La vie et rien d'autre

Tome 2

Beethoven héroïque

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Ecoutez de la musique classique n’est pas une évidence pour moi : rares sont les oeuvres qui m’émeuvent même si elles m’emportent et m’enthousiasment parfois.

La musique  » sans paroles  » ne se livre pas facilement à moi (et à mon fils cadet, non plus : il suffit de le voir se tortiller sur son fauteuil, puis… s’endormir). En tout cas, beaucoup moins facilement, que pour les livres, pour la peinture, même abstraite, ou pour les chants et chansons, le lien entre mon oreille et mes émotions connaît peu le son…

Quand j’assiste à un concert, mon esprit est attentif, puis il s’évade, et mes pensées finissent par se diluer. Alors que j’aimerais que la musique enflamme mon imagination.

Cependant, la Symphonie Héroïque, elle, ne vous laisse pas en paix. Votre esprit ne peut s’y dissoudre car elle est une succession ininterrompue de petits chuchotis faits de pizzicatos, de crescendos, de déferlements, de decrescendos, d’envolées puis de frémissements… Votre âme n’a pas le temps d’être touchée par une émotion, qu’il lui faut déjà passer à une autre ! On se sent balloter par des vagues tel un navire dont le capitaine aurait perdu sa boussole; on manque être jeté à l’eau par une houle alors une brise suspend un temps cet oscillement incessant.

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Beethoven était sourd. On a du mal à le croire. Moi, qui ne distingue pas le Si d’un La, je me demande bien comment il a fait pour créer autant de notes pour autant d’instruments !

Car au concert, heureusement, il y a de quoi voir aussi : deux flûtes traversières au timbre doux et mélodieux (pour bercer Belliflora jusqu’aux lendemains), un hautbois au son grave qui donne des frissons comme une belle voix d’homme, une contrebasse VRAIMENT très grande, deux violonistes avec un bidon, deux archets qui perdent leur crin, des cuivres dissimulés à ma vue mais sonores avec ampleur, tous les musiciens en queue-de-pie et les musiciennes en noir et gris, tous en chaussures noires aussi parfois vernies, une soliste si seule qui joua en solo le premier concerto, un spectateur qui scande la mesure en hochant la tête tandis que le chef d’orchestre emballe et calme les instruments.

planorch

Crédits http://www.aflaurent.com/

L’assemblée avait un âge moyen… plus qu’honorable. Comme dit mon mari :  » ça sent la laque !  » et c’est dommage que peu de parents emmènent leurs enfants en concert. Par peur qu’ils s’y ennuient ? Parce que la musique classique est faite pour les intellos? Ou les personnes d’un âge certain ?

Sincèrement, un concert, c’est comme un livre. Il nous laisse la liberté de pignocher des notes par-ci, par-là, de rêvasser, de s’endormir, de rigoler, de chuchoter, de battre des extrêmités et de… ne pas aimer !

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