La vie et rien d'autre

Tome 2

Dans ma cocotte

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Depuis que ma vie a croisé une cocotte en fonte, je crois dur comme fer aux mijotés, ragoûts et autres potées. Ma maman disait qu’il était réconfortant de manger. Je crois que cette phrase s’applique particulièrement aux plats des saisons froides qui mijotent et embaument la maison.

Outre le civet de ma grand-mère, dont j’ai hérité la recette et dont la seule évocation me fait saliver, j’aime cuisiner le lapin, aux deux moutardes, au cidre, aux pruneaux. Le lapin a une chair fine qui permet des mariages savoureux, et qui? plus on la réchauffe? plus gagne en saveur : il faut juste ne pas tout manger la première fois !

Le petit salé aux lentilles et cette odeur forte et rustique des lentilles vertes du Puy dont la cuisson peut être délicate, si on ne veut pas obtenir de la purée, me ramènent aux souvenirs avec mon grand-père auvergnat aujourd’hui disparu.

La potée au chou est aussi champêtre que le précédent : du porc, du chou, et vous voilà prête pour affronter les froidures hivernales.

Le pot-au-feu avec ses navets, ses carottes, son os à moëlle… Il paraît qu’avec les restes de viande, on peut faire du hachis parmentier ou un boeuf miroton-mironton… Las ! Chez nous, il ne reste jamais que le bouillon qui nous sert à faire du potage aux pâtes alphabet, étoiles ou au vermicelle !

L’été, je cuisine la daube provençale : un vrai miracle alchimique ! 

Récemment, j’ai cuisiné un boeuf bourguignon, bio et associatif (merci Christine !) mijoté dans le Fronsac, qui avait mariné dans le Fronsac toute la nuit, et dont le résultat gustatif valait bien le vin !

La blanquette de veau à l’ancienne avec sa sauce blanche au goût fin, fin, fin… Et, un de mes plats de fête est le veau Orloff…Outre le luxe que constitue la dégustation de veau, ce nom a toujours un petit côté  » à la cour du tsar  » qui avive mes papilles ! Cette recette fut créée par le cuisinier Urbain-Dubois qui resta le chef pendant plus de 20 ans du comte Orloff, ministre du tsar Nicolas 1er.

J’aime les paupiettes, un plat que faisait souvent ma maman. Facile à cuisiner avec des carottes et de la sarriette. Un plat du Dimanche vite fait qui a le goût du-bon-petit-plat-mijoté, mais a cuit en 30 minutes…

Pas de viandes blanches sèches quand elles cuisent dans la fonte : pintade au miel, poulet sauce Carole, filet de porc au romarin et aux haricots blancs à la tomate… Elles restent tout en moëlleux et en saveur !

Mon grand-oncle Guy est chasseur, et avec son fusil, il ramène lièvres, perdrix et faisans. Le goût du gibier faisandé est sans doute particulier pour beaucoup. Pour moi, c’est un des goûts les plus prononcés de mon enfance. Au Moulin, devant la grande cheminée, les repas de famille à n’en plus finir et à n’en plus pouvoir manger… Dehors il faisait froid, mais on s’en fichait bien !

Parfois je me remémore mon séjour texan et me prend l’envie d’un chili con carne.

Il n’y a pas que la viande qui a le droit aux honneurs de la cocotte : le lieu avec pommes de terre et asperges vertes, les moules à la crème, marinières ou au curry, la potée océane, la marmitte dieppoise, la cotriade bretonne…

Heureusement, il me reste tant de plats à expérimenter : osso-bucco, gigot de sept heures, choucroute, poulet Marengo…

Et vous, à quoi parfumez-vous votre maison ?  

 

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