La vie et rien d'autre

Tome 3


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Gris non merci !

Il y a le gris de la souris, de mes chaussures de sport aussi, de mes bijoux en métal argenté, et des pièces de mon porte-monnaie. Il y a le gris des nuages, et après le gris, le beau temps ou… la pluie !Il ya le gris des hommes industrieux de l’industrie, et d’autres menaces qui suintent derrière le gris qui tue, des hommes armés : bronze, acier, uniformes et vert-de-gris…  Et quelques instants de grâce parfois d’art insolite.

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Le gris, d’abord, est-il une couleur ou juste une teinte mi-figue, mi-raisin ? Le gris est juste une intensité dont votre oeil, seul, choisira la luminosité. C’est pourquoi, il y a le gris de mon humeur, parfois aussi, quand elle s’ennuie. 

Car si la nuit tous les chats sont gris, c’est parce que rien ne se distingue de cette nuance par trop timorée. Ou bien le chat, tapi, guettera le gris tourterelle et flirtera alors avec le rose tellement plus gai !

Entre le blanc de la virginité et le noir du deuil, parfois beaucoup de temps à passer, il pourrait se décider…

Entre le blanc et le noir, le gris ne se décide pas. Il est même littérature grise parfois. Il hésite entre la page blanche et le noir de l’encre : une promesse d’écriture est le seul bénéfice qu’on pourrait lui accorder… Et je pourrais être grisée de toute cette liberté. Après tout, une tonalité qui vous laisse tout l’espace pour imaginer, peut-on rêver plus belle invitation ? 


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Mais où est passé le bedeau ?

Hier latin matin, j’assistai aux obsèques (en français, même pas en breizh) d’une de nos voisines. Nous connaissions bien son mari qui s’occupait du jardin de notre maison avant que nous en devenions propriétaire ; puis quelques temps après sa mort, sa femme est tombée malade mais ce n’est qu’hier que la maladie l’a emportée. C’était une dame discrète et gentille que nous voyions régulièrement ouvrir ses volets les matins et les refermer le soir, puisque sa maison faisait face à la nôtre de l’autre côté de la rue.

La messe a eu lieu sans curé ;aucun ecclésiastique n’était là pour officier. C’était la première fois que j’assistai à une messe sans prêtre. Les rites catholiques ainsi que le fonctionnement du clergé me paraissent souvent ampoulés et surranés, mais je peux être aussi terriblement conformiste et des obsèques sans chasuble et étole manquent d’étoffe… si j’ose dire.

Or, il s’avère, en discutant avec des voisins à la sortie de la messe, que c’est devenu chose assez fréquente, et pas seulement dans les villages. Hier, c’était une religieuse qui officiait après en avoir été chargée par l’évêque : la lithurgie s’est déroulée normalement bien qu’il n’y ait pas eu de communion. Elle était aidée d’une autre femme.

L’Eglise a ainsi autorisé la création d’ADAP,  » Assemblées dominicales en l’absence de prêtre. C’est en réponse à l’appel de l’Eglise que la communauté chrétienne se réunit pour prier, accueillir et célébrer la Parole de Dieu et, éventuellement selon les directives de chaque diocèse, partager le pain eucharistique. Préparées avec le prêtre et animées par des laïcs, ces célébrations suivent le déroulement de la messe, mais ne comprennent ni prière eucharistique, ni consécration. « 

Apparemment cette tolérance cléricale n’a pas été sans débat, certains membres du clergé catholique craignant de verser par ces pratiques laïques, dans le protestantisme.

Tout en observant avec curiosité ces deux femmes mener la messe sans faiblir, je me suis demandée où étaient passés le bedeau, l’enfant de choeur et le sacristain : ils étaient en fait tous occupés avec le prêtre, dans la paroisse dont c’était le tour. C’est ainsi que j’ai appris que le bedeau était un laïc préposé au service matériel et à l’ordre dans une église en particulier l’ordonnancement des processions et des cérémonies. Du temps de Flaubert, on l’appelait même un suisse. Il s’est appelé aussi marguillier, arguillier, porte-verge, toutes dénominations tombées aujourd’hui en désuétude.

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 » […] le bedeau, pendu à la corde d’une cloche, se tenait prêt à commencer le carillon joyeux que commandait la circonstance… « , Mon frère Yves, Pierre Loti.

Le sacristain, lui a en charge la sacristie de l’église et des objets sacrés tandis que l’enfant de choeur sert le prêtre pendant la messe.

Je n’aurais jamais cru qu’une messe pût manquer de substance, même si cette assemblée de paroissiens était là malgré tout, reprenant les cantiques et les prières dans un bel ensemble. Mais c’était triste aussi, et pas seulement parce qu’on enterrait une charmante dame. Je me disais tout en quittant la nef, que les fidèles du quartier devraient avoir droit, tous les dimanches, à un office digne de ce nom, avec calice et ciboire !

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En fil d’indienne

Peut-être comme moi avez-vous entendu parler d’Indienne pour la première fois dans Mme Bovary de Flaubert, qui est rempli d’indiennes comme devait l’être un magasin de nouveautés de l’époque :

–  » […] un grand lit à baldaquin revêtu d’une indienne à personnages représentant des Turcs « .

–  » ; la boutique du marchand de nouveautés agite encore au vent ses deux banderoles d’indienne ; « 

–  » De l’eau sale coulait en s’éparpillant sur l’herbe, et il y avait tout autour plusieurs guenilles indistinctes, des bas de tricot, une camisole d’indienne rouge, et un grand drap de toile épaisse étalé en long sur la haie. »

Ce tissu était nommé ainsi car initialement fabriqué en Inde, et dans la même famille, les madras, damas et autres traditions textiles…

Leurs importations furent interdites à partir du XVIIe siècle pour protéger les manufactures françaises et particulièrement les soieries lyonnaises : ce qui donna suite à la fabrication en France des indiennes de Marseille et à des imitations venues d’Angleterre. L’engouement pour ce tissu toucha toutes les classes de la société. L’interdiction fut levée en 1759 : Nantes deviendra la capitale de l’indiennage avec plusieurs manufactures.

Le ton rouge y est prédominant à cause de la plante utilisée pour sa teinture : la garance.

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La toile de Jouy est issue de cette tradition, représentant des personnages avec des décors ou des paysages. Les dessins sont souvent d’une seule couleur, rouge ou aubergine sur un fond écru ou bistre mais on les trouve aussi en rose, bleu ciel ou bleu marine, vert clair ou foncé… Parfois, le procédé est inversé : les dessins écrus ou bistres s’exposent sur des fonds colorés. La première manufacture fut créée en 1759 à Jouy-en-Josas, emplacement choisi en raison de la présence de la Bièvre et de ses qualités chimiques propices au lavage des toiles. Cette manufacture devint rapidement l’une des plus importantes indienneries du XVIIIe siècle et a laissé son nom dans l’histoire de l’art décoratif.

Crédit Tissus Grégoirepastorale_202

Toile de Jouy et indienne proposent parfois des motifs qu’on peut trouver un peu chargés… mais je trouve certaines teintes vraiment admirables, et quelques petites touches dans une maison, c’est lier chaleur et élégance ! J’ai retrouvé ce très grand plaisir des couleurs en entrant dans la boutique Souleiado d’Arles : un éclatement de couleurs vibrantes de vie, un véritable scintillement !

Mes outils :

Le petit Larousse 2000 (qui comme dirait mon fils Vincent est tout sauf petit),

Le Robert (en  deux volumes),

Dictionnaire de synonymes et contraires, le Robert (encore !),

Le Littré ou Dictionnaire de la langue française d’Emile Littré,

Dictionnaire culturel en langue française, le Robert (décidemment, on n’arrête plus Bob…).

– Wikipédia

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