La vie et rien d'autre

Tome 2

Demain, je jette l’encre

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Demain, je vais sur MON île, celle qui m’a connu toute petite, qui m’a vu grandir et qui reçoit maintenant mes enfants.

Ce territoire est, après Tours et Nantes, les villes qui m’ont vu naître.

Demain, je serai à Noirmoutier, elle est bien attachée au continent, mais ne vous y trompez pas, quand j’y suis, je jette l’ancre, et vous aurez beau me faire signe, je serai ailleurs entre vents et marais, entre plages et dunes.

Entre deux marées, nous tenterons l’abordage par le Gois.

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J’humerai l’oeillet sauvage mauve sans le cueillir, il est trop rare, et je guetterai un petit carré supplémentaire.

J’achèterai les huîtres de l’étier et l’ostrécultrice nous racontera avec fierté son travail et ses difficultés.

J’irai faire le tour du village mille fois fait, mille fois reconnu et je découvrirai encore le bois de pins, la girouette qui perd la tête, la descente à bateaux.

Je marcherai sur la plage contre le vent, quand on ouvre la bouche pour mieux respirer et qu’on lutte pour avancer. Je mettrai mon ciré à sécher, à dégoutter.

A la plage des Dames, toutes les cabines de plage auront-elles été restaurées ?

Je parcourrai la balade du bois de la Chaize et les maisons qui me parlent, et dont je vous parlerai, se mettront en rang pour me saluer. Elle me raconteront à l’oreille leur histoire vraie et inventée.

J’irai sur l’estacade vérifier que les pêcheurs au filet n’ont pas perdu leur temps et mangeront des éperlans bien mérités.

Entre deux grains ou deux bains, je secouerai le sable de mes maillots.

Sur le marché, je ferai le plein de fleur de sel des marais, qui croyez-moi, sinon tant pis pour vous, est bien meilleure que celle de Guérande.

Dans le vieux Noirmoutier ou le vieux Vieil, dans les rues étroites pavées, j’épierai les petits jardins cachés.

Nous prendrons la route des Marais pour admirer, sans oublier de tourner le volant, aigrettes, avocettes et huîtriers.

Je me ruinerai pour les soles et les bonottes de Noirmoutier, enfin nées de la mer et de la terre.

Et quand il faudra rentrer, j’aurai les cheveux emmêlés, dans les oreilles la chanson des vagues et des mouettes et dans les poches du sable faufilé.

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