La vie et rien d'autre

Tome 2


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Janvier : rien à déclarer

Depuis le solstice d’hiver, les jours rallongent pour mon plus grand plaisir, et mon moral gagne en degrés en même temps que les températures diurnes. Dans le jardin, ce soi-disant petit réchauffement n’est pas très visible, PRESQUE rien à déclarer si ce n’est que :

– les perce-neige sont en fleur, mais côté Atlantique point de blanc manteau à percer…

– une fleur de camélia s’est risquée à fleurir mais les boutons voisins ne lui ont pas encore emboîté le pas : suspens !

– le mimosa d’hiver s’éparpille en bouquets qui deviendront d’or en février…

– les quelques coings que mon mari n’a pas cueillis pour faire de la gelée (à se damner !) continuent à pourrir sur le branche et tomberont dans le jardin… des voisins…

– le Pierre de Ronsard et le jasmin font leurs pousses l’un en rose, l’autre en vert, pour nous embaumer quand viendra l’été…

– notre jeune Drap d’or bourgeonne, promesse de premières pommes à croquer peut-être cette année…

On peut cliquer une fois, puis encore une fois sur les fleurs, et hop… magie !
2011_01_30

Je n’aime pas l’hiver au jardin, les arbres sont tout dépenaillés et semblent implorer le printemps de leurs branches dénudées. On a du mal à imaginer qu’un jour tout redeviendra vert, tiède, accueillant

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Paris, mon coeur…

    J’ai vécu huit ans à Paris, en couple, dans un minuscule appartement d’un rez-de-chaussée sombre du XIIème arrondissement près de l’arrêt Picpus, puis quand notre fils est né, nous avons pu emménager dans un plus grand appartement du XVIème sur les bords de Seine près de la Maison de Radio France. J’ai aimé  vivre à Paris en couple ; avec un enfant les choses se compliquent et on devient beaucoup plus sensibles à l’environnement, au coût de la vie, au temps passé dans les transports…. Je vis encore aujourd’hui dans une grande ville, mais de Paris me manquent les musées, les brasseries, les enseignes luxueuses et les beaux hôtels particuliers, une certaine effervescence culturelle… Paris est une ville stimulante, le coeur de la France sans doute (mais certainement pas son poumon, beurk !), Paris est la capitale : de Pigalle au parc Monceau, de Montmartre au nouveau Bercy, de La Villette au canal Saint Martin, du Marais aux grands boulevards…, Paris a tracé dans mon coeur une vraie carte du Tendre.

Une ville devient agréable, selon moi, quand on ne s’y perd plus mais surtout quand les quartiers s’articulent dans notre tête naturellement, quand on n’a plus besoin de regarder un plan pour se déplacer là où l’on veut.

Et merci à l’Ogresse d’avoir pensé à moi….

60580707_pSi j’étais un monument de Paris, je serais la Tour Eiffel parce qu’il suffit de lever le nez pour l’apercevoir, parce qu’elle est un symbole à l’instar de la statue de la Liberté, parce qu’elle est née à l’occasion de l’Exposition Universelle de 1889 qui célébrait le premier centenaire de la Révolution française, et que sa construction véritable prouesse technique fût à la fin du 19ème siècle la célébration de l’ère industrielle et qu’elle connût tout de suite un immense succès.

Si j’étais une photo de Paris, je serais celle des chaises en fer du jardin du Luxembourg de Lucien Legras. Prendre le soleil contre vents et marées malgré l’inconfort et la promiscuité…

Si j’étais une chanson sur Paris, je serais Sous le ciel de Paris chanté par Juliette Gréco, parce que c’est juste le rythme de la Ville, celle qui se marche, qui s’enchaîne, qui nous épuise, qui nous envoute…

Si j’étais un livre dont l’histoire se déroule à Paris, je serais Les illusions perdues d’Honoré de Balzac. Où débuter sa vie d’adulte mieux et pire que dans ce creuset culturel, humain, économique, intellectuel, politique ?

Si j’étais un tableau dont le décor est Paris, je serais La place de l’Europe, temps de pluie, 1877 de Gustave Caillebotte, parce qu’il n’y que lui pour peindre aussi bien la texture d’un parquet ou la luisance de pavés humides…

Caillebotte1877_Place_de_l_Europe

Si j’étais une rue de Paris, je serais celle des Francs-Bourgeois parce qu’elle découpe le quartier du Marais concentré de la vie parisienne : les Archives nationales, le musée Carnavalet, la place des Vosges, le musée Picasso, le carreau du Temple, le Conservatoire national des arts et métiers, les somptueux hôtels particuliers et les rues… des Archives, de Montmorency, du Temple, des Rosiers, Brisemiche, des Filles-du-Calvaire, des Tournelles, Vieille-du-Temple…

Si j’étais un musée de Paris, je serais celui de Nissim de Camondo, mais cela vous le savait déjà.

Si j’étais un film tourné à Paris, je serais… Ratatouille ! C’est le Paris de légende, le Paris qui fait rêver, le Paris dessiné, le Paris qui se déguste scintillant et si élégant.

Pour mon travail, j’y retourne parfois et j’y ai fait aussi la touriste en famille… je la retrouve avec plaisir comme une amie fidèle, dont je connais le tempérament mais qui me surprend tout le temps.

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Le verbe et le galimatias

Quand nous discutons avec Agathe des énoncés de devoirs, je lui réponds galimatias.

Parfois, mon fils cadet s’emmêle les pinceaux de la syntaxe et c’est un joyeux charabia qui sort de sa bouche.

Je lis une scène de souper dans I captured the castle, et je m’amuse et m’enchante de lire :  » Cela m’a semblé brusquement inouï que des gens se retrouvent tout spécialement pour manger ensemble, parce que la nourriture entre dans leur bouche et les paroles en sortent. »

Puis je vais sur Facebook et je vois ma filleule en grand désarroi, je m’enquiers des raisons de son trouble et elle me répond : tkt auj mds à cause devoir capillotracté. bzx.

Dans mon dernier billet, comme je vous souhaitais une bonne année, assortie de plein de voeux au choix dont celui-ci : … ne pas oublier qu’on est ni ce qu’on ressent, ni ce qu’on dit, mais ce qu’on fait…, Isabelle me répond « … c’est vrai en général, mais on devrait être ce que l’on dit, pour moi la parole est indissociable de l’être… je pense que ce n’est pas un hasard si le verbe s’est fait chair !! C’est bien parce que cela devrait être en concordance… « . Et je me dis que si un blog, en plus d’être agréable, distrayant et chaleureux, est enrichissant, c’est bien parce que parfois, vous me forcez à réfléchir, et j’ai répondu à Isabelle:  » Pour moi la parole est un obstacle, soit je me censure, soit j’en dis trop, mais je ne sais pas me “ poser “ en paroles, j’ai peur, je crois de me trahir ou de blesser. L’écriture au contraire me permet de tourner trois fois ma langue dans ma bouche… Ce que je veux dire aussi, c’est que, par rapport à mes enfants qui m’observent, on ne peut pas dire des choses et ne pas les faire… Mais peut-être qu’on atteint la sagesse quand il y a adéquation naturelle et parfaite entre la parole et l’être…. J’y travaille !  »

C’est pourquoi, je suis bien plus à l’aise à vous écrire, et si un jour vous me téléphonez, vous n’aurez droit qu’ à une pâle copie de moi-même…

Ce qui est drôle, c’est que le galimatias qui est un  » discours, écrit confus, embrouillé, inintelligible  » a des origines tout à fait incertaines et confuses à l’instar du charabia, du baragouin, du jargon et du sabir.

Le charabia est aussi un style incompréhensible et incorrect ainsi que le baragouin, mais le jargon et le sabir sont des langages en eux-mêmes bien qu’hybrides et fait d’éléments disparates et d’emprunts. Environ 95 % des mots de la langue française sont d’origine latine, et le français a accueilli et accueille encore de nombreux mots étrangers.

Peut-être aurez-vous du plaisir à reLire Zazie dans le métro, à découvrir la signification du  message de ma filleule, à reDire Voyelles, à deviner ce qui se cache dans les fautes d’orthographe d’un enfant…

Mais même les paroles inabouties, farfelues, abstraites ont leur beauté puisqu’elles émanent du désir de rentrer en contact avec… une autre personne.

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