

Du côté des polars : 

Casanova et la femme sans visage, de Olivier Barde-Cabuçon :  » La nuit avait envahi les nuits de Paris et déposé un voile noir sur le carrosse immobilisé au milieu de la nuit déserte. « 
Un polar historique excellent, fin, bien documenté, mais sans qu’on est l’impression que l’auteur veuille vous faire un exposé, bref, un très plaisant moment de distraction.

Bleu catacombes, Gilda Piersanti :  » – La porte !  » 
Un peu de culture, un peu de suspens, la recette du Sprit et de quelques autres italienneries… Une intrigue horrible, qui manque d’un peu de rythme parfois.

Alex, Pierre Lemaitre :  » Alex adore ça « .
Un scénario qui prend aux tripes mais des effets et des phrases un peu téléscopés parfois.