La vie et rien d'autre

Tome 3


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Les petits plats dans les grands

Les principes éducatifs ne sont pas toujours très faciles à tenir sur le long terme… L’expérience nous fait parfois voir les choses différemment de ce que l’on croyait, et c’est tant mieux parce que nous n’élevons pas des concepts, mais des êtres humains et ils ont leurs mots à dire dans ce que nous souhaitons leur imposer !

Il y a un principe que je suis contente d’avoir mis en place avec mes fils, c’est l’obligation de goûter à ce qu’il y a dans leur assiette. Je ne parle pas de les forcer à manger et à finir leur assiette, mais de les obliger à tester les nouveaux goûts. C’est ainsi que mon fils cadet aime maintenant les olives noires et mon fils aîné les huîtres, entre autres.

Ils sont devenus des fins gourmets et apprécient les plats cuisinés. Petits, mon mari et moi cuisinions moins par manque de temps, d’argent, de motivation, mais ces trois critères étant maintenant réunis, j’ai repris goût à cuisiner. Au début, surtout pour des amis et de la famille, mais maintenant même le soir pour nous quatre. Il arrive un moment où les sempiternelles pâtes au beurre n’ont plus de goût.

Au début, cuisiner me mettait dans des états de stress intense ! Mauvaise humeur, énervement : rater, déplaire, être jugée piètre cuisinière m’empêchaient de profiter pleinement du moment. En fait, je pense que je le vivais comme un défi, par rapport aux autres femmes de ma famille plutôt bonnes cuisinières. J’ai d’ailleurs commencé à cuisiner en ne faisant surtout pas leurs plats fétiches.

Aujourd’hui, c’est différent : je commence à m’accaparer les plats que j’ai pu aimer enfant. Sans doute, cela correspond-il aussi à une envie de me rapprocher de cette époque depuis la mort de Maman.

Maintenant, je prends beaucoup de plaisir à cuisiner. Parce que, d’une part, j’ai acquis plus d’expérience et d’autre part, je me suis exercée pour mon mari et mes enfants qui apprécient beaucoup mes expériences culinaires ! Non pas que je réussisse tout ou que tout nous plaise, mais c’est un réel plaisir assez intime en fait de cuisiner pour les gens qu’on aime.

D’ailleurs, flattés par plus de parfums, plus de variétés, plus de qualité, nous sommes plus aisément rassasiés et nous mangeons moins, même si nous restons très gourmands. Mon fils aîné fait maintenant de la pâtisserie seul; je lui tiens juste le livre de cuisine ouvert ! C’est un plaisir simple de lui expliquer la différence entre fouetter, mélanger, incorporer, battre….

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Aujourd’hui cuisiner me détend et me valorise : c’est une création, certes éphémère mais qui me comble réellement.

Récemment, j’ai vu le film Julie et Julia, ode très sympathique à la cuisine française traditionnelle où beaucoup de choses très fines y sont dites l’air de rien.

Et puis j’ai repensé au Festin de Babette, au Goût de la vie, Au petit Marguery, à Vatel, Une affaire de goût et d’autres que j’oublie sans doute et qui donnent envie de mettre les petits plats dans les grands !

 

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