La vie et rien d'autre

Tome 2


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Derrière les mots

Derrière les mots, il y a notre propre vérité. Les mots ne trahissent jamais que votre propre pensée, ceux qui lisent doivent se les accaparer. Les mots ne sont que la réflexion que ce que votre propre vie leur renvoie.

Ne pas oublier que derrière les mots, il y a une voix. Parfois, cette voix devient la vôtre comme Francis Huster, seul avec la Peste ou Dominique Blanc dans la Douleur : ils n’interprétent pas, ils ont saisi la voix de l’auteur et l’ont ressentie.

Ne pas oublier que lire est rencontrer une personne qui peut devenir un ami.

Ne pas oublier que vous ne rencontrerez l’histoire qu’elle vous raconte que si elle fait écho avec vous.

Comment vous dire autrement à quel point lire est un acte intime, que tout est question d’émotion, sinon…

à quoi bon ?

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Aimez-vous les rogatons ?

Parfois, il est des mots qu’on entend, dont on ne connaît pas le sens exact, mais qui utilisés dans leur contexte, vous laissent deviner à peu près leur usage.

Les rogatons ont toujours eu pour moi une sonorité comique. Il ne faut pas les confondre avec les rogations, bien que les deux mots aient la même origine latine tirée de rogare (demander).

Le rogaton a un premier sens ironique qui désigne une requête, une supplication. Puis par extension, on a  appelé ainsi les ouvrages et les nouvelles du jour de peu d’importance ou encore des objets de rebut sans valeur.

C’est un mot que ma maman utilisait, avec gourmandise ; elle était lectrice, cruciverbiste et se régalait sans doute de quelques mots, qui sonnaient alors à ma jeune oreille de manière étrange. » Ce soir, au dîner, nous allons pouvoir finir les rogatons.  » Car ils étaient, dans la cuisine maternelle, les restes, les choses déjà servies, petites, mais néanmoins encore bonnes à manger. Ce mot a un sens délicieusement familial, convivial et réconfortant, comme un bon repas pris avec des gens qu’on aime !

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 » […] un morceau de pain et de jambon pour moi, un rogaton quelconque à mon piqueur […] « , Théophile Gautier, le Capitaine Fracasse.

Et c’est bien connu, parfois les restes sont meilleurs que le plat mangé la veille !

 

Mes outils :

Le petit Larousse 2000 (qui comme dirait mon fils Vincent est tout sauf petit),

Le Robert (en  deux volumes),

Dictionnaire de synonymes et contraires, le Robert (encore !),

Le Littré ou Dictionnaire de la langue française d’Emile Littré,

Dictionnaire culturel en langue française, le Robert (décidemment, on n’arrête plus Bob…).

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Des racines et des ailes

Avec un ami, nous parlions, un jour, de nos enfants et de l’étonnement que nous avions à les voir grandir, ce qui en langage parental clair évoque la difficulté que nous avons parfois à accepter qu’ils se détachent de nous. Après donc avoir parlé de leurs différentes tentatives d’indépendance : il décréta, très inspiré, que nous étions là pour leur donner des racines et des ailes.

J’adore cette phrase que j’ai toujours appliqué sans le savoir. J’aime mes enfants, souvent plus avec mes tripes qu’avec ma tête et avec toutes les névroses maternelles qui vont avec… mais Dieu merci, cela ne m’a jamais empêché de les inciter à aller voir ailleurs !

Pourtant les enfants peuvent être très casaniers parfois, et leur maison le centre de leur univers. J’aime leur apprendre que leur chez soi est là où l’on est, et que ce ne doit pas être sa maison qui définit là où l’on vit. J’aime l’idée qu’ils puissent se sentir à l’aise partout, et curieux de vivre ailleurs sans préjugés, ni frilosités. Parce que comme l’a si bien écrit Nicolas Bouvier  » Certains pensent qu’ils font un voyage, en fait, c’est le voyage qui vous fait ou vous défait. « 

C’est ainsi que nous avons voyagé ensemble, qu’ils sont partis seuls en voyages sportifs, linguistiques ou culturels. La victoire, c’est quand la demande émane d’eux-mêmes. A nous, ensuite de gérer le petit pincement au coeur et le vide qui s’en suit.

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Aujourd’hui, notre aîné voyage vers l’Angleterre où il va passer dix jours dans la famille de son correspondant. Pas facile quand on est jeune de partir vers l’inconnu, mais mon coeur se réjouit pour lui à l’idée de tout ce qu’il va vivre, et de la maison bien enracinée dans notre ville qu’il aura du plaisir à retrouver à son retour.