La vie et rien d'autre

Tome 2


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Une bombe une blague

Hier, dans ma rue, alerte à la bombe ! Je sortais de mon travail avec mes chaussures de documentaliste, confortables et qui vous font le mollet galbé, mais 5 centimètres de talon deviennent vite un handicap quand il s’agit de rentrer chez soi à pieds !

Les policiers ont barré la rue aux véhicules et aux piétons : ce fut vite bouchons et grognons. Les voitures étaient invitées à opter pour des voies latérales tandis qu’une vieille dame, mais la jambe encore alerte, a essayé de passer outre et s’est faite courser par un agent pas content.

Les lycéens du lycée avoisinant, hésitants, se sont résignés à remonter la rue tout en cherchant à quel endroit ils pourraient bien récupérer un moyen de transport et bien trop réjouis d’avoir une occasion de se coller à l’oreille leur téléphone portable dernier modèle…

J’ai rejoint moi-même le haut de la rue pour retrouver mon mari-driver venu me secourir, et nous avons ramené deux jeunes filles de notre quartier. Cela tombait bien, Amélie devait me dire si elle avait aimé Chambre avec vue que je lui avais prêté, et je me désespérais que nous puissions nous revoir pour en parler avant nos vacances. Voilà, ce fut fait, avec le plaisir d’entendre qu’elle avait aimé.

Une fois, une manifestation impromptue nous avait obligés, mon fils cadet et moi à rentrer à pieds : à cheminer ainsi Dofus n’avait plus eu de secret pour moi, nous étions vannés, mais c’est fou ce qu’on a comme temps quand on n’a pas le choix !

La dernière fois, la neige s’était invitée en un épais manteau, si subitement que seuls mes garçons avaient eu le temps d’attraper le dernier bus. J’en avais été réduite à autostopper et quand vous osez, la chance vous sourit, puisque ma conductrice travaillait en face de mon bureau, sans que nous nous soyons jamais rencontrées ! Nous nous étions gentiment moquées du spectacle des gens en équilibre sur les trottoirs immaculés pendant que ma pilote s’appliquait à ne pas partir sur les côtés.

Mon oreille s’aiguise à écouter les gens quand tout est DéSORgaNIsé !

Il y a ceux qui résistent, même quand il y pourrait y aller de leur vie : surréaliste !
Ceux qui râlent et font le pied de grue ou arpentent les lieux, déboussolés.
Ceux qui cherchent une solution immédiate plutôt qu’une attente incertaine et partent illico à l’attaque de la grande ville.
Ceux qui n’ont aucune idée d’où, comment et quand ils habitent à force d’être transportés comme des paquets par des chauffeurs zélés.
Ceux qui parlent avec excitation, bien trop contents, sans se l’avouer, de partager un tel moment : 1 centimètre de neige devient une avalanche, la bombe va souffler le quartier et les manifestants sont des centaines de milliers et sont surtout très casse-pieds.

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Crédit : Médiadico.com

On a un peu trotté, bien bavardé et beaucoup rigolé. La bombe n’était qu’une blague de mauvais goût, heureusement. Mais finalement, ce fut un joyeux tout, une joyeuse réunion de réactions, comme en chimie quand on mélange les produits et que sort de l’éprouvette une fumée de magie…

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