La vie et rien d'autre

Tome 3


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En fil d’indienne

Peut-être comme moi avez-vous entendu parler d’Indienne pour la première fois dans Mme Bovary de Flaubert, qui est rempli d’indiennes comme devait l’être un magasin de nouveautés de l’époque :

–  » […] un grand lit à baldaquin revêtu d’une indienne à personnages représentant des Turcs « .

–  » ; la boutique du marchand de nouveautés agite encore au vent ses deux banderoles d’indienne ; « 

–  » De l’eau sale coulait en s’éparpillant sur l’herbe, et il y avait tout autour plusieurs guenilles indistinctes, des bas de tricot, une camisole d’indienne rouge, et un grand drap de toile épaisse étalé en long sur la haie. »

Ce tissu était nommé ainsi car initialement fabriqué en Inde, et dans la même famille, les madras, damas et autres traditions textiles…

Leurs importations furent interdites à partir du XVIIe siècle pour protéger les manufactures françaises et particulièrement les soieries lyonnaises : ce qui donna suite à la fabrication en France des indiennes de Marseille et à des imitations venues d’Angleterre. L’engouement pour ce tissu toucha toutes les classes de la société. L’interdiction fut levée en 1759 : Nantes deviendra la capitale de l’indiennage avec plusieurs manufactures.

Le ton rouge y est prédominant à cause de la plante utilisée pour sa teinture : la garance.

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La toile de Jouy est issue de cette tradition, représentant des personnages avec des décors ou des paysages. Les dessins sont souvent d’une seule couleur, rouge ou aubergine sur un fond écru ou bistre mais on les trouve aussi en rose, bleu ciel ou bleu marine, vert clair ou foncé… Parfois, le procédé est inversé : les dessins écrus ou bistres s’exposent sur des fonds colorés. La première manufacture fut créée en 1759 à Jouy-en-Josas, emplacement choisi en raison de la présence de la Bièvre et de ses qualités chimiques propices au lavage des toiles. Cette manufacture devint rapidement l’une des plus importantes indienneries du XVIIIe siècle et a laissé son nom dans l’histoire de l’art décoratif.

Crédit Tissus Grégoirepastorale_202

Toile de Jouy et indienne proposent parfois des motifs qu’on peut trouver un peu chargés… mais je trouve certaines teintes vraiment admirables, et quelques petites touches dans une maison, c’est lier chaleur et élégance ! J’ai retrouvé ce très grand plaisir des couleurs en entrant dans la boutique Souleiado d’Arles : un éclatement de couleurs vibrantes de vie, un véritable scintillement !

Mes outils :

Le petit Larousse 2000 (qui comme dirait mon fils Vincent est tout sauf petit),

Le Robert (en  deux volumes),

Dictionnaire de synonymes et contraires, le Robert (encore !),

Le Littré ou Dictionnaire de la langue française d’Emile Littré,

Dictionnaire culturel en langue française, le Robert (décidemment, on n’arrête plus Bob…).

– Wikipédia

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