La vie et rien d'autre

Tome 3

Ma madeleine à moi

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Les vacances approchent, les vacances arrivent, les vacances s’annoncent… Quelques semaines de travail, quelques longs week-ends, bientôt plus de leçons et devoirs à faire réviser… Les vacances approchent, vous dis-je !

Récemment, quand les premiers beaux jours ont vu émerger des chandails, les peaux un peu palottes de l’hiver, j’ai senti sur une femme que je croisai dans la rue, l’odeur à la noix de coco de l’ambre solaire. Cette senteur me donne un billet direct pour mes souvenirs d’enfance et d’adolescence noirmoutrins, à la façon de Pérec…

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Je me souviens des anguilles que mon grand-père allait pêcher dans les marais salants, qu’il égorgeait et « déshabillait » comme on enlève une chaussette et qui continuaient à se tortiller. Je me souviens de Papi, muni de sa torche électrique, engoncé dans son ciré, et chaussé de ses bottes kaki, partant à l’aube ramasser les escargots après une nuit de pluie, et de l’odeur de la persillade qui suivait quelques jours plus tard.

Je me souviens de la piscine dans la dune, avec ses hauts murs blancs, sa pataugeoire et son grand bain. Je me souviens, qu’après sa démolition, on a trouvé pendant longtemps dans le sable ses petits carreaux de faïence bleu.

Je me souviens de mes cours de planche à voile… la-bo-rieux !

Je me souviens de l’odeur de l’huile dont Mamie nous enduisait Delphine et moi : noix de coco !

Je me souviens d’avoir appris à nager la brasse dans un piscine bâchée posée sur la plage et d’en avoir fait des longueurs, avant, consécration ultime, être lâchée dans le grand bain… la grande bleue…

Je me souviens de Marco avec sa camionnette, sa musique carillonnante qui nous annonçait la fin de l’après-midi et les délices de la glace à l’italienne… Je me souviens qu’on n’a pas besoin de se souvenir de lui parce qu’il passe toujours.

 Je me souviens du groupe d’amis de mon âge, avec qui j’ai grandi. Nous sommes maintenant tous peu ou prou parents et.. quadras !

Je me souviens des balades et des feux sur la plage, quand les flammes attiraient toutes les puces de mer qui nous piquaient les fesses.

Je me souviens des pots pris à la Volière, le bar de l’hôtel du village d’à côté, décati et un brin ringard.

Je me souviens de nos après-midi passés sur la plage à bavarder entre amis.

Je me souviens des marchands de glace qui passaient sur la plage avec leur glacière en bandoulière, et de ma cousine qui avait inventé son propre slogan : « Gervais, c’est frais ! Miko, c’est chaud ! ».

Je me souviens du plaisir d’avoir chaud et d’être bronzée, du sable et des algues dans les maillots de bain, de nos serviettes qui s’envolaient au moindre coup de vent.

Je me souviens des longues nages, des chahuts dans l’eau, des rouleaux écumeux…

Je me souviens de mes parties de tennis avec Delphine ma cousine, ou Claire, une très bonne amie. Je me souviens des tournois de tennis qui ont été organisés pendant de nombreuses années, et qui nous réunissaient autour de nos amis participants. Et je me souviens d’un été où je n’étais pas venue à Noirmoutier (J’étais au Texas, merci Papa et Maman…) et où de retour de boîte de nuit, un de nos amis est mort dans un accident de voiture.

Je me souviens que nous allions dans une boîte, qui existe toujours mais dont je ne me rappelle pas le nom et qui avait une piscine à l’extérieur.

 Je me souviens du soir où j’ai bu mon premier whisky-coca et où Damien et Etienne ont dû me ramener à la maison, me portant chacun d’un côté. Mamie était toute chamboulée (la première ébriété de sa petite fille !) et Papi pas peu fier de voir que je me dévergondais enfin, et tout en tenant un tout autre discours devant Mamie, évidemment !

Je me souviens du premier garçon que j’ai embrassé (Il faut bien commencer…) et du deuxième ; je me souviens que le premier était le frère jumeau du second…

Je me souviens de notre escapade tous ensemble, escortés des parents de Claire, pour visiter l’Ile d’Yeu.

Je me souviens du jour où j’ai joué au tiercé avec mon grand-père et du restaurant où je suis allée dîner en compagnie de trois de mes amis auxquels j’avais promis de partager mes gains si je gagnais. Je me souviens d’avoir gagné dans le désordre une somme rondelette ! Depuis j’attends que Papi,de là où il est, me souffle la bonne combinaison…

Je me souviens, tous les jours, d’être reconnaissante à Noirmoutier et à mes grands-parents d’avoir eu des vacances dorlotées, ordinaires, au bord de la mer.

Et vous quelle est votre madeleine de Proust ?

 

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9 réflexions sur “Ma madeleine à moi

  1. Une de mes madeleines est un choral de Bach entendu si souvent chez ma grand-mère et que j’ai la grande joie de chanter en ce moment dans ma chorale.
    Merci pour ton joli « Pérec ».

  2. Ce mot signifie beaucoup pour moi puisque c’est le prénom de ma petite dernière et rien ne me fera oublier l’odeur du rôti dans la cuisine de mamie de bonne heure le matin pour le midi…
    et la joie de retrouver la mer après un an loin d’elle à chaque vacances, l’odeur un peu de renfermé de la maison d’été qui nous attendait sagement…

  3. là, comme ça, je me souviens de mon premier dos-nu vert pomme, offert pour un retour de colonie, il fallait le laver tous les soirs pour que je le porte tous les jours.
    il est appetissant ton paquet de madeleines !

  4. Ca me donne une idée de billet. J’ai passé assez peu de vacances à la mer mais toutes les sensations que tu décris me reviennent. Les poils des bras qui blondissent, aussi…

  5. Ca sent furieusement les vacances sur ce blog, j’aime ! Ma madeleine du jour ? Avoir craqué pour des tongs en pleine grisaille (il fait pourri aujourd’hui), en sentant mes petits pieds tous contents d’être en vacances…

  6. Et bien surtout des quelques vacances chez ma grand-mère, qui n’habitait pas au bord de la mer à l’époque… La lavande, le linge frais, les culottes petit bateau, le duvet, la mousse de bain, les toasts grillés le matin sur la terrasse sont quelques souvenirs que j’ai des jours passés chez elle et je chéris ces souvenirs…

  7. Comme d’habitude, il faut que je réfléchisse…

  8. Elles sont vraiment chouettes tes madeleines !
    La mienne, c’est la joie que je ressentais quand je partais en colonie (et oui, j’étais contente de partir !) et de la peine de rentrer et de me séparer de mes amis.

  9. Moi, je me souviens de maman qui en portait et de cette bouteille qui traînait, je la revois très nettement, merci de ce petit bout de madeleine bien appétissant…