La vie et rien d'autre

Tome 2


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Que je me morfondisse…

Se morfondre, c’est parfois perdre du temps à attendre quelque chose ou quelqu’un qui n’arrive pas, qui n’arrivera pas, mais on attend quand même. Et on finit par s’attrister, se lasser, végéter.

C’est aussi s’ennuyer, languir en y mettant beaucoup de soi sans que des éléments extérieurs nous y obligent… C’est une manière d’être parfois. Se dissoudre dans l’attente jusqu’à s’oublier, ne plus espérer, se diluer dans ses espérances.

Et si on en croit Shakespeare  » Ah toutes les jouissances sont vaines ; mais la plus vaine de toutes est celle qui, acquise avec peine, ne rapporte que peine ; c’est celle qui consiste à se morfondre péniblement sur un livre, pour chercher la lumière de la vérité, tandis que la vérité ne fait qu’aveugler le regard de son éclat perfide. «  dans le très beau mais néanmoins fort cynique Peines d’amour perdues.

On perd sa capacité à rebondir, à réagir, à avoir du gonflant, puisqu’au sens figuré quand la pâte d’un pain s’est morfondue, c’est qu’elle a perdu sa force de fermentation, celle lui permettant de devenir un bon pain.

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Pain fait par mon fils aîné qui n’aime guère se morfondre et contribue ainsi à ce que sa mère conserve son croustillant…

Et hélas, à force d’attendre, on peut même aller jusqu’à prendre froid, d’un froid mordant et… dépérir. Car se morfondre, c’est fondre jusqu’à la mort.

Mes outils :

Le petit Larousse 2000 (qui comme dirait mon fils Vincent est tout sauf petit),

Le Robert (en  deux volumes),

Dictionnaire de synonymes et contraires, le Robert (encore !),

Le Littré ou Dictionnaire de la langue française d’Emile Littré,

Dictionnaire culturel en langue française, le Robert (décidemment, on n’arrête plus Bob…).

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Toucher du doigt

Toucher du doigt ce qu’il y a derrière le miroir, à une occasion indépendante de leur volonté : fragilité, sensibilité, confiance illimitée.

Toucher du doigt ce qui affleure dans le jeu et dans les mots ou parfois dans la plus stricte intimité.

Toucher du doigt les failles et savoir qu’on est là pour en contenir les bords, comme un sparadrap une plaie.

En sourire, en rire, après, comme d’une curiosité, cet instant révélé, cette pudeur exprimée, cette confidence échappée.

Toucher du doigt le vrai, l’amour pur, le naturel dépouillé de carcasse, de carapace.

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Mon jeu de l’oie

Peut-être que la vie est un jeu de l’oie. Peut-être.

D’abord il faut démarrer. Avoir un chiffre magique tout de suite n’est pas donné à tout le monde : il y en a pour qui les débuts se font en flèche, ils entrent dans le jeu avec avidité pour tout goûter et tout gagner. Il y a ceux qui y entrent doucement… d’un pied et qui attendent de bien connaître les règles pour ne pas s’y cogner. Et il y a les autres pour qui le démarrage a lieu longtemps, longtemps après, mais ce ne sont pas les plus malheureux au jeu, car le temps d’observer, ils ont reconnu où ils voulaient aller.

Parfois on passe du temps en prison, à faire du sur place et à se demander comment continuer à avancer. La régularité et la sécurité sont des cages dorées dont on oublie qu’on peut scier les barreaux. Parfois, la liberté est tout près, à un tour de clé. On est parfois son propre geôlier.

Quelquefois, on tombe dans un puits qui semble sans fond, la force nous manque pour remonter par la corde suspendue et l’eau croupie ne peut nous désaltérer. Pourtant, même des grandes épreuves et des terribles malheurs on se relève. Mais l’eau, pendant longtemps ne paraît plus aussi fraîche et à un goût amer.

Ou alors, il suffit de faire la bonne rencontre, d’avoir le bon partenaire qui vous écoute et vous accompagne et qui, tendra et vous tiendra la main pour vous sortir de l’ornière.

Il arrive qu’on recule : bagages lourds de l’enfance, chagrins de la vie d’adultes. On traîne aux pieds des pesanteurs dont il est difficile de s’alléger. L’adulte est-il si souvent un enfant gonflé d’âge comme l’a écrit Simone de Beauvoir ? Ne sommes-nous que cela, un prolongement de ceux qui nous ont précédés ?

Parfois on recommence au tout début. Est-ce un sort qui s’acharne ou une seconde chance ? Est-il bien concevable de recommencer si on a les mêmes dés ?

Mais le recommencement n’est pas une renaissance, notre mémoire n’a pas été balayée d’un lancer de dés, il faut juste désapprendre puis réapprendre à lire les stations par lesquelles on passe et les réinterpréter…

Si on n’a pas cette capacité-là à se réinventer, à renouer avec l’engouement de l’avant, on repart, c’est sûr, avec les mêmes dés pipés…

Ou alors, ou alors, on a su apprendre de ses expériences qu’on pouvait aimer jouer et comme l’a dit Oprah Winfrey, «… je n’ai jamais eu d’échecs dans ma vie. Il n’y a pas eu d’échecs. Il y a eu des leçons épouvantables. ». Perdre n’est pas une fatalité.

On pourrait vouloir tricher pour attraper un raccourci ou pour éviter les paris risqués, mais à quoi bon ? Car si nous le voulons, même dans un colimaçon spiralé bien enroulé, les règles du jeu peuvent être nos alliées, il suffit d’un peu de légèreté et d’habileté…

Heureusement parfois point d’escales : les parties défilent à allures différenciées, les avancées sont d’allègres envolées, la joie nous fait passer des tours. Il a suffi d’oser, de balayer ses doutes et ses timidités, d’espérer, avec peut-être quelqu’un tout près qui vous pousse encore à avancer, et l’horizon s’élargit…on en oublierait même l’arrivée.

L’erreur serait alors de penser qu’une fois la boucle fermée, il ne faille pas continuer. Car le jeu est-il jamais tout à fait achevé ?  Avec un peu plus de patience, de compréhension ou de finesse, une partie meilleure est encore à jouer !

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