La vie et rien d'autre

Tome 2


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Celestina, cuisinière

J’utilise un livre de cuisine contemporain depuis vingt ans qui me satisfait tout à fait : les recettes sont présentées par ordre alphabétique d’ingrédients ce qui me permet de cuisiner selon ce que je trouve sur le marché tous les samedis matins.

Mais j’ai aussi un vieux livre dont l’édition date de 1927 écrit par une mystérieuse Blanche Caramel « Le nouveau livre de cuisine » que j’aime beaucoup.  J’ai acheté ce livre il y a une quinzaine d’années dans un vide-grenier, non pas seulement parce que je recherchais des recettes classiques, mais aussi parce qu’à l’occasion, je collectionne les vieux guides, et que j’aime à imaginer à qui ils ont pu appartenir…

2013-01-20

Cette fois-ci, j’ai pu mettre un nom sur la précédente utilisatrice qui avait laissé une note manuscrite pour assaisonner les raviolis, et une autre à même le livre : elle signait Celestina et, qui sait, était peut-être la cuisinière italienne d’une famille. Son autre annotation indique comment faire bouillir du haddock et des pommes de terre dans du lait avant de les déguster ensemble;  elle est rédigée en français avec quelques « fautes italiennes » ce qui la rend assez émouvante.

Chez Blanche Caramel, au nom si approprié, on trouve des menus pour les repas de tous les jours et ceux pour les grandes occasions (mariage, Pâques, Noël…). Pour la première communion, on vous propose un menu riche ou un menu blanc monochrome et pour le Carême, des repas sans viande, et un menu pour votre panier de pique-nique particulièrement tentant !

Il y a aussi une liste mensuelle des meilleurs produits de saison, comment accommoder les restes, les sauces et les liaisons, etc. Et puis, des recettes au nom étrange : tarte à la bouillie, nouilles au sucre, fraises du pays des géants, boulettes de tomates, exquis à la fécule… et d’autres beaucoup plus appétissantes ! Un vrai voyage culinaire et historique.

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La lettre de château

Vous aviez bien ri quand je vous avais écrit que je pratiquais les plans de table : foin des placements hasardeux ! Certaines m’ont appris à cette occasion qu’elles suivaient aussi ces préceptes; de fait, je me suis sentie soudain beaucoup plus normale…

Peut-être alors, aurez-vous été incité dans votre jeunesse, comme moi, à écrire des lettres de château… ?

Celles-ci s’envoient après un séjour, ne serait-ce que d’une nuit, passé chez des amis ou des parents, habitant ou non dans un château, d’ailleurs !
Adressée à la maîtresse de maison de trois jours à trois semaines après la fin du séjour, cette lettre a pour objectif de remercier de la qualité de l’accueil, de vanter l’ambiance de la maison, la beauté de la propriété et des lieux, les talents de cuisinière de votre hôtesse,  l’esprit éventuel de certaines conversations, et une ou deux histoires piquantes…

Au XIXème siècle dernier, cela pouvait donner cela :

Chère Tante,

Permettez-moi de vous remercier encore mille fois de l’empressement et de la bienveillance de votre hospitalité. Venir passer quelques jours chez vous est pour moi plus que des vacances; c’est une véritable détente, particulièrement après l’année occupée que nous connaissons tous. Je n’en apprécie que plus l’accueil que vous-même et mon oncle me réservez, comme à chaque fois que, que j’ai le privilège de séjourner à Beaumanoir.
Dois-je vous redire à quel point la possibilité de profiter librement des rafraîchissements de votre parc ombragé, des plaisirs de la promenade dans cette si douce campagne tourangelle, des tendres taquineries de mon oncle et de mes plats préférés concoctés comme par hasard, par votre cuisinière, ont rejoint mes souhaits les plus chers ?

Recevez , chère tante, l’expression de mes sentiments affectueux.

Vous apprécierez l’emploi raffiné du point-virgule…

Ou celle, aujourd’hui, que j’aurais dû écrire à mon amie Marion :

Chère Marion,

Je tiens à te remercier, à nouveau, de ton accueil toujours si prévenant et bienveillant. Découvrir ta grange de montagne a été pour moi plus qu’une aventure; ce fut un enchantement, particulièrement alors que nous étions tous réunis dans l’attente du passage à une nouvelle année. Je n’en ai apprécié que plus, le confort douillet de ta maison pyrénéenne, qui n’a rien à envier à ta maison de  Pau.

Quitte à me répéter, je te redis à quel point les conversations débridées entre amis, les apéritifs autour de vins multiples et excellents, les repas pris autour de mets remarquables et les parties de jeux de société, ont été au-delà de tous mes voeux.

Je garderai un souvenir ému de ma séance de farcissage et de couture du chapon, de ma dégustation assidue des niniches, des plaisanteries échangées au goût plus ou moins sûr, des randonnées escarpées que je n’ai pas faites, de la vue imprenable sur les sommets enneigés et du merveilleux spectacle immaculé du 2 janvier à notre réveil.

Je t’embrasse.

Et soudain, j’ai un peu honte du peu de formes et d’application que je peux mettre à remercier. Car il ne s’agit que de cela, dire merci en des termes sincères et complimenteurs, et surtout en prenant son temps ! Autant dire qu’un texto n’y suffirait pas, quant au courriel… Ah ! Vaste débat.


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Pluies d’automne

Petite récolte cet automne, car pour des raisons professionnelles, je me suis remise à lire Le Monde, et c’était drôlement bien ! Enfin, drôle n’est peut-être pas le terme adéquat, parce qu’il s’en passe des choses dans le monde, et pas toujours des plus gaies, mais à lire le journal où on lit surtout le pire, on en oublierait qu’il y a des gens et des réalisations tout à fait formidables.

Et puis, j’ai maquetté ce nouveau blog après avoir pensé à le scinder, à l’arrêter… Pour me rendre compte finalement, que j’avais juste envie d’un relooking et besoin d’un nouveau souffle : une fois décidée, je n’avais plus qu’à accoucher du projet tout de suite ! Le temps de trouver la plate-forme, de structurer, de rebaptiser, de faire des essais, le temps à passer…

Voici donc les rares livres lus cet automne :

Les sortilèges du Cap Cod, Richard Russo,  » Le réveil trônant sur la table de nuit de sa chambre d’hôtel n’affichait que 5:17, et pourtant Jack Griffin, tout à coup parfaitement réveillé, comprit qu’il n’arriverait pas à se rendormir. » Très beau roman, sensible et doux-amer sur nos relations avec nos parents, nos enfants, nos conjoints : sujet ô combien classique, mais traité avec finesse et ironie.

Les débutantes de J. Courtney Sullivan.  » Robin Hughes termine ses études à l’université de Northwestern avec un master en santé publique en main.  » Littérature de campus, histoire bien tournée, histoires de jeunes femmes, mais avec plus de profondeur qu’il n’y paraît au premier abord.

Panique à Pornic, par les élèves de CM de Saint-Gatien avec la complicité de Marie Sellier :  » ça y est nous y sommes « . Ecrit par mon neveu, entre autres, un livre collectif écrit le temps d’une classe de mer, sur une classe de mer. Très sympa !

Tous paranos ? Pourquoi nous aimons tant les complots… Laurent Bazin, Pierre-Henri Tavoillot.  » Comment expliquer les sombres attraits de la théorie du complot ?  » Court débat écrit entre experts sur notre manie de voir des conspirations partout.