La vie et rien d'autre

Tome 2

Tourner la page ?

3 Commentaires

On croit souvent parce que je suis documentaliste que j’ai un amour du livre irrépressible, le livre-objet, celui dont on tourne les pages, qu’on emmène partout, et dont tout le monde craint qu’il ne soit en voie de disparition.

Pour être tout à faire claire, la documentaliste se préoccupe plus de collecter et de diffuser, moins de stocker comme le fait davantage une bibliothécaire ou de conserver comme une archiviste. Il se trouve que je suis aussi en charge d’une petite bibliothèque et que je ne vois aucune dichotomie entre papier et numérique.

D’abord mon premier objectif étant de trouver le document ou l’information coûte que coûte, peu m’importe qu’il soit en ligne, numérisé ou en papier. De plus,  le service de documentation que je dirige n’a pas les moyens, pour le moment, d’acheter des livres électroniques, et encore moins des tablettes de lecture ou autres liseuses. D’autant plus, qu’ il faut du temps pour abattre les réticences et changer les pratiques, et même si certains y sont prêts, ils rechignent encore à consulter un code numérisé ou une instruction budgétaire en ligne. A juste titre, il y a des documents dont l’austérité et la complexité de la structure nécessitent qu’on puisse les étaler devant soi.

Hors du cadre professionnel, pour mon usage personnel, je continue à acheter des livres, qui pèsent parfois une tonne dans ma besace, déforment mes poches, m’encombrent au moment de sortir mon porte-monnaie et on une fâcheuse tendance à se gondoler quand je les lis dans le bain…. Mais j »ai aussi souvent le plaisir de pouvoir consulter (Merci Gallica !) gratuitement de vieux livres et d’anciens journaux ou d’acheter numériquement des livres épuisés.

Les livres sont des merveilleux compagnons. A l’heure où je vous écris, dans mon bureau à la maison, ils couvrent trois murs jusqu’au plafond et me murmurent à l’oreille; à l’étage des garçons, le couloir abrite les livres de jeunesse, les bandes-dessinées, les revues; dans les chambres d’amis, vous pouvez voyager avec tous les guides ou avec tous les polars. Il sont aussi sous la table du salon, dans les toilettes et dans les chambres de mes enfants. Il y a quelques temps, j’ai fait un désherbage, au grand dam de mon mari :  décevantes rencontres et doublons sont allés enrichir d’autres personnes. Les livres sur les étagères pèsent un tonne dans les cartons au moment des déménagements et rallongent les temps de ménage quand vous décidez de dépoussiérer….

Mon mari a fait son entrée en lecture en lisant des SAS; je me souviens que mes enfants, jeunes, déchiffraient les petites bandes dessinées sur les packs de lait ou les paquets de céréales : s’est-on jamais inquiété de savoir si c’était un support adéquat ?

L’important que ce soit dans mon travail ou dans ma vie personnelle, c’est de donner envie de lire, qu’ils lisent, qu’ils aient trouvé ce qu’ils avaient envie de lire, qu’ils en fassent leur miel ou pas, qu’ils dévorent ce qu’ils veulent : auteurs reconnus, chick lit, bd, guides méthodologiques juridiques, modes d’emploi, recettes de cuisine, jurisprudence…

Le plus dommage, à mon sens, serait de ne pas lire.

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3 réflexions sur “Tourner la page ?

  1. Nous sommes des mangeurs de papier, mais depuis un an, je me sépare et donne les milliers de livres que j’ai accumulés en trente ans. J’ai décidé de n’en garder que cent dans la bibliothèque. Ce qui ne m’empêche pas d’en acheter et d’en lire encore et encore (sans être encore passée au livre numérique : l’angoisse de la batterie plate).

  2. Tout à fait d’accord! D’ailleurs je t’ai taguée, toi l’amoureuse de lecture, tu devrais aimé! …

  3. J’approuve ta conclusion à 200%. Qu’importe le support, pourvu qu’on ait l’ivresse de la lecture …
    En ce moment, je suis plus bibliothécaire que documentaliste ; mais parfois, c’est l’inverse.
    Dans mon domaine, les soins infirmiers, beaucoup d’écrits en anglais ne sont disponibles qu’en version électronique et payante (cher !), il faut nous adapter au support.
    J’apprécie toujours l’objet livre, hein !

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