La vie et rien d'autre

Tome 3


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Tourner la page ?

On croit souvent parce que je suis documentaliste que j’ai un amour du livre irrépressible, le livre-objet, celui dont on tourne les pages, qu’on emmène partout, et dont tout le monde craint qu’il ne soit en voie de disparition.

Pour être tout à faire claire, la documentaliste se préoccupe plus de collecter et de diffuser, moins de stocker comme le fait davantage une bibliothécaire ou de conserver comme une archiviste. Il se trouve que je suis aussi en charge d’une petite bibliothèque et que je ne vois aucune dichotomie entre papier et numérique.

D’abord mon premier objectif étant de trouver le document ou l’information coûte que coûte, peu m’importe qu’il soit en ligne, numérisé ou en papier. De plus,  le service de documentation que je dirige n’a pas les moyens, pour le moment, d’acheter des livres électroniques, et encore moins des tablettes de lecture ou autres liseuses. D’autant plus, qu’ il faut du temps pour abattre les réticences et changer les pratiques, et même si certains y sont prêts, ils rechignent encore à consulter un code numérisé ou une instruction budgétaire en ligne. A juste titre, il y a des documents dont l’austérité et la complexité de la structure nécessitent qu’on puisse les étaler devant soi.

Hors du cadre professionnel, pour mon usage personnel, je continue à acheter des livres, qui pèsent parfois une tonne dans ma besace, déforment mes poches, m’encombrent au moment de sortir mon porte-monnaie et on une fâcheuse tendance à se gondoler quand je les lis dans le bain…. Mais j »ai aussi souvent le plaisir de pouvoir consulter (Merci Gallica !) gratuitement de vieux livres et d’anciens journaux ou d’acheter numériquement des livres épuisés.

Les livres sont des merveilleux compagnons. A l’heure où je vous écris, dans mon bureau à la maison, ils couvrent trois murs jusqu’au plafond et me murmurent à l’oreille; à l’étage des garçons, le couloir abrite les livres de jeunesse, les bandes-dessinées, les revues; dans les chambres d’amis, vous pouvez voyager avec tous les guides ou avec tous les polars. Il sont aussi sous la table du salon, dans les toilettes et dans les chambres de mes enfants. Il y a quelques temps, j’ai fait un désherbage, au grand dam de mon mari :  décevantes rencontres et doublons sont allés enrichir d’autres personnes. Les livres sur les étagères pèsent un tonne dans les cartons au moment des déménagements et rallongent les temps de ménage quand vous décidez de dépoussiérer….

Mon mari a fait son entrée en lecture en lisant des SAS; je me souviens que mes enfants, jeunes, déchiffraient les petites bandes dessinées sur les packs de lait ou les paquets de céréales : s’est-on jamais inquiété de savoir si c’était un support adéquat ?

L’important que ce soit dans mon travail ou dans ma vie personnelle, c’est de donner envie de lire, qu’ils lisent, qu’ils aient trouvé ce qu’ils avaient envie de lire, qu’ils en fassent leur miel ou pas, qu’ils dévorent ce qu’ils veulent : auteurs reconnus, chick lit, bd, guides méthodologiques juridiques, modes d’emploi, recettes de cuisine, jurisprudence…

Le plus dommage, à mon sens, serait de ne pas lire.


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Battement des coeurs

Tomber dans l’amour n’est pas propre à la jeunesse et est pure magie.  Et vous, comment en  êtes-vous arrivé là ?

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Cela a- t-il commencé par un doux penchant, une inclination lente mais sûre guidée par une affinité de la pensée ?  Peu à peu toute votre âme et tout votre corps ont penché vers l’être aimé. Pas de grand renversement, ni de mots enflammés, juste une grandissante et caressante affection qui vous a conduit jusqu’au sentiment de l’amour…

Ou alors fut-ce d’un coup de tonnerre, d’un coup de foudre que l’être aimé vous fut révélé dans toute sa splendide beauté ou son subtil esprit ? Une tocade ou une toquade (Entendez-vous encore l’amour qui toqua à votre coeur ?), donc. Et vous voilà partie sur les chevaux du vent de la passion. Presque un caprice, à coup sûr un engouement subit.  Emportement passager, l’amour est parfois si déraisonnable, mais qu’il est bon, telle une foucade, de se laisser gouverner par ses sensations. Elan, fougue, transport…! Mais où sont passées nos extravagantes frasques de jeunesse  ?

Perdez la tête encore et aimez, aimez toujours !


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Je suis dans le jardin de mes pensées

Je resserre mon gilet autour de moi, mais cette fois, c’est mon mari qui a remonté le chauffage. Dehors, le ciel est gris brumeux depuis des semaines et crève l’abcès, souvent, par pluies éphémères. L’hiver, mon corps se recroqueville et si j’étais un chat, je ferai comme le nôtre, j’irai me chauffer les os sur nos vieux radiateurs en fonte… Ma peau se crispe  et mes pensées se resserrent dans des espaces où je ne vous emmènerai pas. Vous n’y comprendriez rien, et moi-même d’ailleurs…

L’avantage de l’hiver, c’est qu’on voit mieux les mésanges jaunes, la merlette, le rouge-gorge de notre jardin, les tourterelles, les moineaux et le chardonneret élégant se gaver de graines de tournesol et de margarine. Hier, un geai, la beauté du diable était dans le jardin; cet oiseau multicolore mange les oeufs et pourchasse les oisillons. Dans notre jardin, les perce-neige, les narcisses et le cognassier du Japon ont fleuri, hiver, printemps et été mêlés.

Ce matin, j’ai acheté des mets tout prêts à manger parce que cuisiner aurait dérangé mes idées. Quand le ciel est gris en suspens, le temps s’étire plus lentement. Cet hiver est interminable, même mon mari semble le penser, qui me demande ce qu’il y a à faire dans le jardin. Alors j’ouvre mon jardin mois par mois, et il faudrait épandre le compost, supprimer les feuilles jaunes et les fleurs fanées, colorer en bleu mes hortensias si je voulais, diviser les perce-neige quand ils seront fanés, tailler les rosiers et les arbustes d’été. Bientôt il nous faudra décider par quel arbre remplacer le mimosa mort des froids de l’hiver dernier. J’ai bu un café, et refermé la dernière page de Rosa candida. La taille du pommier devra attendre la fin des gelées, mais on peut tondre à toute période de l’année. Il y a des livres qui semblent vous épouser, à moins que ce ne soit vous qui les rencontriez.

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