La vie et rien d'autre

Tome 2


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Courtepointe ou édredon ?

L’été est bien fini… Hier, nous avons allumé le chauffage. Et cela faisait déjà quelques jours que mon endormissement était facilité par mes chaussettes en grosse laine irlandaise et par la superposition d’une couche supplémentaire sur notre couette … 

Chez ma grand-mère, mon lit était fait d’un matelas de duvet et les draps et couvertures étaient recouverts d’un édredon au délicieux gonflant : plumes au dessus, plumes en dessous, que du moëlleux partout ! Difficile de s’échapper de l’étreinte du canard, chaude mais juste ce qu’il faut et si…enveloppante. On restait enfoui, il y avait juste le nez qui gelait et qui tâtait l’air extérieur pour savoir quand il serait raisonnable de sortir de ce refuge douillet.

Aujourd’hui notre lit est recouvert, hormis l’été, d’une courtepointe, mot qui vient de coute, lit de plume et de poindre, piquer. Avec nos couettes d’aujourd’hui, nous n’avons fait que mettre dessous ce qui était dessus !

La nôtre est un piqué marseillais, un ancien achat d’il y a vingt ans. A ne pas confondre, avec le boutis qui voit, chaque élément de sa broderie rembourré individuellement, contrairement au piqué.

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Bizarrement, une courtepointe au Canada est un ouvrage constitué d’un assemblage de morceaux de tissus de tailles, formes et couleurs différentes ; on parlerait d’un patchwork en Europe et d’un quilt aux Etats-Unis. J’en rêve parfois d’un beau comme savent si bien les confectionner les Amish.

Et il n’en reste pas moins encore qu’aujourd’hui, le dessus-de-lit est la touche finale comme Saint-Simon le raconte dans ses Mémoires :  » On faisait son lit et il n’y avait plus que la courtepointe à y mettre. « 

Et vous, sous quoi abritez-vous vos rêves ?

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Dans ma balise…

Dans mes balles, je vais mettre :

– des voutures pour me balader, visiter ou crapahuter,

– des libres pour m’évader encore plus loin,

– une contre, arrêtée à l’heure bleue pour aller à l’envers de la fin, au début donc…

– ma corderie, pour emmêler les fils d’un savant désordre,

– mes vides et mes blancs, pleins de lignes et de lieux à qui il faudra donner des yeux,

– mon puits aveuglette pour faire la belle et crâner sur les terrasses des troquets,

– plein de sparadraps pour colorer mes mollets,

– mon robinet à idées pour ne rien effacer,

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et pendant ce temps, à la raison , le poulain veille.

Si vous n’avez rien compris, c’est que vos enfants n’ont jamais goûté à La lisse poire du prince de Motordu, ou que vous avez encore plus besoin que moi de… VARIANCES !

Très bel été   !

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Que je me morfondisse…

Se morfondre, c’est parfois perdre du temps à attendre quelque chose ou quelqu’un qui n’arrive pas, qui n’arrivera pas, mais on attend quand même. Et on finit par s’attrister, se lasser, végéter.

C’est aussi s’ennuyer, languir en y mettant beaucoup de soi sans que des éléments extérieurs nous y obligent… C’est une manière d’être parfois. Se dissoudre dans l’attente jusqu’à s’oublier, ne plus espérer, se diluer dans ses espérances.

Et si on en croit Shakespeare  » Ah toutes les jouissances sont vaines ; mais la plus vaine de toutes est celle qui, acquise avec peine, ne rapporte que peine ; c’est celle qui consiste à se morfondre péniblement sur un livre, pour chercher la lumière de la vérité, tandis que la vérité ne fait qu’aveugler le regard de son éclat perfide. «  dans le très beau mais néanmoins fort cynique Peines d’amour perdues.

On perd sa capacité à rebondir, à réagir, à avoir du gonflant, puisqu’au sens figuré quand la pâte d’un pain s’est morfondue, c’est qu’elle a perdu sa force de fermentation, celle lui permettant de devenir un bon pain.

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Pain fait par mon fils aîné qui n’aime guère se morfondre et contribue ainsi à ce que sa mère conserve son croustillant…

Et hélas, à force d’attendre, on peut même aller jusqu’à prendre froid, d’un froid mordant et… dépérir. Car se morfondre, c’est fondre jusqu’à la mort.

Mes outils :

Le petit Larousse 2000 (qui comme dirait mon fils Vincent est tout sauf petit),

Le Robert (en  deux volumes),

Dictionnaire de synonymes et contraires, le Robert (encore !),

Le Littré ou Dictionnaire de la langue française d’Emile Littré,

Dictionnaire culturel en langue française, le Robert (décidemment, on n’arrête plus Bob…).

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