La vie et rien d'autre

Tome 3

Les classiques sont très modernes… ou inversement ?

6 Commentaires

J’avais cinq heures cet après-midi pour composer sur le sujet ci-dessous dans le cadre du concours interne des conservateurs des bibliothèques.

Sujet fort prévisible, mais le texte de Balzac laisse pantois quand on pense qu’il l’a été écrit il y a 155 ans ! Ce texte ne manque ni d’ironie ni de modernité, et on peut avancer les postulats suivants :

     – que les hommes politiques,quelles que soient les périodes historiques, ont les mêmes idées (Ce qui n’est pas forcèment rassurant),

     – que les hommes politiques n’arrivent pas tojours à leur fin (Tout de même) ,

     – ou bien que les fonctionnaires ne sont pas réformables ! (Sans commentaire…)

9782070376698

Vous commenterez ce texte à l’aide d’exemples contemporains :

 » Mis à portée d’étudier l’administration française et d’en observer le mécanisme, Rabourdin opéra dans le milieu où le hasard avait fait mouvoir sa pensée, ce qui, par parenthèse, est le secret de beaucoup d’œuvres humaines, et il finit par inventer un nouveau système d’administration. Connaissant les gens auxquels il aurait affaire, il avait respecté la machine qui fonctionnait alors, qui fonctionne encore et qui fonctionnera longtemps, car tout le monde sera toujours effrayé à l’idée de la refaire; mais personne ne devait, selon Rabourdin, se refuser à la simplifier. Le problème à résoudre visait, à son sens, dans un meilleur emploi des mêmes forces. À sa plus simple expression, ce plan consistait à remanier les impôts de manière à les diminuer sans que l’État perdît ses revenus, et à obtenir, avec un budget égal au budget qui soulevait alors tant de folles discussions, des résultats deux fois plus considérables que les résultats actuels. « 

Les employés, Honoré de Balzac, 1845

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6 réflexions sur “Les classiques sont très modernes… ou inversement ?

  1. Merci pour votre message et pardon pour le retard de ma reponse.
    Je vais me replonger avec plaisir dans la Comtesse de Segur avec mes enfants! Merci pour l’info!
    Juste pour la petite anecdote, vous savez comment je suis devenue une fan de Balzac? Ma grand-mere etait une « balzacienne » avertie et, en dehors du fait qu’elle etait elle-meme un personnage de Balzac!, elle avait laisse sur l’etagere a cote de mon lit (dans notre maison de vacances d’Aix-en-Provence) toute la collection des oeuvres de Balzac. Or petite j’etais toujours dans les livres, naturellement j’ai donc commence Balzac a 10ans, juste en tendant la main vers l’etagere… Meme si je ne comprenais pas tout alors, je me suis rendue compte lors de mes etudes de lettres qu’en fait j’avais tout enregistre et que je connaissais le destin de chaque personnage de la comedie humaine! Merci a ma grand-mere! Je fais la meme chose avec mes enfants, je laisse Balzac a portee de main!
    Bonne journee!
    PS: desolee pour le manque d’accents, vivent les claviers grecs!

  2. Votre passion pour Balzac me fait penser à vous dire que quand j’ai écrit un post sur la Comtesse de Ségur récemment, je me suis souvenue qu’elle était appelée la Balzac des enfants. Si vous voulez retomber en enfance, vous voyez ce qu’il vous reste à faire !

  3. … toujours le plus moderne des auteurs! Je suis une fan, j’ai fait mon memoire de maitrise de lettres sur « Les petites miseres de la vie conjuguale » (d’ou le titre de mon blog!), ouvrage que je vous recommande. Vous serez bluffe par la modernite (teintee d’un peu de misogynie quand meme!)des reflexions conjuguales! Merci pour votre blog que je lis avec plaisir. Bonne journee.

  4. Sujet idéologique par excellence, surtout qu’il fallait l’illustrer d’exemples contemporains…
    On demande aux candidats en interne un serment d’allégeance à l’esprit de modernisation ! J’ai eu beaucoup de mal personnellement à parler de LOLF et de RGPP… Conservateur de bibliothèques ou thuriféraire du gouvernement ?
    Avec la future pause dans les réformes imposée par le résultat des régionales, peut-être aura-t-on le droit l’année prochaine à un VRAI SUJET ! Un sujet qui teste nos connaissances et notre capacité à problématiser…
    A quoi sert-il de faire un programme, de prévoir une bibliographie conséquente, pour donner un sujet pareil ?

  5. Oui, c’est toujours surprenant de constater qu’on a rien inventé !

  6. En parlant de classiques modernes et inversement, dans un tout autre registre, j’écoutais une émission sur France-Inter dans laquelle on retraçait l’histoire de la mode.
    Chose surprenante, le journaliste a lu une citation de Maupassant qui trouvait que la mode imposait aux femmes une maigreur extrême…