La vie et rien d'autre

Tome 3

Ce qui me pousse

13 Commentaires

Ce qui m’empêche de dormir en ce moment, c’est d’avoir lu Sénèque un jour et d’en avoir retenu que  » A force de remettre à plus tard, la vie nous dépasse. »

C’est ce qui m’occupe l’esprit en ce moment et depuis déjà un certain temps. Je sais qu’on dit qu’il faut se féliciter du chemin parcouru, mais ce qui m’attire, moi, c’est ce que je vais faire demain. Je pense à demain souvent. J’ai du mal me lever si je n’ai pas une bonne raison, si à l’horizon de la route que je vais prendre rien de nouveau ne se profile. Je n’aime pas être sans projet, je n’aime pas l’immobilisme, les choses décidées une fois pour toutes, les certitudes.

Ce qui est étrange et merveilleux, c’est que j’ai changé. Je pensais être celle faite pour s’occuper de sa maison, se dévouer à sa famille et avoir un métier qui permette de s’offrir un peu de superflu en plus du nécessaire. Mais je ne suis pas seulement cette femme-là.

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J’adore ma maison mais elle n’est pas le refuge que j’avais en tête ou elle ne devrait pas l’être, car elle doit être un port où il fait bon faire escale et reprendre des forces pour d’autres itinéraires. Une maison est un tremplin.

J’adore ma famille (est-il besoin de le dire ?) mais accompagner mon mari et élever des enfants ne me suffit pas. Et cela ne consiste pas seulement à se réserver quelques heures pour moi. Ce à quoi j’aspire, c’est à continuer à me construire.

Ce qui me fait peur, c’est cela. C’est de vivre par procuration, à travers les autres, mon supérieur hiérarchique, mon mari, mes parents, mes enfants et oublier qui j’étais à l’origine.

La vie passe comme dans un rêve, un rêve avec ses drames certes, mais un fil continu que rien n’arrête et qu’il me semble tricoter à peine. Nous avons notre maison, des boulots qui nous mettent à l’abri du besoin, des départs en voyage, deux fils qui grandissent. La vie me dépasse ces derniers temps par paresse, par manque de confiance, par frilosité, c’est tellement dur de changer, d’aller vers qui on est.

La manière dont on choisit de se voir restreint qui on peut devenir. Sortir de notre bocal est enrichissant. Parce qu’on a plus d’aptitude qu’on ne le pense. Parce qu’on a en nous les moyens pour faire ce qu’on n’a jamais fait. Parce que parfois, on peut même se surprendre soi-même.

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13 réflexions sur “Ce qui me pousse

  1. Comme il est touchant ce billet.
    Je crois que nous passons tous plus ou moins par ce genre de phase un jour dans notre vie. Ces remises en questions sont salvatrices si elles ne durent pas trop. Elles nous recadrent dans nos désirs, nos besoins, nos envies, nos rêves…
    Et « Prendre de la hauteur permet de voir plus loin »…n’est-ce pas ?
    Belle route poarsemée d’INSTANTS…que tu sauras apprécier sans plus trop de poser de questions mais juste en savourant ta vie et rien d’autre.

  2. La photo que tu as chois pour illustrer ton pros est attirante. elle fait le lien entre le passé et l’avenir, en fait.

  3. La vie et rien d’autre… cela te pousse aussi à écrire ici.. pour retrouver peut être celle que tu es….

  4. Ce n’est pas facile de trouver ce fameux équilibre entre tout ce qui nous attire, ce qu’on a déjà créé, ce à quoi on aspire… Mais si on se pose sereinement, sérieusement, on y voit déjà plus clair.

  5. ton billet me touche beaucoup
    la dernière phrase que tu cites fait écho en moi merci

  6. Extraits de poèsie Saisir l’instant tel un bouquet
    Et de sa fraicheur s’imprégner.
    Et de ses couleurs se gaver.
    Ah ! Combien riche alors j’étais !
    Saisir l’instant.
    .
    Saisir l’instant à peine né.
    Et le bercer comme un enfant.
    À quel moment ai-je cessé ?
    Pourquoi ne puis-je… ?”
    Esther Granek

  7. bonjour, je vais bien être obligée de parler de moipour te parler de toi……..Pourquoi? Je n’étais pas malade,mais j’ai toujours vécu dans la course et le « faire » tout de suite par peur de ne jamais le faire, obligée de me projeter sans cesse vers l’avenir, même pour mles 4 enfants (ça a dû être tuantpour eux,mais l’avantage, ils sont actifs, dynamiques)Et puis, un, jour à 40 ans à peu près (est-ce « l’âge ») j’ai cessé. Presque d’un seul coup,j’ai « décidé » de vivre au présent. Et je me rends compte qu’on se réalise soi-même chaque jour; oui, on se détermine un peu par rapport aux autres,mais c’est aussi ainsi qu’on se construit, car nous somems dépendants du reste du monde. Je ne sais pas si je débloque le schmblick,mais maintenant,j’avance,mais bien plus zen, et moins enquiquinante pour le reste du monde…bonnejournée
    anne

  8. A demi à la maison, à demi ailleurs, c’est le seul moyen que j’aie trouver pour rester, moi, entière et ce n’est pourtant pas encore la solution idéale

  9. Changer pour l’incconu, avoir le courage d’affronter les changements ou, continuer dans le confort de sa vie, se conforter, se contenter de l’actuel … des questions qui reviennent souvent.

  10. Oh là là, je te suis, je te comprends, je ressens aussi, je me sens tellement dépassée…. Mais tu as raison, surprenons-nous, ou du moins essayons….

  11. Honnêtement, je ne sais pas si c’est plus dur d’être dans le changement…que de rester dans une vie qu’on sait ne pas nous convenir. Enfin si. Je préfère être où je suis aujourd’hui, dans une vie qui a radicalement changé (et ce n’est que le début) : aussi difficile que cela puisse être parfois, je ne vis plus ces moments de questionnements intenses où je me disais « à quoi ça sert », « c’est quoi le but de la vie », « une fois que j’aurai fait ça, qu’est-ce qui me motivera »…
    Dans le changement, le premier pas est compliqué à passer. Mais c’est un chemin que de toute façon, on ne peut pas entreprendre seul : se faire accompagner est indispensable.
    Alors si tu as envie de changement, pousse déjà une porte en ce sens…et tu verras ((-;
    Bonne soirée

  12. Ouhlaaa Alex, que nous prépares-tu là ? Allez hop, un manteau une écharpe, et au jardin pour te changer les idées Tu ne vas pas nous quitter quand même ?

  13. Tu as lu « Quitte Rome ou meurs »??? Moi aussi, ça m’avait marqué cette phrase… En ce qui me concerne, j’essaie de trouver l’équilibre entre « continuer à me construire » et « mourir un jour en sachant que j’ai aimé »… Tout un programme! C’est fatigant, et parfois, absurde mais j’aime cette vie où NOUS décidons.
    J’aime beaucoup ce billet! J’ai envie de dire: « Bienvenue dans la galère! »