La vie et rien d'autre

Tome 3


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Plutôt que naître, venir au monde…

Voilà une drôle et jolie expression, et très significative, et qu’on n’a jamais fini, de toute manière, d’expérimenter. Dans cette expression, il n’y a pas que les bras de la mère qui accueille l’enfant nouveau né, mais il y l’univers, l’éternité, l’histoire, toutes les peuplades rassemblées…

A part, l’expérience de la mort, mystérieuse, incompréhensible, inaccessible, il y a l’arrivée de la vie, la naissance, la venue, la bienvenue si possible au monde…

J’ai été une maman-vite, chamboulée, bancale, bouleversée, émue, pour qui l’amour maternel fut livré avec le bébé.

Puis, je suis une maman parfois un brin névrosée, inquiète, qui se monte des films horribles parfois au plus noir de moi…. C’est comme ça, c’est la vie, on aime avec ses tripes d’abord et la raison n’y peut rien, ou pas grand-chose, ou un petit peu en inspirant (très) profondément. Et je suis aussi, surtout, une maman heureuse, profondément heureuse de l’être.

Même les pères qui se donnent l’air de détachement et de calme, n’ont qu’en surface une mâle assurance, croyez-moi. Ils perçoivent et reçoivent nos émotions bien plus qu’on ne l’imagine…

Naître est une chose, venir au monde en est une autre. Ils ont très bientôt douze et quinze ans, ils sont frangins, de plus en plus pour le meilleur. Je suis si fière de les avoir pour amis, et plus ils grandissent, plus ils sont eux-mêmes, plus il me semble que j’ai bien peu de part à leur venue. Je me demande même qu’elle place tiendra la part de l’éducation dans leurs finitions finales.

Je les ai expulsés dans ce monde-là, par désir de me prolonger, par instinct de donner la vie, par pur égoïsme parfois quand on observe l’autre côté de la fenêtre, par optimisme et foi aussi. Leur papa et moi, poursuivons à faire du mieux que nous pouvons et le résultat nous contente souvent, même s’il y a bien de temps en temps quelques ajustements à assumer…

Provence_Et__2010_312

Nous les regardons mûrir, nous les regardons nous regarder, nous nous regardons dans nos imperfections, nous les regardons nous regarder imparfaits. Nous voudrions bien les garder un peu encore dans l’oubli de l’enfance, mais il n’y a rien à faire, les pousses poussent et savent chercher de plus en plus ailleurs leur chlorophylle. Ils viennent au monde au gré des lectures, des amis, des leçons, du cocon.

Et il me semble que j’ai juste, avec fierté, donné naissance à de jolis projets.

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