La vie et rien d'autre

Tome 3


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Juillet : vers la pêche miraculeuse

 

Des pommes, des poires, des prunes, des coings et du raisin en devenir…. Des tomates aussi. Moins de plaisir pour les yeux, presque toutes les fleurs sont fanées, mais plein de promesses gustatives pour notre retour de vacances…

 

Nous avons mis Pif, Paf et Pof dans le bac de récupération des eaux pluviales : j’ai écrit à ma petite soeur de faire attention quand elle puisera l’eau pour arroser les tomates… !

 

Notre voisin bienveillant les arrosera aussi, les mangera et nous gardera le surplus bien au frais au cellier pour attendre notre retour. Nous avons cependant manger nos premières tomates-cerises goûteuses et nos premières noires de Crimée, douces et parfumées. Plus tard, les coeurs de boeuf en salade ou farcies feront notre délice !

 

Récemment mis à jour-1 Photos faites par M. Today alors que l’orage menaçait et que je craignais de ne pas être rentrée à temps.
Cliquez si vous voulez voir de plus près !

 

Le temps hésite, doux et humide, tantôt brouillasseux, tantôt ensoleillé, mais pas très franc du soleil, hélas… Là où nous allons, l’océan est trop loin pour que le rythme des marées influence le temps, et j’espère bien pouvoir me chauffer la peau et faire le plein de lumière : SOLEIL !

 

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La poussière, les objets et moi

J’ai vaincu la poussière et le désordre en plusieurs jours. Le prix à payer pour avoir une grande maison et avoir laissé passer l’année scolaire sans travaux pratiques très approfondis…

Vaincre la poussière n’est pas une mince affaire. Il y a toujours des endroits où la déloger : les bords des plinthes, les dessous de  meubles indéplaçables, les dessus des abat-jour, les corniches-moulurées-tout-en-haut. Et puis, pleine de bonne volonté, vous ouvrez une fenêtre, la brise s’engouffre dans la pièce et tous les moutons se mettent à courir…

Et une fois que toute la poussière est effacée, ou retombée un peu plus loin…, il reste les traces de doigts sur les portes, les interrupteurs, les murs…

Et c’est sans compter sur les vitres à faire. Mais comme si ces mètres carré de verre à nettoyer ne suffisaient pas, il y a aussi leur encadrement, chez nous en PVC, qui, se nettoie parfaitement avec mon dissolvant à vernis à ongles…

Et d’ailleurs, tiens, je ne vous parlerai pas de l’état de mes ongles et de la pulpe de mes doigts après qu’ils ont trempé dans différents produits d’entretien pas bios du tout.

 

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Source :  Le blog des paresseuses

 

Cela, c’est la partie ménage… Il y aussi la partie tri-rangement… Je commence par l’étage des garçons. Je m’allonge sur le parquet pour regarder sous leur lit… Si vous ne saviez pas qu’il y a un monde parallèle sous le lit de vos enfants, c’est que vous ne vous êtes pas assez penchées… Remarquez il me suffit de pointer le nez à la porte de leur chambre pour constater que ce ne sera pas un passage éclair… Je m’interroge sur la compétence experte qu’ont mes enfants à occuper l’espace. Je repense à ma mère et à la chambre de mon frère ; je repense à cette citation de la psychologue, Maryse Vaillant :  » Ce désordre matériel correspond à une nécessité qui, à cet âge, est presque vitale : l’adolescent doit désordonner le système familial pour trouver son chemin et devenir autonome.  » C’est une bonne nouvelle, en fait (si, si…) : mes enfants sont en excellente voie d’autonomisation…

Et là, j’agis en lâche, j’avoue (comme dirait mon fils cadet). Je profite de leur absence pendant quelques jours pour me transformer en un monstre implacable et je jette les objets cassés, ébréchés, en attente d’un je-vais-le-réparer-, ou ceux qui peuvent-toujours-servir mais qui prennent la poussière depuis plusieurs années sur les étagères, ou ceux périmés ou encore des vêtements non portés depuis deux ans. Du 2nd étage, je descends peu à peu, armée de mon balai-éponge, de mon aspirateur, de mon chiffon et de mes sacs poubelles 100 litres et triple épaisseur. Même le cellier, le mudroom et le garage, où mon mari règne habituellement, sont passés au peigne fin. Plusieurs passages à la jaille (ici, c’est ainsi qu’on appelle la déchèterie) seront nécessaires.

J’ai de plus en plus de mal à admettre que ma vie se réduit à ce fatras, cet empilement… L’espace autour de moi fait de l’espace en moi. Des souvenirs, qui avaient perdu toute charge affective et émotionnelle, ont été jetés. Ce que l’on devrait acheter ne devrait être que beau et utile, l’utilité n’étant pas seulement fonctionnelle mais pouvant participer à son bien-être mental. 

Mon mari, revenu de vacances, semble consentir, pour la première fois, à ce besoin d’espace et de rationalisation. Je donne aussi des livres qui ne m’ont pas touchés : si je meurs demain, je ne veux laisser à mes enfants que ceux qui m’ont façonnés. 

Partis en famille ce week-end pour une fête d’anniversaire, j’apprends que mon mari et ses réserves de pâtes ne sont qu’une petite pathologie comparée au mari d’une invitée qui m’apprend que son cher et tendre a, dans leur maison, tout un étage d’objets de récupération…     

Je crois bien que maintenant, il est plus important de posséder ma vie que tous ses objets. Pourtant je suis loin du style dépouillé, zen ou ascétique… Les maisons très vides me reposent, mais m’angoissent aussi en me renvoyant sans doute aussi à mes propres vides et peurs… Ce que j’aime dans les maisons truffées d’objets, c’est l’histoire qu’ils racontent ou qu’on se raconte…

 

Je me demande quels sont les objets qui renvoient à l’essentiel de mon âme dans la maison… Faites le test, vous constaterez qu’il n’y en a peut-être pas tant que cela qui méritent qu’on dépense des journées entières à les épousseter et à les ranger, au lieu d’aller vivre sa vie.  

 

 

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Juin : en attendant l’été

Bien qu’en pleine grande intendance scrogneugneu  (j’ai encore des leçons de zen à prendre chez Agathe),  j’ai pris le temps de descendre au jardin pour étendre le linge et faire le point de ce mois de juin écoulé. 

Le jardin vit sur ses acquis : encore des boutons à éclore pour le cognassier du Japon et l’hortensia aura bientôt toute son envergure, le raisin est plein de promesse, le laurier rose tient sa couleur effectivement et les moineaux attendent que je sois partie pour prendre leur bain… Boston se chauffe la moëlle sur la pierre chaude de l’allée et contemple comme moi le gazon jaune et sec malgré les pluies de juin.

 

Récemment mis à jour

Le jardinier en titre étant absent, c’est moi qui ai arrosé les tomates, et attendre un tuyau à la main que l’eau s’écoule ne me passionne pas outre mesure, mais m’a laissé le temps de repenser, dans un sourire, à la prière de Karel Capek dans L’année du jardinier :   » Mon Dieu, faites qu’il pleuve tous les jours, à peu près de minuit à trois heures du matin, mais que ce soit une pluie lente et tiède, afin que le terre puisse bien s’imbiber; qu’il ne pleuve pas sur la lavande et toutes les autres plantes qui Vous sont connues, dans Votre infinie bonté, comme des plantes amies de la sécheresse; si Vous voulez, je Vous écrirai la liste sur un bout de papier; et que le soleil brille toute la journée, mais pas partout (par exemple pas sur les rhododendrons), et qu’il ne soit pas trop ardent; qu’il y ait beaucoup de rosée et peu de vent, une quantité raisonnable de vers de terre, pas de pucerons, ni de limaces, pas de moisissures, et que, une fois par semaine, il pleuve du purin étendu d’eau et de la fiente de pigeon. Amen. « 

 

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