La vie et rien d'autre

Tome 3


3 Commentaires

Fond du Puy

Nous sommes allés récemment en famille visiter le Puy du fou. 25 ans s’étaient écoulés depuis notre dernière visite, dont nous gardions peu de souvenirs hormis le très beau spectacle. Désormais le Puy du fou a pris de l’ampleur et a même obtenu le Thea Classic Award, premier prix des parcs de loisirs.

Ce qui est toujours aussi séduisant, ce sont les villages, de l’an Mil, médiéval, XVIIIème et XIXème aussi. Il est toujours intéressant de voir les artisans à l’oeuvre : tailleur de pierre, relieuse, émailleuse, forgeron et ferronnier… Les reconstitutions architecturales sont convaincantes, les  » habitants  » en costume d’époque et en fermant les yeux on pourrait presque s’y croire ! Il y a toujours quelques surprises, comme cette marchande qui déboule dans sa boutique, et dont les sabots contre le sol en pierre me font soudain réaliser qu’il y a des bruits oubliés… Le petit potager en carrés est ravissant et j’ai appris qu’on devait l’introduction de la groseille aux Vikings, et qu’il existait une fraise blanche !

Les spectacles ne sont pas en reste, ils utlisent des espaces et moyens assez impressionnants. La course de chars dans le cirque romain est assez saisissante ainsi que l’attaque viking et la démonstration de fauconnerie est toujous aussi captivante, pour ne citer que quelques exemples.

Le parc est ombragé, les services et attractions bien organisés et le tout très propre.

Là où ça se gâte, ce sont dans les textes d’accompagnement des spectacles. Soit ma licence d’histoire m’a rendu pointilleuse, soit je suis de plus en plus une mécréante, mais certains des textes qui accompagnent les spectacles sont un galimatias historico-catho-régionaliste qui m’a laissé assez perplexe : non, nous n’avons pas fraternisé avec les Vikings et je pense qu’ils n’avaient que faire des cendres de Saint-Philbert à Noirmoutier (je connais très bien Philbert, j’ai passé toutes mes vacances d’été à ses côtés pendant vingt ans ! ). Il faut se rendre à l’évidence : ces spectacles fleurent le catéchisme aux amalgames hasardeux et périlleux…. Mon mari, professeur d’histoire, a même remarqué qu’il n’était jamais question des Chouans, mais de Vendéens, courageux, fidèles et persécutés, vision assez partielle de l’histoire révolutionnaire… 

Cependant, cet effet assez désagréable s’atténue avec la Cinéscénie. Les motivations de Philippe de Villiers, auteur et metteur en scène, y sont plus évidentes, avec l’appui d’un texte un peu lyrique mais qui ne manque pas de poésie, et la belle voix de Philippe Noiret : hommage à l’histoire vendéenne, à ses hommes, paysans et nobles, goût des grands moments historiques et des tâches de la vie quotidienne.

Moyens techniques superbes, nombre impressionnant de bénévoles sur scène qui nous proposent, tels des santons, autant de petits tableaux vivants, c’est certain : un souffle passe sur cette histoire de la Vendée ! 


Poster un commentaire

Rencontres printanières

Me revoilà. Avec retard, mes lectures du printemps et dans mon escarcelle, plein de choses à lire sous le soleil de Toscane que je vous présenterai début septembre.

C’est un ami d’enfance, c’est un premier roman, un thriller qui met en scène avec talent notre ville natale, Tours. Maudite soit-elle de Vincent Desombre commence ainsi :  » Debout dans le silence de la nuit, l’homme regardait les informations télévisées. «  Et après vous ne voulez plus lâcher l’histoire avant de l’avoir finie !

 

La mort à deux visages, Nicolas Ménard. C’est un cousin qui écrit là son 2ème polar. Dans le 1er, l’action se passait en Sologne, et ici, nous nous retrouvons à Annecy pour nous arracher des griffes d’une secte.  » Elise Naudin venait de terminer la lecture du dernier ouvrage de Léopold Cuvier.  » Une intrigue complexe et époustouflante !

Sale temps, Sara Paretsky avec l’héroïne Vic Warshawski.  » Lacey Dowell reculait face à un ennemi qui demeurait invisible, serrant fort un crucifix contre sa fière poitrine blanche.  » Un scénario qui aurait été comme écrit pour le cinéma avec une écriture efficace mais qui ne laissent pas le temps de s’attacher aux personnages.

Shakespeare and Company, Sylvia Beach :  » Mon père, le révérend Sylvester Woodbridge Beach, D.D., fut, pendant dix-sept ans, le pasteur de la Première Eglise presbytérienne de Princeton (New-Jersey). «  Les souvenirs de la librairie parisienne éponyme (que si vous ne connaissez pas encore, c’est tant pis pour vous !) qui a vu passer James Joyce, André GidePaul Valéry, Jules Romains… Une narration vive, drôle et toute une époque culturelle en quelques pages…

 Doux repos à la librairie Shakespeare and co

A quoi rêvent les filles de Mindy Klasky :  » J’adore le théâtre.  » Un peu de chick-lit ,  » littérature de poulette  » littéralement, c’est-à-dire qu’en gros, l’effet de détente est immédiat et le souvenir peu persistant !

Unique dAlison Allen-Gray :  » Je suis tout en haut de la montagne, adossé à la roche, respirant l’air froid imprégné de l’odeur des moutons et de la senteur de la terre « . Mon fils Vincent a été scotché par ce livre, et à juste titre. Un très bon thriller jeunesse sur le clonage et l’identité, écrit avec finesse et avec des personnages très attachants ! 

Bonus de Laurent Chalumeau :  » Tout de suite, le jour où il était venu s’installer chez eux, un moment que Charlotte était à la cuisine, Fabrice avait dit à Romain,  » Sérieux ? ça te gêne pas que je suis pédé ? «  Des personnages déjantés, des actions qui partent en vrille, l’anti-polar où on se perd avec plaisir !

Si ma tante en avait de San Antonio :  » Je regarde tomber la pluie. «  C’était mon premier San Antonio, et le deal était que mon mari lise son 1er Jane Austen. Il a mis plus de temps à lire Orgueil et préjugés que moi à savourer les bons et jeux de mots d’un virtuose en la matière !

 

Bel été de lectures à vous ! 

 


5 Commentaires

Soleils d’été

Ah l’été ! …et ses longues plages de lecture ininterrompues ! Immersions aussi agréables que celles dans la piscine de notre location toscane…

A coeur vaillant de Clotilde Pozzoli : au printemps il y avait un ami d’enfance et mon cousin, et maintenant je demande ma… Tante ! Son 2ème roman : tranches de vies de plusieurs familles qui sont l’occasion de parler de sujets qui lui tiennent à coeur : l’Education nationale, la religion, l’adolescence…
 » – Tu roules pas un peu vite ? lâche Florence, d’un air faussement dégagé mais réellement crispée sur son siège. « 

La dernière conquête du Major Pettigrew d’Helen Simonson.  » Encore bouleversé par le coup de téléphone qu’il venait de recevoir de l’épouse de son frère, le major Pettigrew ouvrit sa porte, sans réfléchir. « 
On se croirait à Saint Mary Mead, et même si Miss Marple n’apparaît pas, on se demande bien comment va finir cette histoire d’amour dans ce pas-si-charmant village. So british, au charme légèrement surrané, un bonbon acidulé à croquer sans hésitation !

Partie de pêche au Yémen de Paul Torday, une idée de départ loufoque, des personnages désemparés au pays de la communication politique et du pouvoir de l’argent. Juste cynique.
 » Cher Dr Jones, nous nous adressons à vous sur la recommandation de Peter Sullivan, du ministère des Affaires étrangères et du Commonwealth (FCO) (Direction Moyen-Orient et Afrique du Nord). « 

De beaux lendemains de Russel Banks :  » Un chien – c’est un chien que j’ai vu, j’en suis sûre. « 
Roman à plusieurs voix, plusieurs vérités, saisissant de sensibilité, simplicité de l’écriture et puissance de la suggestion. Un écrivain.

 Le masque de fer, Jean-Christian Petitfils :  » Au large de la riante baie de Cannes, paresseusement allongée sur une mer d’un bleu toujours éclatant, s’étendent les îles de Lérins. » Vous voulez enfin savoir LA vérité ? Vous n’avez plus qu’à vous plonger dans cette enquête menée avec la précision et la rigueur d’un excellent historien, réputé pour ses nombreuses et excellentes biographies.

L’étudiant étranger, Philippe Labro :  » En réalité, personne n’a jamais su pourquoi Buck Kushnick s’était suicidé « .
Je l’ai donné à lire à mon fils aîné ; je l’avais lu à son âge, comme je partais au Texas, mon fils partait cet été à Chicago. Il y a des parallélismes dont on se félicite et des relectures qui valent le coup, que ce soit à 17 ou à 44 ans…

Le manoir de Tyneford, Natasha Solomons :  » Quand je ferme les yeux, je vois Tyneford House ».
J’allais dire une gentille histoire, ce qui aurait été un peu condescendant, de ces histoires qu’on aime lire, et qu’on oublie assez vite…

Du côté de Jane Austen : 

Les filles de Mr Darcy, Elizabeth Aston :  » La ville et la campagne sont deux mondes bien différents ».
Encore un produit dérivé d’Orgueil et préjugés : je ne peux pas m’empêcher de les lire. cela donne quelque chose d’assez adolescent et forcément décevant : Jane sort de ta tombe !

La mort s’invite à Pemberley de PD James :  » Les habitantes de Meryton s’accordaient à penser que Mr et Mrs Bennett avaient eu bien de la chance de trouver des maris à quatre de leurs cinq filles.  »
Le fantasme ultime d’une janéite, écrire une suite à Orgueil et préjugés ! J’ai donc lu le polar de cet auteur, dont l’exercice est fort intéressant et amusant à lire, mais les personnages ne prennent pas vie, comme si PD James, trop respectueuse de Jane Austen, n’avait pas osé s’accaparer les personnages, alors que quand on connaît Adam Dalgliesh, héros récurrent de ses polars, on est forcément séduite par ce personnage complexe et élégant. Bref, ce n’est pas demain qu’on ressuscitera Elizabeth Darcy…

Du côté XIXème siècle : 

Quelle époque ! d’Anthony Trollope :  » Qu’il me soit permis de présenter au lecteur Lady Carbury, assise à son bureau, dans son cabinet privé, à son domicile de Welbeck street : l’intérêt que peut avoir ce livre doit beaucoup à sa personnalité et à ses actions. «  Une épopée du temps des constructions des lignes de chemins de fer, des spéculations boursières et des industries de coton. Une histoire où s’entremêlent les nombreuses histoires de personnages dépeints sans complaisance, et qui tentent de s’en sortir pour le mieux…

Les boucanières, Edith Wharton :  » C’était au plus haut de la saison des courses à Saratoga.  » 
La peinture haute en couleurs d’une société en pleine mutation, l’affrontement de deux mondes, celui de l’aristocratie terrienne anglaise et des hommes d’affaires, nouveaux riches, américains : une comédie de moeurs brillante et vibrante !

Du côté des polars : 

Casanova et la femme sans visage, de Olivier Barde-Cabuçon :  » La nuit avait envahi les nuits de Paris et déposé un voile noir sur le carrosse immobilisé au milieu de la nuit déserte. « 
Un polar historique excellent, fin, bien documenté, mais sans qu’on est l’impression que l’auteur veuille vous faire un exposé, bref, un très plaisant moment de distraction.

Bleu catacombes, Gilda Piersanti :  » – La porte !  » 
Un peu de culture, un peu de suspens, la recette du Sprit et de quelques autres italienneries… Une intrigue horrible, qui manque d’un peu de rythme parfois.

Alex, Pierre Lemaitre :  » Alex adore ça « .
Un scénario qui prend aux tripes mais des effets et des phrases un peu téléscopés parfois.