La vie et rien d'autre

Tome 3


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Ô belle marquise !

Pas de jolis pas de porte sans d’élégantes marquises.

Je ne vous parle pas ici de la femme du marquis, ni de celle-ci et celui-ci qui pourraient folâtrer sur cette bergère à deux places à siège large, profond et à dossier bas, ni même la bague à chaton oblong qu’il aurait pu lui passer au doigt, et encore moins de l’ombrelle à manche articulé dont on peut ainsi régler l’inclinaison.

Il s’agit encore moins de cette variété de poire fondante et sucrée qui se trouvait déjà dans les jardins de Louis XIV sous les bons soins de son jardinier La Quintinie, fruit qui accompagné de chocolat peut entrer dans la recette du gâteau éponyme… Ah la marquise au chocolat… dessert glacé entre la mousse et le parfait, servi avec une crème anglaise, of course !

Non, il s’agit ici des vitres qui abritent des quais d’embarquement, des voies :  » […] la gare, bâtie une des premières de la ligne, était insuffisante, indigne du Havre, avec sa remise en vieille charpente, sa marquise de bois et de zinc, au vitrage étroit, ses bâtiments nus et tristes, lézardés de toutes parts.  » (La bête humaine, Emile Zola).

paris_est_020 Marquise de la gare de l’Est

Mais c’est d’abord un terme militaire : le surtout qui se met par-dessus les tentes des officiers pour mieux les protéger de la pluie, et aussi la tente que l’on plaçait sur les navires à voile pour s’abriter des chaleurs tropicales. C’était même le toit avancé mais non vitré et soutenu par des piliers d’un théâtre près duquel on pouvait descendre de voiture à l’abri de la pluie.

En aucun cas, vous ne confondrez avec une véranda, un jardin d’hiver ou une verrière !

Celle que j’aime est, à partir de 1835, un auvent vitré au-dessus d’un perron ou d’une porte d’entrée, juste avant le vestibule ; anciennement elle se trouvait plus particulièrement au-dessus de la porte donnant sur le jardin. Et dans les maisons de maître, c’est encore là qu’on les trouve le plus souvent. Il en est d’admirables,  » juponnées  » comme la crinoline d’une marquise n’est-ce-pas, à une, deux ou trois pentes ou en demi-cercle, avec une armature de fine ferronnerie en volutes, et un beau verre taillé opaque, et de plus sobres mais qui offrent aux maisons bourgeoises ce-je-ne-sais-quoi, d’accueillant et d’élégant.

marquise

Mes outils :

Le petit Larousse 2000 (qui comme dirait mon fils Vincent est tout sauf petit),

Le Robert (en  deux volumes),

Dictionnaire de synonymes et contraires, le Robert (encore !),

Le Littré ou Dictionnaire de la langue française d’Emile Littré,

Dictionnaire culturel en langue française, le Robert (décidemment, on n’arrête plus Bob…).

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