La vie et rien d'autre

Tome 2


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Tout pour le linge

Buanderie & lingerie

Notre époque n’est plus à la lingerie. Nos maisons, à moins d’habiter une demeure, ne se prêtent plus à l’aménagement de ce genre de pièces, même si on a attribué au dressing un espace attenant à nos chambres.

La machine à laver a remplacé le baquet puis la lessiveuse ainsi que la lingère, qui occupait une place à part dans la hiérarchie de la domesticité : elle était souvent mieux rétribuée que les femmes de chambre. Elle devait être propre et soignée, méticuleuse et bien connaître son ouvrage, évidemment. A une époque où le prêt-à-porter n’existait pas et où un vêtement devait faire de l’usage.

La lingère et ses aides retroussaient leurs manches et touillaient  avec de grandes baguettes en bois le linge dans de grandes cuves, et comme souvent cela ne suffisait pas pour le linge très tâché, brosser était aussi nécessaire. Aujourd’hui, nous versons de la lessive et appuyons sur un bouton…

L’atmosphère y était chaude et humide au moment des lessives. Puis, la lingère emmenait les pièces à réparer dans la lingerie : elle était aussi bien capable de repriser un bas que de reprendre une dentelle.

Le machine à laver ne fait pas de buée; on la trouve dans la cuisine, dans la salle de bain ou dans le garage ou l’arrière-cuisine quand on vit un peu plus au large… C’est une pièce qui sent toujours bon la lessive, parfois l’assouplisseur et le linge propre. La seule trace de vapeur que l’on y trouve désormais est celle du fer à repasser quand l’évaporation de l’eau déminéralisée nous donne un coup de mains contre les plis !

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J’ai connu deux lingeries : celle d’une belle maison bourgeoise d’il y a 25 ans, et celle d’une autre maison plus récente. Dans tous les cas, c’est un univers clos, extrêmement féminin où le mystère du savoir-faire est entier et qui donne envie de fouiller dans les armoires où s’entasse le linge de maison et d’ouvrir les petites boites pleines de boutons et de rubans. 

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CHANDAIL

Le chandail est un joli mot qui a une étrange sonorité et qui tient chaud. Ma grand-mère l’a longtemps utilisé avant de le remplacer par un terme plus générique mais tout aussi confortable : lainage…  » Ma chérie, pense à prendre un lainage, la soirée risque d’être fraîche.  »

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On trouve aussi bien entendu :

– le débardeur : le ringard sans manches pour les éternels réchauffés des bras,

– le gilet ouvert devant, avec boutons, et surtout porté par les femmes, qui ne doit pas se confondre avec…

– le cardigan, identique mais plutôt à col rond, c’est-à-dire se boutonnant jusqu’au cou,

– la laine : souvent accolée avec l’adjectif petite :  » Je ferais mieux de mettre une petite laine »,

– le maillot : m’évoque l’enfant emmaillotté, le marcel, le très fin, mais même très fin ça reste du tricot…

-le tricot : qui est un peu comme le lainage mais à une consonnance plus industrieuse, ça sent le fait-main, les articles de bonneterie à l’ancienne…

et les anglicismes :

pull-over et son diminutif pull qui, notons-le, ne donnent en rien l’indication de la matière,

sweater jadis dédié au sportif pour son entraînement qui a été remplacé par le sweat-shirt, et qui comme le pull-over n’a rien à voir avec la laine, 

Mais le chandail sonne haut et fort, il finit en Aïe et a aussi une odeur puisqu’il viendrait de marchand d’aïl dont il serait une abréviation, et par extension serait le gros tricot porté par les vendeurs de légumes aux Halles. Non seulement il est épais, mais souvent entendu avec un col roulé, d’ailleurs il ne s’enfile que par la tête. C’est pour cela que je l’aime : il est à col roulé, en grosses mailles, confortable et chaud sans que l’on soit engoncé dedans. Il est le premier souvenir que j’ai de mon mari.

Mes outils :

Le petit Larousse 2000 (qui comme dirait mon fils Vincent est tout sauf petit),

Le Robert (en  deux volumes),

Dictionnaire de synonymes et contraires, le Robert (encore !),

Le Littré ou Dictionnaire de la langue française d’Emile Littré,

Dictionnaire culturel en langue française, le Robert (décidemment, on n’arrête plus Bob…).

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Engagement

J’admire beaucoup les engagés militants qui comme ma belle-soeur paient de leur personne pour faire avancer leurs idées et le monde. Je cotoie trop de personnes centrées sur leur vie, mais qui négligent ce qui se passe à côté. Je ne leur jette pas la pierre, on a tous une tendance à se laisser porter par la vie, et à se résigner à ce que rien ne change…

Dans un compte-rendu de mars 2009 de Géraldine Laura sur «L’engagement militant et l’engagement distancié», on lit qu’ «Aujourd’hui le «nous organisé» n’a plus de porte-parole en tant que tel. Les militants parlent en leur nom propre.»

Pendant huit ans, je me suis occupée d’une association de parents d’élèves dans l’école de mes enfants où deux tendances étaient représentées la FCPE (connotée gauche) et l’AIPEGL indépendante. Je m’étais rendue à la réunion de rentrée de cette dernière, où faute de combattants, j’ai été désignée d’office. Mais je ne me suis pas fait beaucoup prier, j’y allais pour m’impliquer, de toute manière.
J’avais choisi l’AIPEGL parce que l’idée d’appartenir à une fédération, donc à une mouvance politique me rebutait et me faisait un peu peur. Non pas que j’ai une conscience politique très élaborée, mais je me méfie des certitudes, des diktats. En matière d’enseignement (comme dans beaucoup d’autres domaines d’ailleurs…) se devrait être l’égalité et le bon sens qui prédominent.

J’ai donc avancé pas à pas dans ma connaissance de l’école et de ces mécanismes pour finalement observer ceci :
– notre légitimité était moins forte qu’une association affiliée qui avait des représentants placés dans des instances officielles;
– les parents se demandaient parfois ce que cachait le terme indépendant et ceci bien que notre manifeste stipulait que nous ne prônions aucune obédience politique, religieuse, philosophique; dans la réalité de nos petites batailles, nous étions plutôt à gauche mais sans engagement;la nature a horreur du vie n’est-ce pas ?

Les conséquences ont été les suivantes :
– nous collaborions avec la FCPE, on ne pouvait nous classer dans aucune boîte, mais nous étions «flous» si bien que la FCPE (lasse comme nous d’avoir si peu de parents engagés) nous a demandé si nous voulions fusionner avec elle, et nous avons dit non ;
– En Conseil d’école, la FCPE arrivait avec des questions bien tracées par leur Fédération; les nôtres étaient plus terre à terre, moins idéologiques en quelque sorte;
– Petit à petit, avec la lassitude (8 ans c’est long), la solitude (toujours les mêmes parents impliqués) et le manque de retours pour nos actions (par mépris, ou manque de marque officielle ou de temps des responsables interpellés ?), nous avons fini en une association un peu «veillée des chaumières».

Ce qui ne veut pas dire que nous n’avons pas rendu service aux élèves, à l’école, à la société. Mais ce qui veut dire aussi que l’engagement apolitique a peut-être ses limites. A l’époque, je me sentais assez proche des idées de Ségolène Royal. Je me disais, enfin quelqu’un qui ne parle pas comme ses camarades socialistes, qui a des préoccupations assez proches des citoyens, qui veut rendre la parole aux personnes.
Je ne m’y connais pas assez en politique pour analyser les raisons de son échec : des contours un peu flous, une absence de visibilité à long terme, une absence d’ancrage politique en même temps qu’une absence d’identité propre ??
Et puis la démocratie participatice, c’est bien beau, mais si on se met tous à parler en même temps mais que personne ne fait l’effort de synthèse, à quoi bon ? Je crois que finalement il faut que même les plus petites aspirations, que toutes les aspirations banales aient leur énoncé politique.